Tatiana de Rosnay

Tatiana de Rosnay

Manderley for ever

Portrait 5'10

Bonjour Tatiana de Rosnay, merci d'être avec nous. Vous le savez, généralement, dans notre émission, nous aimons bien parler d'abord du portrait de l'auteur puis du livre; mais ici, cela va se révéler compliqué.
Parce que dans votre actualité « Manderley for ever » où vous retracez brillamment la vie, l'oeuvre de Daphné du Maurier, il y a un tel parallèle avec votre parcours d'auteur que c'est difficile de dissocier les deux.
Si il n'y avait pas eu Daphné du Maurier, s'il n'y avait pas eu son roman « Rebecca », vous ne seriez peut-être jamais devenu auteur ?
C'est vrai, puisque j'ai découvert ce livre à l'âge de douze ans, on m'avait offert la version anglaise à Noël. Et je suis tombée sous le charme de ce livre, comme une espèce d'envoûtement. Ensuite, j'ai lu tout ce qu'elle avait écrit, et je me suis dit : « je veux faire ça ! Je veux écrire comme ça, avoir cette noirceur psychologique, et surtout ce suspense ». Mais ce n'est pas du polar, parce qu'elle n'écrit pas de romans policiers, ce sont des romans intimistes.
On vous offre ce roman à douze ans, ce qui est jeune pour lire Daphné du Maurier ?
Non puisque je lisais déjà « Lolita » de Nabokov ! J'allais chercher dans la bibliothèque de mes parents tout ce que je ne devais pas lire. Les livres de mon âge ne m'intéressaient pas beaucoup. Je cherchais les livres un peu inquiétants, angoissants ou carrément érotiques.
Quand vous étiez adolescente et plus tard jeune adulte, la lecture était-elle un refuge ?
Il y avait aussi l'écriture, parce que j'écrivais déjà. Je dirais que les deux étaient très liées, et mes lectures encourageaient et stimulaient ce que j'écrivais. J'ai aussi été très marquée par « Le journal d'Anne Frank », donc j'ai voulu moi aussi tenir un journal.
Vous avez envie, parfois, de brouiller les pistes, de casser l'image élégante de Tatiana de Rosnay tel que la presse vous présente souvent ?
Je pense que je l'ai pas mal froissée cette image avec « A l'encre russe » et « Le carnet rouge ». Je pense que les gens qui étaient persuadés que j'étais une Mater Dolorosa qui écrit des livres qui font pleurer, ont compris que non.
Je sais changer mon fusil d'épaule, et même si j'aborde des sujets noirs, il y a aussi une pointe d'humour. Je pense qu'un écrivain a besoin de se mettre en danger et de sortir de l'autoroute longue et banale pour aller à l'aventure.
Car si on ne fait pas cela, on finit par écrire toujours le même livre, et je ne le veux pas, et Daphné non plus ne le faisait pas.
Un autre parallèle avec Daphné du Maurier. Daphné du Maurier c'est « Rebecca », aujourd'hui Tatiana de Rosnay c'est « Elle s'appelait Sarah ». Est-ce difficile de passer à autre chose après un succès aussi important ?
Alors je sais que Daphné en a beaucoup souffert, puisque trente ans après, on venait encore lui parler de « Rebecca », elle n'en pouvait plus. Quant à moi, c'est encore un peu récent tout ça, le livre date de 2007.
C'est vrai qu'on me parle encore de Sarah, et je pense que toute ma vie je serai l'auteur de « Elle s'appelait Sarah ». Mais pour l'instant je le supporte encore assez bien même si j'espère qu'on continuera à lire mes autres livres.
Est-ce difficile en France notamment d'être une femme auteur ?
Pour moi, il n'y a pas de différence entre un livre qu'écrit une femme et un livre qu'écrit un homme, je me refuse à disséquer les deux genres. Je dirais simplement que par rapport à d'autres pays où les femmes n'ont pas le droit d'écrire, non ce n'est pas compliqué.
Vous écrivez des nouvelles, vous écrivez des romans, là il s'agit d'une biographie. Êtes-vous la même Tatiana de Rosnay quand vous travaillez sur ce genre de livre ? ?
C'est vrai que ce livre-là m'a demandé un travail que je n'avais jamais fait ; je n'ai rien inventé dans ce livre. Je suis resté complètement collée à sa vie. Je n'ai rien ajouté, rien modifié et ça, c'était nouveau, cela a été un travail assez dense.
J'ai trouvé ça tellement passionnant que ça m'a donné envie de recommencer et j'ai déjà une idée... mais je ne peux pas encore vous la révéler...
C'est pourtant ce que j'avais envie de vous poser comme question...
Tatiana de Rosnay, votre actualité, « Manderley for ever » une coédition avec Héloïse d'Ormesson à qui vous êtes fidèle et Albin Michel qui publie rappelons-le l'oeuvre de Daphné du Maurier.

