Sophie Chauveau

Sophie Chauveau

Noces de charbon

Le livre 3'58

Cette actualité Sophie Chauveau, c'est ce nouveau roman chez Gallimard avec cette belle couverture à laquelle vous avez collaboré « Noces de charbon ». On va planter le décors. Vous parlez dans cet ouvrage du Nord. Avec deux familles de milieux complètement opposées.
Et puis nous allons remonter le fil de l'histoire. On va démarrer à la fin du 19e siècle et aller jusqu'à 68. C'est toute l'histoire de France qu'on va retrouver, avec ces deux mondes que tout oppose et qui vont se télescoper.
Ils vont se croiser, s'inverser. Je suis un pur produit de la lutte de classes. J'ai un arrière-grand-père directeur des mines d'Anzin et un arrière-grand-père qui meurt de la silicose, le cancer des mineurs. Ça c'était une formule.
Quand ce ne sont plus des arrières-grand-pères, mais des personnages de roman, parce que ça devient vraiment des personnages de roman dont je ne savais pas tant de choses, il a donc fallu en inventer. C'est l'histoire des mines, l'histoire de cet esclavage.
Ce sont des familles sur plusieurs générations donc c'est impressionnant de les voir comme ça se décliner. C'est l'histoire d'un patronat qui va évoluer à cause des lois sociales où de ce genre de choses.
Et c'est passionnant de voir se mettre en place en même temps. On voit passer Jaurès, ces gens là. Je ne savais pas que ces gens là allaient passer dans mon livre. Ils sont venus parce que l'histoire me les a apportés.
Avec ces personnages nous allons traverser les grandes heures des conflits mondiaux. Il y a la crise de 29, on se retrouve dans le Paris des années 20.
Et puis il y a des personnages que l'on suit avec une vraie délectation parce qu'ils ont une personnalité forte. J'aimerais que l'on évoque Micheline qui est un personnage central.
Il y a deux femmes dans les deux tronçons familiaux qui sont des personnages qui ont pris le pas sur les autres dans l'équilibre du roman. Ces femmes là ont émergé, alors féministe comme je suis;
vous imaginez comme ça m'a fait plaisir que ce soit celles-là qui ont émergé et du coup je les ai gâté. Littérairement je veux dire. Micheline est un personnage à la fois insupportable, antipathique et adorable.
Vous abordez aussi beaucoup de thématiques. Il y a la lutte des classes. Il y a une jolie phrase. « Les riches donnent et les pauvres partagent ». Ça résume bien la situation.
Il y a énormément d'écrits, par exemple de Victor Hugo, qui sont des espèces de flash de cette histoire. J'avais le choix des citations. J'en ai pris une en exergue, mais il y en a beaucoup car c'est ce moment là de l'histoire qui bascule.
Vous parlez aussi du charbon, avec ce diamant que représente le charbon à ces époques. On parle de l'antisémitisme, de cette France antisémite et puis il y a des personnages qui vont arriver au fil des pages.
Et puis un certain désabusement par rapport au temps qui passe et quand on arrive dans les années 50-60, une société qui change et des personnages qui ont du mal à le comprendre.
Ce qui m'intéressait beaucoup dans le fait qu'il y ait trois ou quatre générations des deux côtés, c'était la rupture d'atavisme. Ces gens là, ivres d'eux-mêmes ou pas sûr d'eux selon les personnages, ne vont pas transmettre,
ne vont pas chercher à transmettre qui ils sont, ce qu'ils aiment, ce qu'ils font. On leur donne du pognon, on pense que ça suffit ou on les laisse avec un grand laisser-aller se disperser dans la nature et il ne se passe rien.
A chaque génération on repart à zéro. Et je pense que c'est ça qui fabrique aujourd'hui les barbares.
Est-ce un raccourci si je dis que c'est un roman sur la famille ?
Oui, c'est un raccourci. Pour moi il n'y a pas que ça. C'est un regard très politique sur l'époque.
En disant ça je vous cherche un peu.
Vous m'avez trouvé puisque j'ai dit non.
Merci Sophie Chauveau. Votre actualité chez Gallimard, ce très beau livre, ce très beau roman, « Noces de charbon ».

Philippe Chauveau :
Cette actualité Sophie Chauveau, c'est ce nouveau roman chez Gallimard avec cette belle couverture à laquelle vous avez collaboré « Noces de charbon ». On va planter le décors. Vous parlez dans cet ouvrage du Nord. Avec deux familles de milieux complètement opposées. Et puis nous allons remonter le fil de l'histoire. On va démarrer à la fin du 19e siècle et aller jusqu'à 68. C'est toute l'histoire de France qu'on va retrouver, avec ces deux mondes que tout oppose et qui vont se téléscoper.

Sophie Chauveau :
Ils vont se croiser, s'inverser. Je suis un pur produit de la lutte de classes. J'ai un arrière-grand-père directeur des mines d'Anzin et un arrière-grand-père qui meurt de la silicose, le cancer des mineurs. Ca c'était une formule. Quand ce ne sont plus des arrières-grand-pères, mais des personnages de roman, parce que ça devient vraiment des personnages de roman dont je ne savais pas tant de choses, il a donc fallu en inventer. C'est l'histoire des mines, l'histoire de cet esclavage. Ce sont des familles sur plusieurs générations donc c'est impressionnant de les voir comme ça se décliner. C'est l'histoire d'un patronat qui va évoluer à cause des lois sociales où de ce genre de choses. Et c'est passionnant de voir se mettre en place en même temps. On voit passer Jaurès, ces gens là. Je ne savais pas que ces gens là allaient passer dans mon livre. Ils sont venus parce que l'histoire me les a apportés.

