Sophie Chauveau

Sophie Chauveau

Manet, le secret

Portrait 5'19

Bonjour Sophie Chauveau. J'ai plaisir à vous accueillir, je le précise puisque nous avons déjà eu l'occasion de nous rencontrer pour vos précédents livres, nous ne sommes pas cousins ou alors à des degrés très éloignés.
Mais en tout cas c'est toujours un plaisir de vous recevoir, parce que vos livres nous font voyager dans le temps. C'est le cas encore aujourd'hui avec votre actualité « Manet, le secret », aux éditions Télémaque.
Mais avant de parler de l'ouvrage, on va parler de vous, même si je sais que vous préférez l'ombre à la lumière. Vous l'avez prouvé lorsque vous avez arrêté votre carrière de comédienne. Vous aviez un beau succès sur scène,
les metteurs en scène aimaient travailler avec vous et puis, du jour au lendemain, vous avez arrêté, pourquoi ?
J'avais besoin d'être à l'initiative de ma vie et ne pas attendre qu'on me choisisse. Je voulais choisir et en écrivant c'est moi qui choisis mes sujets.
Mais vous aviez choisi de monter sur scène ?
Oui, mais je ne savais pas qu'il fallait dépendre du regard des autres pour exister, je m'en suis rendu compte en le faisant.
Le regard des autres vous fait peur ?
Je crois que j'étais très jeune et je n'avais pas envie d'être confrontée à ce jugement-là.
Qu'avez-vous trouvé dans l'écriture que vous ne trouviez pas sur scène ?
Une plus grande liberté ! Dans l'écriture on peut aller partout, que ce soit dans l'écriture de poèmes, de théâtre ou de romans. Alors que sur scène, on est cadré dans un personnage, c'est formidable parce qu'on sort de soi mais c'est un enfermement dans un autre.
Depuis vos premiers pas en écriture, il y a plusieurs romans qui se sont succédés, avec souvent des personnages féminins, puis on vous a connue avec des biographies de personnages masculins. Que ce soit Diderot, Fragonard, les peintres italiens et aujourd'hui Manet.
Pourquoi vous intéressez-vous tant à ces personnages masculins ? Pourquoi n'y a-t-il pas de femmes dans les biographies que vous faites ?
C'est une très bonne question, je me la pose aussi ! Je n'ai pas la réponse, j'aimerais beaucoup. En même temps j'ai l'impression d'aborder l'étranger avec les hommes, en générale dans la vie. La femme est plus proche de moi, je suis féministe, je me suis battue et je continue.
J'ai une proximité intellectuelle et presque sensitive avec les femmes que je n'ai pas du tout avec les hommes.
Comme je le disais, vous avez publié des romans puis des biographies, et vous êtes revenue récemment dans un roman où vous vous racontiez un peu, c'était « Noces de charbon ». Pourquoi aujourd'hui choisir la biographie plutôt que le roman pure ?
J'ai un plaisir énorme, vous l'avez dit, à être derrière ce que je fais, donc j'avance masqué sous ces personnages. Evidemment je trouve des passerelles, dès qu'on commence à écrire sur un artiste, vu qu'on l'est soi-même,
on trouve des points de reconnaissance, à commencer par la fraternité qui est la qualité qui me rapproche le plus de ces gens-là.
Ce que j'aime aussi dans vos biographies romancées, c'est qu'on découvre un personnage mais l'on découvre aussi le contexte et l'époque dans lesquelles ils vivaient. Et les époques sont différentes, avec Diderot ou Fragonard, c'était le siècle des lumières,
Il y a eu aussi les peintres italiens, aujourd'hui c'est la fin du XIX ème siècle, la fin du second Empire, la troisième République et vous aimez aussi dépeindre ces époques-là.
J'adore ça ! Parce que d'abord j'apprends tout, tout ce que j'ai caressé lointainement à l'école devient vivant. Je suis obligé de revivre par exemple la Commune, c'est incroyable la commune, le siège de Paris pendant la guerre de 70 mais c'est hallucinant.
Je ne savais pas tout ça dans le détail, puisque je suis obligée de passer par la description pour expliquer ce que ressent mon héros. Il faut que je m'en imprègne et là, je tombe des nues.
Je vais aller un petit peu plus loin, lorsque vous évoquez le Siècle des Lumières, l'Italie du Quattrocento, lorsque vous évoquez la troisième République ou le Second empire, c'est peut-être aussi une façon de ne pas parler de notre époque contemporaine ?
Ou le contraire, c'est de trouver les correspondances, parce qu'il y en a tout le temps, moi je les vois ! C'est à dire que je vis dans mon époque, j'écoute la radio le matin et on ne me donne pas les informations du Second empire
Et quand je vais à ma table de travail, je lis et je trouve plein de similitudes qui me saisissent et je me dis « comment ne voit-on pas que l'on reproduit la même chose ? ».
Avez-vous l'impression que, dans vos ouvrages, vous faites passer des messages militant, volontairement ?
Non, je ne crois pas. Je défends des femmes parce qu'elles sont formidables, ce n'est pas parce que je suis investis d'une mission.
Vous n'avez pas envie de brouiller les pistes, de mélanger les genres ?
Parce que je n'y arriverais pas ! L'écriture littéraire exige de moi une mise à distance que je n'ai pas quand je milite.
Que ressentez-vous lorsque vous êtes à votre table de travail et que vous écrivez ?
Un état que j'appellerais « état second » ou un hors de soi ! J'habite ailleurs quand j'écris et j'y suis beaucoup mieux.
Votre actualité Sophie Chauveau, « Manet, Le secret » aux éditions Télémaque.

