Theresa Révay

Theresa Révay

L'autre rive du Bosphore

Portrait 4'00

Bonjour Theresa Révay. Merci de nous recevoir. Votre actualité chez Belfond « L'autre rive du Bosphore ». C'est votre nouveau titre. Le premier c'était en 1988, « L'ombre d'une femme » à la Table ronde.
Lorsque vous regardez en arrière, votre parcours littéraire, comment l'analysez-vous ? Est-ce qu'il y a une évolution ?
Il y a une évolution puisque j'avais commencé à écrire des romans contemporains – j'en ai écrit deux – et j'étais pas à l'aise dans notre époque, il faut croire. Et en fait, j'ai arrêté d'écrire pendant dix ans, j'ai fait beaucoup de traduction
et j'ai été lecteur pour différentes maisons d'édition, jusqu'à trouver ce que j'appelle ma distance. A la fois les repères qui sont le 20e siècle et le roman à caractère historique qui m'intéresse.
J'ai trouvé cette distance depuis quelques années et maintenant je m'épanouis complètement dans ces romans qui brossent un peu l'époque du 20e siècle.
Il y a des auteurs qui vous ont influencé ? Des auteurs qui vous ont donné envie d'écrire et qui vous ont donné envie d'aborder le roman historique ?
Ce qui a été le plus marquant pour moi, vers l'âge de 15 ans, c'était « La lumière des Justes » d'Henri Troyat. C'était vraiment ce que je défini comme marqueur.
J'avais infiniment aimé ce livre, j'avais aimé sa manière de parler de l'histoire à travers des personnages et avec de l'émotion.
Faites vous une différence entre votre travail d'auteur et votre travail de traductrice ?
Il y a le côté du passeur chez le traducteur, donc c'est amener un auteur qu'on aime bien vers d'autres lecteurs. Il faut respecter son univers, trouver sa musique d'écriture. Donc ça se rejoint, mais ce sont deux domaines différents.
Ce qui fait votre force, c'est à la fois votre écriture romanesque, mais aussi la précision que vous mettez dans vos recherches, dans votre documentation.
On l'a vérifié dans « Dernier été à Mayfair », dans « La louve blanche » et aujourd'hui dans « L'autre rive du Bosphore ». Comment travaillez-vous pour conjuguer les deux ? Le plaisir de l'écriture et la recherche historique.
Il faut décanter et on renonce à beaucoup de choses. Je fais un an de documentation, en bibliothèque beaucoup, puis je me déplace, je fais des interviews et je ramasse une multitude de détails et d'anecdotes.
Et à partir de là, je dois décanter et ce sont mes personnages dont la vie doit apporter le détail historique pour pas que ça devienne ennuyeux ou pédant à la lecture. Il faut éviter. Je renonce à beaucoup de choses.
J'ai tellement de choses à dire dans tout ce que j'ai découvert, alors je choisi le détail qui me semble le plus juste.
Vous faites partie de ces auteurs dont le succès, en tout cas pour les premiers titres, a beaucoup fonctionné par le bouche à oreille et par le soutien des libraires.
Les libraires, c'est important pour vous, indispensable aujourd'hui ? Parce que vous les remerciez à la fin de l'ouvrage.
J'ai tenu à les remercier parce que ça fait dix ans qu'ils me défendent. Je dis toujours que l'auteur est le coeur du métier puisque nous apportons aux éditeurs l'histoire, mais les libraires sont les poumons. Sans eux on n'existe pas. Ils apportent le souffle, ils nous défendent.
Ce sont eux qui nous font découvrir. Si on a une grande couverture de média, très bien et encore, les gens aiment bien quand il y a un contact humain et le libraire est un contact humain.
J'ai des libraires qui me soutiennent depuis « Valentine », mon premier roman à caractère historique et je leur suis reconnaissante. Pour moi un auteur n'existe pas vraiment sans eux.
Si vous deviez définir votre style d'écriture, que diriez-vous ?
De l'émotion. De l'émotion avec une vérité historique. C'est surtout ça. Et ne pas avoir peur de ces émotions que la littérature française a un peu regardé de haut ces dernières années.
J'étais très contente de voir le succès du Goncourt cette année avec Pierre Lemaître qui lui-même se définit comme un écrivain populaire dans le bon sens du terme et c'est ça l'écriture.
L'écriture vous rend heureuse ?
Oui, c'est ma passion.
Votre actualité Theresa Révay, votre nouveau titre « L'autre rive du Bosphore », c'est aux éditions Belfond.

Philippe Chauveau :
Bonjour Theresa Révay. Merci de nous recevoir. Votre actualité chez Belfond « L'autre rive du Bosphore ». C'est votre nouveau titre. Le premier c'était en 1988, « L'ombre d'une femme » à la Table ronde. Lorsque vous regardez en arrière, votre parcours littéraire, comment l'analysez-vous ? Est-ce qu'il y a une évolution ?

Theresa Révay :
Il y a une évolution puisque j'avais commencé à écrire des romans contemporains – j'en ai écrit deux – et j'étais pas à l'aise dans notre époque, il faut croire. Et en fait, j'ai arrêté d'écrire pendant dix ans, j'ai fait beaucoup de traduction et j'ai été lecteur pour différentes maisons d'édition, jusqu'à trouver ce que j'appelle ma distance. A la fois les repères qui sont le 20e siècle et le roman à caractère historique qui m'intéresse. J'ai trouvé cette distance depuis quelques années et maintenant je m'épanouie complètement dans ces romans qui brossent un peu l'époque du 20e siècle.

