Mireille Calmel

Mireille Calmel

La prisonnière du diable

Portrait 00'06'33"

Philippe Chauveau :
Bonjour Mireille Calmel. Votre actualité, « La prisonnière du diable » chez XO. C'est une belle histoire d'amitié et de fidélité avec Bernard Fixot puisque c'est dans cette maison que vous avez signé votre premier roman c'était « Le lit d’Aliénor » en 2001. Vous faisiez une entrée fracassante dans le monde littéraire puisque cela a été un succès phénoménal. Mais l'écriture était déjà bien présente dans votre vie notamment par le théâtre et la poésie l'écriture.
Comment fait-elle son apparition dans votre vie ?

Mireille Calmel :
De manière très violente puisque j'étais malade. J'étais dans un hôpital, j'avais 9 ans, et entre 9 et 15 ans j'ai fait des séjours assez réguliers et assez difficiles.

Philippe Chauveau :
Quand vous évoquez cette période, vous dites toujours que l'écriture vous a sauvée.

Mireille Calmel :
Absolument. Elle m'a sauvé la vie dans le sens où il fallait se raccrocher à quelque chose et j'avais un combat à mener. Les médecins pensaient que j'étais perdue donc condamnée. Je voyais d'autres enfants mourir autour de moi donc je me suis accrochée à l'idée d'écrire et ça a marché ! Cela n'a pas marché que cette fois-là puisque la mort m'a fait des clins d'œil cinq fois dans ma vie et j'ai réussi à la repousser jusqu'à maintenant. Le fait d'écrire n’est pas un médicament sinon ça se saurait, mais c’est un bon moteur !

Philippe Chauveau :
En tant que lectrice, il y a des auteurs ou des titres qui vous ont aidée ?


Mireille Calmel :
Bien sûr, il y a eu « Le petit prince » parce que ça a été longtemps un livre de chevet mais bien plus que ça puisque l'essentiel est invisible pour les yeux. Et à l'époque, je ressemblais à un petit monstre complètement défiguré, difforme, caillassé dans la rue. Les gens me disent que c'est difficile d'imaginer ça, mais pourtant, c’est vrai, j'ai vécu ça. Donc, dire l'essentiel est invisible pour les yeux, pour moi c'est important parce qu'à l'intérieur j'étais toujours la même et je suis restée la même. Après, il y a eu Alexandre Dumas et Victor Hugo, Anatole France puis Edmond Rostand. Des auteurs classiques, bien sûr, mais pas que parce que j'avais aussi lu Jeannine Brassard, Françoise Dorin, Jacqueline Monsigny qui a été la première à me donner le goût des sagas historiques.

Philippe Chauveau :
Justement, c'est dans la veine du roman historique que vous avez eu envie de mettre vos pas, dès le premier titre avec « Le lit d’Aliénor ». Après, vous avez eu envie, de temps en temps, de vous balader dans d'autres périodes avec « Lady Pirate » ou « Les Lionnes de Venise » mais la période médiévale reste quand même un lieu où vous aimez vous replonger régulièrement. Mais pourquoi le choix du roman historique ?

Mireille Calmel :
Cela s'est un peu imposé. Ce n'est pas un choix, ça n'a jamais été un choix. J'ai écrit beaucoup d'autres choses avant d'écrire « Le lit d’Aliénor ». J'ai écrit des chansons, des pièces de théâtre, d'autres romans dont certains qui ont été publiés en auto édition quand j'étais plus jeune. Mais non, je ne fais pas un choix. J'ai presqu’envie de dire je me trimballe avec des phénomènes qu'on appelle surnaturels depuis toujours. Le terme surnaturel me dérange parce que j'ai besoin véritablement d'avoir un cadre et je suis quelqu'un de très cartésien. Donc l'idée l'idée de ramener ça à une divinité ou à une religion ne me correspond pas. J'ai vraiment cherché des bases cartésiennes sauf que je n'en ai pas trouvées. Donc, je vis avec des phénomènes que je n'explique pas, qui seront probablement explicables dans 20 ou 30 ans vu l'avancée de notre technologie mais, qui pour l'instant restent encore un mystère. Quoiqu'il en soit, je travaille toujours de la même manière avec des rêves récurrents qui s'imposent et qui, petit à petit, me mènent sur les lieux, auprès des personnages, avec des dates. Et ensuite je vérifie mes recherches. et « Le lit d’Alienor » n'a pas fait la différence.