Philippe Chauveau :
Bonjour Tatiana de Rosnay, merci d'être avec nous. Vous le savez, généralement, dans notre émission, nous aimons bien parler d'abord du portrait de l'auteur puis du livre; mais ici, cela va se révéler compliqué.
Parce que dans votre actualité « Manderley for ever » où vous retracez brillamment la vie, l'oeuvre de Daphné du Maurier, il y a un tel parallèle avec votre parcours d'auteur que c'est difficile de dissocier les deux.
Si il n'y avait pas eu Daphné du Maurier, s'il n'y avait pas eu son roman « Rebecca », vous ne seriez peut-être jamais devenu auteur ?

Tatiana de Rosnay :
C'est vrai, puisque j'ai découvert ce livre à l'âge de douze ans, on m'avait offert la version anglaise à Noël. Et je suis tombée sous le charme de ce livre, comme une espèce d'envoûtement. Ensuite, j'ai lu tout ce qu'elle avait écrit, et je me suis dit : « je veux faire ça ! Je veux écrire comme ça, avoir cette noirceur psychologique, et surtout ce suspense ». Mais ce n'est pas du polar, parce qu'elle n'écrit pas de romans policiers, ce sont des romans intimistes.

Philippe Chauveau :
On vous offre ce roman à douze ans, ce qui est jeune pour lire Daphné du Maurier ?

Tatiana de Rosnay :
Non puisque je lisais déjà « Lolita » de Nabokov ! J'allais chercher dans la bibliothèque de mes parents tout ce que je ne devais pas lire. Les livres soi-disant de mon âge ne m'intéressaient pas beaucoup. Je cherchais les livres un peu inquiétants, angoissants ou carrément érotiques.

Philippe Chauveau :
Quand vous étiez adolescente et plus tard jeune adulte, la lecture était-elle un refuge ?

Tatiana de Rosnay :
Il y avait aussi l'écriture, parce que j'écrivais déjà. Je dirais que les deux étaient très liées, et mes lectures encourageaient et stimulaient ce que j'écrivais. J'ai aussi été très marquée par « Le journal d'Anne Frank », donc j'ai voulu moi aussi tenir un journal.

Philippe Chauveau :
Vous avez envie, parfois, de brouiller les pistes, de casser l'image élégante de Tatiana de Rosnay tel que la presse vous présente souvent ?

Tatiana de Rosnay :
Je pense que je l'ai pas mal froissée cette image avec « A l'encre russe » et « Le carnet rouge ». Je pense que les gens qui étaient persuadés que j'étais une Mater Dolorosa qui écrit des livres qui font pleurer, ont compris que non.
Je sais changer mon fusil d'épaule, et même si j'aborde des sujets noirs, il y a aussi une pointe d'humour. Je pense qu'un écrivain a besoin de se mettre en danger et de sortir de l'autoroute longue et banale pour aller à l'aventure.
Car si on ne fait pas cela, on finit par écrire toujours le même livre, et je ne le veux pas, et Daphné non plus ne le faisait pas.

Philippe Chauveau :
Un autre parallèle avec Daphné du Maurier. Daphné du Maurier c'est « Rebecca », aujourd'hui Tatiana de Rosnay c'est « Elle s'appelait Sarah ». Est-ce difficile de passer à autre chose après un succès aussi important ?

