Mireille Calmel

Mireille Calmel

La prisonnière du diable

Livre 00'08'29"

Philippe Chauveau :
Avec ce nouveau titre, Mireille Calmel, nous voici à la fin du 15ème siècle puisque nous sommes en 1494. Nous allons démarrer en Egypte avec cette roue qui tourne et va donner le nom d'une personne possédée qui vraisemblablement sera élimineée. C'est une légende mais qui semble plus ou moins authentique mais d’où vient-elle ?

Mireille Calmel :
On retrouve cette légende dans toutes les civilisations, à savoir une roue qui tourne depuis la nuit des temps, indépendante de toute religion et sur la tranche de laquelle s'inscrit de temps en temps un nom, une date, un lieu. Le nom est celui d’une personne qui doit mourir, non pas pour ce qu'elle a fait mais parce qu'elle est devenue la prisonnière du diable. Sachant qu'évidemment le diable, à la nuit des temps, on ne connaissait pas, Dieu non plus ! La plus ancienne mention de cette roue date de l'époque sumérienne, référence ou bien au mal.
Quelques variantes aussi, par exemple, dans le nord de l'Inde, on parle de métiers à tisser qui délivrent le message à transmettre. Quoi qu'il en soit, toutes les légendes parlent de famille d'exécuteurs réparties de par le monde depuis la nuit des temps et le fait que cette roue est gardée par des femmes. Voilà donc, c’est le Bien le Mal.

Philippe Chauveau :
C'est donc le point de départ de votre roman. Vous situez cette roue en Egypte mais ensuite, vous allez nous transporter au cœur de la Provence, dans le petit village d’Utel où il y a un sanctuaire marial. Et c'est là qu’Ersande, qui gère le sanctuaire marial, va recevoir une visiteuse venue d'Egypte avec ce fameux nom diabolique qui donne le nom de la personne à exécuter.

Mireille Calmel :
Oui mais le souci, c'est que une fois qu'elle a ouvert l'enveloppe, elle se rend compte que ce nom là ne devrait pas s'y trouver…

Philippe Chauveau :
Qui est-elle Ersande ? C’est une femme de caractère !

Mireille Calmel :
Oui, une femme de caractère élevée dans la violence avec un père, charpentier de marine, qui battait sa mère. Son père a disparu très tôt mais je ne vous dis pas dans quelles circonstances, ce serait dommage… Ersande s'est forgée très vite une attitude, et une notion, du bien et du Mal notion dans laquelle évidemment la présence de cette roue va être très forte. Elle a consacré sa vie à l'attente de ce fameux le message, et c’est d'autant plus difficile pour elle de le voir arriver et de découvrir que la surprise n'est pas à la hauteur de son attente.

Philippe Chauveau :
C'est un beau personnage féminin mais il y en a d'autres. Il y a notamment Myriam qui a perdu son mari Pascal. 'était un couple fusionnel. Il était maçon, tailleur de pierre et il est mort, tombant d'un échafaudage trois mois plus tôt et la laissant enceinte de son troisième enfant. Le souci de Myriam, c'est qu'elle vit dans une maison qui appartient au baron Raphaël qui veut récupérer cette maison. Il y a un marchandage… On ne peut pas faire en dire trop !

Mireille Calmel :
La mort de son époux la met en situation de précarité totale. C'est en cela que c'est un personnage réel je précise un personnage réel comme Ersande. Elle a des préoccupations très modernes. Elle veut garder sa maison, elle veut élever ses enfants et le seul moyen qu'elle a, c'est de travailler dans une auberge malgré son terme pour essayer de payer ses dettes et garder ce qu'elle a.
Donc on est vraiment dans des préoccupations très modernes alors qu'on est à la fin du 15ème siècle.

Philippe Chauveau :
Dans votre roman, il y a le poids de la religion avec Dieu et le diable. Il y a aussi cette reconstitution de la vie médiévale dans ce village, que ce soit l'auberge, que ce soit dans le monde des tailleurs de pierre. Il y a aussi ce baron qui vit avec ses enfants dans ce château isolé et qui est devenu complètement acariâtre depuis la disparition de sa femme de son épouse. Vous aimez reconstituer ces ambiances.

Mireille Calmel :
On est dans une ambiance très particulière parce qu'on est presque dans un huis-clos. Un village, c'est à huis clos. Tout le monde se connaît, tout le monde partage des secrets et a évidemment des choses à cacher. Utel ne fait pas exception à la règle. C'est un village où il s'est vraiment passé des choses très graves, très particulières et tout le monde a quelque chose à cacher. En clair, tout le monde pourrait être soit la cible, soit l'exécuteur. C’est ça qui est intéressant !