Philippe Chauveau :
Il y a des auteurs qui vous ont influencé ? Des auteurs qui vous ont donné envie d'écrire et qui vous ont donné envie d'aborder le roman historique ?

Theresa Révay :
Ce qui a été le plus marquant pour moi, vers l'âge de 15 ans, c'était « La lumière des Justes » d'Henri Troyat. C'était vraiment ce que je défini comme marqueur. J'avais infiniment aimé ce livre, j'avais aimé sa manière de parler de l'histoire à travers des personnages et avec de l'émotion.

Philippe Chauveau :
Faites vous une différence entre votre travail d'auteur et votre travail de traductrice ?

Theresa Révay :
Il y a le côté du passeur chez le traducteur, donc c'est amener un auteur qu'on aime bien vers d'autres lecteurs. Il faut respecter son univers, sa musique d'écriture. Donc ça se rejoint, mais ce sont deux domaines différents.

Philippe Chauveau :
Ce qui fait votre force, c'est à la fois votre écriture romanesque, mais aussi la précision que vous mettez dans vos recherches, dans votre documentation. On l'a vérifié dans « Dernier été à Mayfair », dans « La louve blanche » et aujourd'hui dans « L'autre rive du Bosphore ». Comment travaillez-vous pour conjuguer les deux ? Le plaisir de l'écriture et la recherche historique.

Theresa Révay :
Il faut décanter et on renonce à beaucoup de choses. Je fais un an de documentation, en bibliothèque beaucoup, puis je me déplace, je fais des interviews et je ramasse une multitude de détails et d'anecdotes. Et à partir de là, je dois décanter et ce sont mes personnages dont la vie doit apporter le détail historique pour pas que ça devienne ennuyeux ou pédant à la lecture. Il faut éviter. Je renonce à beaucoup de choses. J'ai tellement de choses à dire dans tout ce que j'ai découvert, alors je choisi le détail qui me semble le plus juste.

Philippe Chauveau :
Vous faites partie de ces auteurs dont le succès, en tout cas pour les premiers titres, a beaucoup fonctionné par le bouche à oreille et par le soutien des libraires. Les libraires, c'est important pour vous, indispensable aujourd'hui ? Parce que vous les remerciez à la fin de l'ouvrage.

Theresa Révay :
J'ai tenu à les remercier parce que ça fait dix ans qu'ils me défendent. Je dis toujours que l'auteur est le coeur du métier puisque nous apportons aux éditeurs l'histoire, mais les libraires sont les poumons. Sans eux on n'existe pas. Ils apportent le souffle, ils nous défendent. Ce sont eux qui nous font découvrir. Si on a une grande couverture de média, très bien et encore, les gens aiment bien quand il y a un contact humain et le libraire est un contact humain. J'ai des libraires qui me soutiennent depuis « Valentine », mon premier roman à caractère historique et je leur suis reconnaissante. Pour moi un auteur n'existe pas vraiment sans eux.

Philippe Chauveau :
Si vous deviez définir votre style d'écriture, que diriez-vous ?

Theresa Révay :
De l'émotion. De l'émotion avec une vérité historique. C'est surtout ça. Et ne pas avoir peur de ces émotions que la littérature française a un peu regardé de haut ces dernières années. J'étais très contente de voir le succès du Goncourt cette année avec Pierre Lemaître qui lui-même se définit comme un écrivain populaire dans le bon sens du terme et c'est ça l'écriture.

Philippe Chauveau :
L'écriture vous rend heureuse ?

Theresa Révay :
Oui, c'est ma passion.

Philippe Chauveau :
Votre actualité Theresa Révay, votre nouveau titre « L'autre rive du Bosphore », c'est aux éditions Belfond.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • L'AVIS DU LIBRAIRE
  • Après des études littéraires à la Sorbonne et la traduction de plusieurs ouvrages allemands et anglo-saxons, Theresa Révay a choisi d'écrire à son tour. Après deux romans contemporains, « L'ombre d'une femme » en 1988 et « L'Ouragane » en 1990, c'est finalement vers le roman historique qu'elle se tourne et avec succès. S'inspirant notamment d'Henri Troyat, l'un de ses auteurs fétiches, Theresa Révay est devenue en quelques années une spécialiste de la grande fresque historique, ou quand la petite histoire des destins...La vie ne danse qu'un instant de Theresa Révay - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau :Bonjour Theresa Révay. Merci de nous recevoir. Votre actualité chez Belfond « L'autre rive du Bosphore ». C'est votre nouveau titre. Le premier c'était en 1988, « L'ombre d'une femme » à la Table ronde. Lorsque vous regardez en arrière, votre parcours littéraire, comment l'analysez-vous ? Est-ce qu'il y a une évolution ?Theresa Révay :Il y a une évolution puisque j'avais commencé à écrire des romans contemporains – j'en ai écrit deux – et j'étais pas à l'aise dans notre époque, il faut...La vie ne danse qu'un instant de Theresa Révay - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau :Dans ce nouveau titre Theresa Révay, « L'autre rive du Bosphore », vous nous entraînez dans une période et une contrée qui est assez peu explorée par les romanciers. Nous sommes dans la Turquie de l'immédiate après-guerre, à la fin du premier conflit mondial, lorsque les vainqueurs vont essayer de se partager le gâteau et que le nationalisme turc va surgir. Qu'est ce qui vous a donné envie de placer votre nouvelle intrigue à Istanbul en 1919 ?Theresa Révay :J'avais envie de parler de la chute de l'Empire...La vie ne danse qu'un instant de Theresa Révay - Le livre - Suite