Sophie Chauveau

Sophie Chauveau

Noces de charbon

Portrait 3'56

Bonjour Sophie Chauveau.
Bonjour Philippe Chauveau.
J'ai grand plaisir à vous accueillir. On commence à se connaître un peu puisque nous nous étions vu pour « Diderot », pour « Fragonard », mais je rappelle quand même que nous ne sommes pas de la même famille. Que les choses soient claires.
Oui, il est important de le rappeler.
Mais je le regrette. La famille, il en est fortement question dans votre dernier titre « Noces de charbon » que vous publiez chez Gallimard. Avant de revenir sur ce dernier titre, il y a l'écriture, avant il y a eu le théâtre.
Vous pensez qu'il y a un fil conducteur dans tout ça ou est-ce que votre vie s'est construite sur des hasards ?
Oui, le fil conducteur c'est la langue. Ça j'en suis sûre. J'ai une passion charnelle pour la langue française, pour les mots, pour l'agencement des mots et quand je faisais du théâtre,
c'était de les mettre dans ma bouche quand ils étaient très très beaux et l'écriture c'est très naturellement ces mots là et d'autres – maintenant de moi – que je peux mettre sur le papier. C'est exactement ça.
Pourquoi n'avez-vous pas continué le théâtre ou l'écriture théâtrale avec l'écriture littéraire?
L'écriture théâtrale j'ai continué, j'écris des pièces. En revanche, ce qui fait rire tout le monde mais ce qui reste vrai, je suis toujours assez désemparée quand les gens se moquent, si j'ai arrêté le théâtre, c'est par manque de narcissisme personnel.
J'ai un ego pas assez démesuré pour avoir besoin d'aller dans la lumière. Je préférais passer un bouquin et rester dans l'ombre.
Vous êtes montée sur les planches sans vraiment en avoir envie ?
J'étais douée. Ca s'est bien passé, on m'a déroulé un tapis de pétales de roses. J'ai avancé. J'ai passé les concours et je les réussissais. J'allais pas dire non.
Que vous apporte l'écriture que ne vous apportait peut-être pas le théâtre ?
Le silence. Quelque chose qui permet d'être au fond de soi beaucoup plus. Dans le théâtre on est quand même plus dans l'extériorisation, que je ne suis plus.
Sophie Chauveau, votre nom est associé à cette belle collection dont on a beaucoup parlé aux éditions Télémaque avec « Lippi », avec « Vinci », avec « Botticelli », il y a eu « Fragonard » et « Diderot ».
Qu'éprouvez-vous lorsque vous vous emparez d'un destin, d'un personnage célèbre et que votre plume de romancière retrace un parcours ?
C'est toujours un peu la même réponse à la question précédente. C'est un manque d’ego, un manque de narcissisme. Je suis tellement amoureuse de ces personnages, que me mettre au service de leur vie, de leur cause, de comment on devient Diderot, de pourquoi on agit comme ça.
Ça me fascine. Je m'écrase. Ils sont très très grands à côté de moi. Je suis toute petite. C'est un vrai bonheur de travailler sur ces gens là.
Quel regard portez-vous sur notre époque ?
Un désabusement, un cynisme, un chagrin, un désespoir sans fond qui me permet d'être extrêmement courtoise et souriante parce qu'on n'a plus le choix là. J'ai l'impression d'une course à l'abîme incroyable.
L'écriture vous protège.
Oui. Et notamment l'écriture sur les grands. D'abord parce que ce sont d'autres époques où on peut encore croire qu'on va changer le monde. Que ce soit la Renaissance qui est une réelle renaissance,
que ce soit le 18e où je viens de passer quatre-cinq ans de ma vie. Ce sont des moments qui sont porteurs en germe de révolution, de renaissance, de changement envers le meilleur.
Quel regard portez-vous sur le milieu littéraire actuel ?
A l'étranger ? Il se passe des choses.
On va parler de la France si vous le voulez bien.
J'en n'ai pas. Ça ne sert à rien. Je trouve que c'est un milieu d'individualistes cyniques, malheureux et qui ne se parlent pas. Ou alors ils font des chapelles et du copinage et ça ne m'intéresse pas.
Si vous deviez trouver un mot, un adjectif pour vous définir, vous diriez quoi ?
Obstinée !
Est-ce qu'une femme libre ça vous irait aussi ?
Ça il y a que les autres qui peuvent le dire. J'essaie, mais on ne l'est jamais autant qu'on le voudrait.
Moi je le dis, Sophie Chauveau une femme libre et obstinée. Merci. Votre actualité « Noces de charbon ». C'est chez Gallimard.