Philippe Chauveau :
Avec ces personnages nous allons traverser les grandes heures des conflits mondiaux. Il y a la crise de 29, on se retrouve dans le Paris des années 20. Et puis il y a des personnages que l'on suit avec une vraie délectation parce qu'ils ont une personnalité forte. J'aimerais que l'on évoque Micheline qui est un personnage central.

Sophie Chauveau :
Il y a deux femmes dans les deux tronçons familiaux qui sont des personnages qui ont pris le pas sur les autres dans l'équilibre du roman. Ces femmes là ont émergé, alors féministe comme je suis; vous imaginez comme ça m'a fait plaisir que ce soit celles-là qui ont émergé et du coup je les ai gâté. Littérairement je veux dire. Micheline est un personnage à la fois insupportable, antipathique et adorable.

Philippe Chauveau :
Vous abordez aussi beaucoup de thématiques. Il y a la lutte des classes. Il y a une jolie phrase. « Les riches donnent et les pauvres partagent ». Ca résume bien la situation.

Sophie Chauveau :
Il y a énormément d'écrits, par exemple de Victor Hugo, qui sont des espèces de flash de cette histoire. J'avais le choix des citations. J'en ai pris une en exergue, mais il y en a beaucoup car c'est ce moment là de l'histoire qui bascule.

Philippe Chauveau :
Vous parlez aussi du charbon, avec ce diamant que représente le charbon à ces époques. On parle de l'antisémitisme, de cette France antisémite et puis il y a des personnages qui vont arriver au fil des pages. Et puis un certain désabusement par rapport au temps qui passe et quand on arrive dans les années 50-60, une société qui change et des personnages qui ont du mal à le comprendre.

Sophie Chauveau :
Ce qui m'intéressait beaucoup dans le fait qu'il y ait trois ou quatre générations des deux côtés, c'était la rupture d'atavisme. Ces gens là, ivres d'eux-mêmes ou pas sûr d'eux selon les personnages, ne vont pas transmettre, ne vont pas chercher à transmettre qui ils sont, ce qu'ils aiment, ce qu'ils font. On leur donne du pognon, on pense que ça suffit ou on les laisse avec un grand laisser-aller se dispercer dans la nature et il ne se passe rien. A chaque génération on repart à zéro. Et je pense que c'est ça qui fabrique aujourd'hui les barbares.

Philippe Chauveau :
Est-ce un raccourci si je dis que c'est un roman sur la famille ?

Sophie Chauveau :
Oui, c'est un raccourci. Pour moi il n'y a pas que ça. C'est un regard très politique sur l'époque.

Philippe Chauveau :
En disant ça je vous cherche un peu.

Sophie Chauveau :
Vous m'avez trouvé puisque j'ai dit non.

Philippe Chauveau :
Merci Sophie Chauveau. Votre actualité chez Gallimard, ce très beau livre, ce très beau roman, « Noces de charbon ».

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • L'AVIS DU LIBRAIRE
  • Après avoir été comédienne, Sophie Chauveau a choisi l'écriture. Tout en écrivant pur le théâtre, elle s'est lancée dans le roman avec « Débandade » en 1982, « Mémoires d'Hélène » en 1988 ou « Les belles menteuses » en 92, des romans qui donnaient la part belle à des personnages féminins puissants. Entre 2004 et 2007, c'est avec des biographies romancées de grands génies de la peinture italienne que Sophie Chauveau se fait connaître du grand public. « La passion Lippi », « Le rêve Botticelli » et...Une sélection de livres à offrir... ou s'offrir de Sophie Chauveau - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau :Bonjour Sophie Chauveau.Sophie Chauveau :Bonjour Philippe Chauveau.Philippe Chauveau :J'ai grand plaisir à vous accueillir. On commence à se connaître un peu puisque nous nous étions vu pour « Diderot », pour « Fragonard », mais je rappelle quand même que nous ne sommes pas de la même famille. Que les choses soient claires.Sophie Chauveau :Oui, il est important de le rappeler.Philippe Chauveau :Mais je le regrette. La famille, il en est fortement question dans votre dernier titre « Noces de charbon »...Une sélection de livres à offrir... ou s'offrir de Sophie Chauveau - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau :Cette actualité Sophie Chauveau, c'est ce nouveau roman chez Gallimard avec cette belle couverture à laquelle vous avez collaboré « Noces de charbon ». On va planter le décors. Vous parlez dans cet ouvrage du Nord. Avec deux familles de milieux complètement opposées. Et puis nous allons remonter le fil de l'histoire. On va démarrer à la fin du 19e siècle et aller jusqu'à 68. C'est toute l'histoire de France qu'on va retrouver, avec ces deux mondes que tout oppose et qui vont se téléscoper.Sophie Chauveau...Une sélection de livres à offrir... ou s'offrir de Sophie Chauveau - Le livre - Suite
    Elle a une particularité qui rend vraiment le récit très vif, de l'ordre de la chronique, c'est qu'elle écrit au présent. Dans les théories narratives, on parle du présent historique. Donc c'est très vif, ça va très vite, on est tout le temps impliqué, on est avec les personnages en permanence. Ca donne une vivacité de ton, il y a peu de dialogues, peu de description. Vraiment l'ordre de la chronique. On avance avec les personnages.C'est un livre qui pourra contenter les amateurs de fresques, il y a du souffle romanesque, mais...Une sélection de livres à offrir... ou s'offrir de Sophie Chauveau - L'avis du libraire - Suite