Philippe Chauveau :
Si je dis que c'est je dis que c'est un thriller, vous êtes d'accord ?

Mireille Calmel :
Complètement ! Un thriller médiéval ! On est dans une enquête. D'abord parce qu'il y a un fait marquant au début du livre, qui se passe en Egypte il y a un fait marquant qui se passe en arrivant à Utel, au moment où je démarre ce livre. Il y a plein d'évènements historiques dramatiques qui vont toucher ce village d’Utek et qui sont à l'origine de beaucoup de choses. Evidemment, je ne peux pas tout vous dire mais effectivement, l'atmosphère est extrêmement serrée, dense et un peu oppressante.

Philippe Chauveau :
Puisque nous sommes au cœur du Moyen-âge, il y a aussi les légendes. Il y a la part de fantastique qui vient s'agréger sur le thriller et sur les personnages que vous mettez en scène. Jusqu'où la romancière historique que vous êtes peut elle mettre du fantastique dans son histoire ?

Mireille Calmel :
Je peux mettre du fantastique tant que le fantastique est logique, c'est à dire qu'il appartient à la légende ou qu'il appartient aux croyances de cette époque. Après, reste à savoir jusqu'où on peut aller ou pas. Je crois que c'est l'intuition. Et puis, comme je vous l'ai dit, j'ai une espèce de petit canal qui me dit jusqu’où je peux aller.

Philippe Chauveau :
Justement ce flux, ce canal, que vous évoquez et qui est à l'origine de vos différents romans, quel a t il été pour « La prisonnière du diable » ? Quel est le personnage qui vous a parlé ?

Mireille Calmel :
C'est Myriam qui est venue me parler. Mais la première image que j'ai eue, c'est celle de la roue. Ca m'a interpellé parce que j’avais le sentiment de quelque chose de connu. Je l'ai placée en Egypte mais elle n'y peut-être. Il fallait la placer quelque part, je pense que si c'était si facile de la situer, on aurait déjà on l'aurait déjà découverte. Cela étant, sa légende existe, elle est puissante et elle m'a donc amenée là. La première image, celle de la roue, deuxième image, celle du village d’Utel et troisième image, la date, 1494 et même plus précisément, celle du 21 juin 384.

Philippe Chauveau :
Puisque vous nous avez expliqué que Myriam s'était imposée à vous en quelque sorte et que ce fut le cas d'ailleurs pour tous vos précédents romans, c'est à dire que vous redonnez vie à des personnages authentiques de l'Histoire, une fois que le point final est , avez-vous le sentiment d'une mission accomplie ?

Mireille Calmel :
Je n'ai jamais eu le sentiment d'avoir à accomplir une mission même si quelque part, c'est assez impérieux tout de même. Mais peut-être que c'est une question de modestie, naturelle et profonde, je ne sais pas...Je ne me sens pas en devoir de mission vis à vis de qui que ce soit ou quoi que ce soit. J'ai juste l'impression que je suis juste là, que je suis toujours en vie parce qu'effectivement il faut que je raconte ces histoires là. Pourquoi ? Comment ? Je n'en sais rien !

Philippe Chauveau :
Justement, une fois que le point final d'un roman est mis, et notamment celui-ci avec Ersande et Myriam, les personnages reviennent t-ils vers vous ?

Mireille Calmel :
Ils reviennent quand le livre est terminé. C'est à dire que vous les avez entre les mains. C’est là qu’ils me disent au revoir. Mais d'autres sont déjà là.

Philippe Chauveau :
Que s'est-il passé en juin 1494 à Utel. Quel est le nom que la roue a gravé et que cette messagère venue d'Egypte a laissé à Ersande qui garde le sanctuaire marial d’Utel ? Vous le saurez mais vous n'êtes pas au bout de vos surprises ! C'est le nouveau titre de Mireille Calmel, « La prisonnière du diable »publié chez XO. Merci Mireille Calmel.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LIVRE
  • Depuis 2002, et « Le lit d’Aliénor », Mireille Calmel est une habituée des succès de librairie. Au fil des ans, dans la veine du roman historique empreint de légende et de fantastique, elle comble ses lecteurs par la diversité de ses intrigues, l’amplitude de son écriture et l’univers qu’elle sait créer en s’appuyant au plus près de la réalité historique.Malmenée par la vie, Mireille Calmel avoue volontiers que l’écriture l’a sauvée. De même, elle n’hésite pas à reconnaître que ce n’est pas elle qui...La prisonnière du diable de Mireille Calmel - Présentation - Suite
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