Philippe Chauveau :
Bonjour Sophie Chauveau. J'ai plaisir à vous accueillir, je le précise puisque nous avons déjà eu l'occasion de nous rencontrer pour vos précédents livres, nous ne sommes pas cousins ou alors à des degrés très éloignés.
Mais en tout cas c'est toujours un plaisir de vous recevoir, parce que vos livres nous font voyager dans le temps. C'est le cas encore aujourd'hui avec votre actualité « Manet, le secret », aux éditions Télémaque.
Mais avant de parler de l'ouvrage, on va parler de vous, même si je sais que vous préférez l'ombre à la lumière. Vous l'avez prouvé lorsque vous avez arrêté votre carrière de comédienne. Vous aviez un beau succès sur scène,
les metteurs en scène aimaient travailler avec vous et puis, du jour au lendemain, vous avez arrêté, pourquoi ?

Sophie Chauveau :
J'avais besoin d'être à l'initiative de ma vie et ne pas attendre qu'on me choisisse. Je voulais choisir et en écrivant c'est moi qui choisis mes sujets.

Philippe Chauveau :
Mais vous aviez choisi de monter sur scène ?

Sophie Chauveau :
Oui, mais je ne savais pas qu'il fallait dépendre du regard des autres pour exister, je m'en suis rendu compte en le faisant.

Philippe Chauveau :
Le regard des autres vous fait peur ?

Sophie Chauveau :
Je crois que j'étais très jeune et je n'avais pas envie d'être confrontée à ce jugement-là.

Philippe Chauveau :
Qu'avez-vous trouvé dans l'écriture que vous ne trouviez pas sur scène ?

Sophie Chauveau :
Une plus grande liberté ! Dans l'écriture on peut aller partout, que ce soit dans l'écriture de poèmes, de théâtre ou de romans. Alors que sur scène, on est cadré dans un personnage, c'est formidable parce qu'on sort de soi mais c'est un enfermement dans un autre.

Philippe Chauveau :
Depuis vos premiers pas en écriture, il y a plusieurs romans qui se sont succédés, avec souvent des personnages féminins, puis on vous a connue avec des biographies de personnages masculins. Que ce soit Diderot, Fragonard, les peintres italiens et aujourd'hui Manet.
Pourquoi vous intéressez-vous tant à ces personnages masculins ? Pourquoi n'y a-t-il pas de femmes dans les biographies que vous faites ?