Tatiana de Rosnay :
Alors je sais que Daphné en a beaucoup souffert, puisque trente ans après, on venait encore lui parler de « Rebecca », elle n'en pouvait plus. Quant à moi, c'est encore un peu récent tout ça, le livre date de 2007.
C'est vrai qu'on me parle encore de Sarah, et je pense que toute ma vie je serai l'auteur de « Elle s'appelait Sarah ». Mais pour l'instant je le supporte encore assez bien même si j'espère qu'on continuera à lire mes autres livres.

Philippe Chauveau :
Est-ce difficile en France notamment d'être une femme auteur ?

Tatiana de Rosnay :
Pour moi, il n'y a pas de différence entre un livre qu'écrit une femme et un livre qu'écrit un homme, je me refuse à disséquer les deux genres. Je dirais simplement que par rapport à d'autres pays où les femmes n'ont pas le droit d'écrire, non ce n'est pas compliqué.

Philippe Chauveau :
Vous écrivez des nouvelles, vous écrivez des romans, là il s'agit d'une biographie. Etes-vous la même Tatiana de Rosnay quand vous travaillez sur ce genre de livre ?

Tatiana de Rosnay :
C'est vrai que ce livre-là m'a demandé un travail que je n'avais jamais fait ; je n'ai rien inventé dans ce livre. Je suis resté complètement collée à sa vie. Je n'ai rien ajouté, rien modifié et ça, c'était nouveau, cela a été un travail assez dense.
J'ai trouvé ça tellement passionnant que ça m'a donné envie de recommencer et j'ai déjà une idée... mais je ne peux pas encore vous la révéler...

Philippe Chauveau :
C'est pourtant ce que j'avais envie de vous poser comme question...
Tatiana de Rosnay, votre actualité, « Manderley for ever » une coédition avec Héloïse d'Ormesson à qui vous êtes fidèle et Albin Michel qui publie rappelons-le l'oeuvre de Daphné du Maurier.

Manderley for ever Albin Michel / Héloïse d'Ormesson
  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • « J'ai rêvé la nuit dernière que je revenais à Manderley »… C'est l'une des phrases les plus célèbres de la littérature internationale, celle prononcée par la timide Mme de Winter et qui ouvre le roman de Daphné du Maurier, « Rebecca ». Daphné du Maurier, auteur britannique aux racines françaises, est au coeur du nouveau livre de Tatiana de Rosnay qui après les nouvelles ou le roman s'essaie donc, et avec bonheur, à la biographie.Mais ce livre était une évidence pour Tatiana de Rosnay puisque c'est la lecture du...Célestine du Bac de Tatiana Rosnay (de) - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau :Bonjour Tatiana de Rosnay, merci d'être avec nous. Vous le savez, généralement, dans notre émission, nous aimons bien parler d'abord du portrait de l'auteur puis du livre; mais ici, cela va se révéler compliqué.Parce que dans votre actualité « Manderley for ever » où vous retracez brillamment la vie, l'oeuvre de Daphné du Maurier, il y a un tel parallèle avec votre parcours d'auteur que c'est difficile de dissocier les deux.Si il n'y avait pas eu Daphné du Maurier, s'il n'y avait pas eu son roman...Célestine du Bac de Tatiana Rosnay (de) - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau :Tatiana de Rosnay, « Manderley for ever », le titre était une évidence. On rappelle qu'il s'agit d'une biographie de Daphné du Maurier à qui l'on doit ce fameux roman « Rebecca » et « Rebecca » c'est le manoir de Manderley, le titre s'est imposé tout de suite ?Tatiana de Rosnay :En fait, moi je voulais l'appeler « Manderley » avec cette photo de Daphné rebelle, et c'est mon éditeur qui m'a dit non, que c'était un peu sec. Ils m'ont proposé « Manderley for ever » et j'ai trouvé ça...Célestine du Bac de Tatiana Rosnay (de) - Le livre - Suite