Philippe Chauveau :
Bonjour Sophie Chauveau.

Sophie Chauveau :
Bonjour Philippe Chauveau.

Philippe Chauveau :
J'ai grand plaisir à vous accueillir. On commence à se connaître un peu puisque nous nous étions vu pour « Diderot », pour « Fragonard », mais je rappelle quand même que nous ne sommes pas de la même famille. Que les choses soient claires.

Sophie Chauveau :
Oui, il est important de le rappeler.

Philippe Chauveau :
Mais je le regrette. La famille, il en est fortement question dans votre dernier titre « Noces de charbon » que vous publiez chez Gallimard. Avant de revenir sur ce dernier titre, il y a l'écriture, avant il y a eu le théâtre. Vous pensez qu'il y a un fil conducteur dans tout ça ou est-ce que votre vie s'est construite sur des hasards ?

Sophie Chauveau :
Oui, le fil conducteur c'est la langue. Ca j'en suis sûre. J'ai une passion charnelle pour la langue française, pour les mots, pour l'agencement des mots et quand je faisais du théâtre, c'était de les mettre dans ma bouche quand ils étaient très très beaux et l'écriture c'est très naturellement ces mots là et d'autres – maintenant de moi – que je peux mettre sur le papier. C'est exactement ça.

Philippe Chauveau :
Pourquoi n'avez-vous pas continué le théâtre ou l'écriture théâtrale avec l'écriture littéraire?

Sophie Chauveau :
L'écriture théâtrale j'ai continué, j'écris des pièces. En revanche, ce qui fait rire tout le monde mais ce qui reste vrai, je suis toujours assez désemparée quand les gens se moquent, si j'ai arrêté le théâtre, c'est par manque de narcissisme personnel. J'ai un égo pas assez démesuré pour avoir besoin d'aller dans la lumière. Je préférais passer un bouquin et rester dans l'ombre.

Philippe Chauveau :
Vous êtes montée sur les planches sans vraiment en avoir envie ?

Sophie Chauveau :
J'étais douée. Ca s'est bien passé, on m'a déroulé un tapis de pétales de roses. J'ai avancé. J'ai passé les concours et je les réussissais. J'allais pas dire non.

Philippe Chauveau :
Que vous apporte l'écriture que ne vous apportait peut-être pas le théâtre ?

Sophie Chauveau :
Le silence. Quelque chose qui permet d'être au fond de soi beaucoup plus. Dans le théâtre on est quand même plus dans l'extériorisation, que je ne suis plus.

Philippe Chauveau :
Sophie Chauveau, votre nom est associé à cette belle collection dont on a beaucoup parlé aux éditions Télémaque avec « Lippi », avec « Vinci », avec « Botticelli », il y a eu « Fragonard » et « Diderot ». Qu'éprouvez-vous lorsque vous vous emparez d'un destin, d'un personnage célèbre et que votre plume de romancière retrace un parcours ?

Sophie Chauveau :
C'est toujours un peu la même réponse à la question précédente. C'est un manque d'égo, un manque de narcissisme. Je suis tellement amoureuse de ces personnages, que me mettre au service de leur vie, de leur cause, de comment on devient Diderot, de pourquoi on agit comme ça. Ca me fascine. Je m'écrase. Ils sont très très grands à côté de moi. Je suis toute petite. C'est un vrai bonheur de travailler sur ces gens là.

Philippe Chauveau :
Quel regard portez-vous sur notre époque ?

Sophie Chauveau :
Un désabusement, un cynisme, un chagrin, un désespoir sans fond qui me permet d'être extrêmement courtoise et souriante parce qu'on n'a plus le choix là. J'ai l'impression d'une course à l'abîme incroyable.