Philippe Chauveau :
Il est donc important de préciser qu'au-delà des intrigues que vous mettez sur le papier, il y a cette véracité historique à laquelle vous essayez de coller au plus près, d'où des recherches et des échanges avec des historiens, parce que vous souhaitez vraiment que vos personnages, fictifs ou authentiques, évoluent dans un décor qui soit le plus vrai possible.

Mireille Calmel :
Non seulement le décor mais les faits aussi !
Les historiens ont des dates, des lieux, des noms et puis des évènements mais on n'a pas la sensibilité, on n'a pas le ressenti de ces personnages. On ne sait pas pourquoi telle décision a été prise. Le rôle du romancier est justement de ramener le personnage dans sa vérité, dans sa totalité, en redonnant vie à ses personnages disparus mais néanmoins authentiques.

Philippe Chauveau :
Vous êtes-vous sentie investie d'une mission ? Car cela vous oblige à coller au plus près des faits ?


Mireille Calmel :
Cela m'oblige à coller parce que c'est une rigueur que je souhaite moi. N'étant pas historienne, il a toujours été primordial pour moi de respecter les historiens et le travail d'histoire dans la mesure où j'ai voulu aller dans ce sens-là. C'était impossible pour moi de faire des enfants à l'Histoire. Après, l'autre dimension, c’est ce canal, ce biais par lequel les choses arrivent. Ce flux que je n'explique pas et qui me permet d'aller plus loin que les faits avec les dates et les lieux. Ce peut être effectivement le biais de mon imagination, ce peut être le biais de ces images récurrentes qui se déroulent comme si j'avais un film devant moi, exactement de la même manière, mais rien n'est sous contrôle. Après, ma marque de fabrique, véritablement, dans tout ça, c'est le fait que j’aille au plus près de la légende parce que souvent ces histoires là vivent dans leurs légendes. Je vais au plus près de cette légende, de l'histoire de cette légende, et je la réintègre dans son jus

Philippe Chauveau :
Dans quel état d'esprit êtes-vous lorsque vous êtes en écriture ?

Mireille Calmel :
J'écris, donc je pleure, je ris, je suis en colère… J'ai exactement toutes les émotions de mes acteurs, oui, c'est un peu ça. Sauf q’un acteur interprète un rôle. Moi, j'interprète tous les rôles. Il y en a qui sont agréables, d’autres moins…

Philippe Chauveau :
Votre actualité, Mireille Calmel, « La prisonnière du diable ». Vous avez publié chez XO.

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  • Depuis 2002, et « Le lit d’Aliénor », Mireille Calmel est une habituée des succès de librairie. Au fil des ans, dans la veine du roman historique empreint de légende et de fantastique, elle comble ses lecteurs par la diversité de ses intrigues, l’amplitude de son écriture et l’univers qu’elle sait créer en s’appuyant au plus près de la réalité historique.Malmenée par la vie, Mireille Calmel avoue volontiers que l’écriture l’a sauvée. De même, elle n’hésite pas à reconnaître que ce n’est pas elle qui...La prisonnière du diable de Mireille Calmel - Présentation - Suite
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    Philippe Chauveau :Avec ce nouveau titre, Mireille Calmel, nous voici à la fin du 15ème siècle puisque nous sommes en 1494. Nous allons démarrer en Egypte avec cette roue qui tourne et va donner le nom d'une personne possédée qui vraisemblablement sera élimineée. C'est une légende mais qui semble plus ou moins authentique mais d’où vient-elle ? Mireille Calmel :On retrouve cette légende dans toutes les civilisations, à savoir une roue qui tourne depuis la nuit des temps, indépendante de toute religion et sur la tranche...La prisonnière du diable de Mireille Calmel - Livre - Suite