Sophie Chauveau :
C'est une très bonne question, je me la pose aussi ! Je n'ai pas la réponse, j'aimerais beaucoup. En même temps j'ai l'impression d'aborder l'étranger avec les hommes, en générale dans la vie. La femme est plus proche de moi, je suis féministe, je me suis battue et je continue.
J'ai une proximité intellectuelle et presque sensitive avec les femmes que je n'ai pas du tout avec les hommes.

Philippe Chauveau :
Comme je le disais, vous avez publié des romans puis des biographies, et vous êtes revenue récemment dans un roman où vous vous racontiez un peu, c'était « Noces de charbon ». Pourquoi aujourd'hui choisir la biographie plutôt que le roman pure ?

Sophie Chauveau :
J'ai un plaisir énorme, vous l'avez dit, à être derrière ce que je fais, donc j'avance masqué sous ces personnages. Évidemment je trouve des passerelles, dès qu'on commence à écrire sur un artiste, vu qu'on l'est soi-même,
on trouve des points de reconnaissance, à commencer par la fraternité qui est la qualité qui me rapproche le plus de ces gens-là.

Philippe Chauveau :
Ce que j'aime aussi dans vos biographies romancées, c'est qu'on découvre un personnage mais l'on découvre aussi le contexte et l'époque dans lesquelles ils vivaient. Et les époques sont différentes, avec Diderot ou Fragonard, c'était le siècle des lumières,
Il y a eu aussi les peintres italiens, aujourd'hui c'est la fin du XIX ème siècle, la fin du second Empire, la troisième République et vous aimez aussi dépeindre ces époques-là.

Sophie Chauveau :
J'adore ça ! Parce que d'abord j'apprends tout, tout ce que j'ai caressé lointainement à l'école devient vivant. Je suis obligé de revivre par exemple la Commune, c'est incroyable la commune, le siège de Paris pendant la guerre de 70 mais c'est hallucinant.
Je ne savais pas tout ça dans le détail, puisque je suis obligée de passer par la description pour expliquer ce que ressent mon héros. Il faut que je m'en imprègne et là, je tombe des nues.

Philippe Chauveau :
Je vais aller un petit peu plus loin, lorsque vous évoquez le Siècle des Lumières, l'Italie du Quattrocento, lorsque vous évoquez la troisième République ou le Second empire, c'est peut-être aussi une façon de ne pas parler de notre époque contemporaine ?

Sophie Chauveau :
Ou le contraire, c'est de trouver les correspondances, parce qu'il y en a tout le temps, moi je les vois ! C'est à dire que je vis dans mon époque, j'écoute la radio le matin et on ne me donne pas les informations du Second empire
Et quand je vais à ma table de travail, je lis et je trouve plein de similitudes qui me saisissent et je me dis « comment ne voit-on pas que l'on reproduit la même chose ? ».

Philippe Chauveau :
Avez-vous l'impression que, dans vos ouvrages, vous faites passer des messages militant, volontairement ?

Sophie Chauveau :
Non, je ne crois pas. Je défends des femmes parce qu'elles sont formidables, ce n'est pas parce que je suis investis d'une mission.

Philippe Chauveau :
Vous n'avez pas envie de brouiller les pistes, de mélanger les genres ?

Sophie Chauveau :
Parce que je n'y arriverais pas ! L'écriture littéraire exige de moi une mise à distance que je n'ai pas quand je milite.

Philippe Chauveau :
Que ressentez-vous lorsque vous êtes à votre table de travail et que vous écrivez ?

Sophie Chauveau :
Un état que j'appellerais « état second » ou un hors de soi ! J'habite ailleurs quand j'écris et j'y suis beaucoup mieux.

Philippe Chauveau :
Votre actualité Sophie Chauveau, « Manet, Le secret » aux éditions Télémaque.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • L'AVIS DU LIBRAIRE
  • DISCUSSION ENTRE 2 PASSIONNÉS
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