Philippe Chauveau :
L'écriture vous protège.

Sophie Chauveau :
Oui. Et notamment l'écriture sur les grands. D'abord parce que ce sont d'autres époques où on peut encore croire qu'on va changer le monde. Que ce soit la Renaissance qui est une réelle renaissance, que ce soit le 18e où je viens de passer quatre-cinq ans de ma vie. Ce sont des moments qui sont porteurs en germe de révolution, de renaissance, de changement envers le meilleur.

Philippe Chauveau :
Quel regard portez-vous sur le milieu littéraire actuel ?

Sophie Chauveau :
A l'étranger ? Il se passe des choses.

Philippe Chauveau :
On va parler de la France si vous le voulez bien.

Sophie Chauveau :
J'en n'ai pas. Ca ne sert à rien. Je trouve que c'est un milieu d'individualistes cyniques, malheureux et qui ne se parlent pas. Ou alors ils font des chapelles et du copinage et ça ne m'intéresse pas.

Philippe Chauveau :
Si vous deviez trouver un mot, un adjectif pour vous définir, vous diriez quoi ?

Sophie Chauveau :
Obstinée !

Philippe Chauveau :
Est-ce qu'une femme libre ça vous irait aussi ?

Sophie Chauveau :
Ca il y a que les autres qui peuvent le dire. J'essaie, mais on ne l'est jamais autant qu'on le voudrait.

Philippe Chauveau :
Moi je le dis, Sophie Chauveau une femme libre et obstinée. Merci. Votre actualité « Noces de charbon ». C'est chez Gallimard.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • L'AVIS DU LIBRAIRE
  • Après avoir été comédienne, Sophie Chauveau a choisi l'écriture. Tout en écrivant pur le théâtre, elle s'est lancée dans le roman avec « Débandade » en 1982, « Mémoires d'Hélène » en 1988 ou « Les belles menteuses » en 92, des romans qui donnaient la part belle à des personnages féminins puissants. Entre 2004 et 2007, c'est avec des biographies romancées de grands génies de la peinture italienne que Sophie Chauveau se fait connaître du grand public. « La passion Lippi », « Le rêve Botticelli » et...Une sélection de livres à offrir... ou s'offrir de Sophie Chauveau - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau :Bonjour Sophie Chauveau.Sophie Chauveau :Bonjour Philippe Chauveau.Philippe Chauveau :J'ai grand plaisir à vous accueillir. On commence à se connaître un peu puisque nous nous étions vu pour « Diderot », pour « Fragonard », mais je rappelle quand même que nous ne sommes pas de la même famille. Que les choses soient claires.Sophie Chauveau :Oui, il est important de le rappeler.Philippe Chauveau :Mais je le regrette. La famille, il en est fortement question dans votre dernier titre « Noces de charbon »...Une sélection de livres à offrir... ou s'offrir de Sophie Chauveau - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau :Cette actualité Sophie Chauveau, c'est ce nouveau roman chez Gallimard avec cette belle couverture à laquelle vous avez collaboré « Noces de charbon ». On va planter le décors. Vous parlez dans cet ouvrage du Nord. Avec deux familles de milieux complètement opposées. Et puis nous allons remonter le fil de l'histoire. On va démarrer à la fin du 19e siècle et aller jusqu'à 68. C'est toute l'histoire de France qu'on va retrouver, avec ces deux mondes que tout oppose et qui vont se téléscoper.Sophie Chauveau...Une sélection de livres à offrir... ou s'offrir de Sophie Chauveau - Le livre - Suite
    Elle a une particularité qui rend vraiment le récit très vif, de l'ordre de la chronique, c'est qu'elle écrit au présent. Dans les théories narratives, on parle du présent historique. Donc c'est très vif, ça va très vite, on est tout le temps impliqué, on est avec les personnages en permanence. Ca donne une vivacité de ton, il y a peu de dialogues, peu de description. Vraiment l'ordre de la chronique. On avance avec les personnages.C'est un livre qui pourra contenter les amateurs de fresques, il y a du souffle romanesque, mais...Une sélection de livres à offrir... ou s'offrir de Sophie Chauveau - L'avis du libraire - Suite