Fabrice Humbert

Fabrice Humbert

L'origine de la violence

Le livre 4'39
Philippe Chauveau

Fabrice Humbert, votre troisième roman aux éditions du Passage, L'Origine de la violence, c'est l'histoire de ce jeune professeur, qui en voyage scolaire avec ses élèves au camp de Buchenwald, tombe sur une photo d'un déporté qui ressemble étrangement à son père. Comment est née cette histoire?



Fabrice Humbert

L'histoire est née d'un voyage que j'avais fait avec mes élèves au camp de Buchenwald. On était entré dans le camp, et puis ensuite on est allé au musée de Buchenwald. Et là, on voyait des photos des dignitaires du camp et puis de certains déportés. L'une de ces photos était celle de Wagner, Karl Wagner, le médecin du camp et puis on voyait qu'ensuite il s'était suicidé en 1958. Le fait que le bourreau ait le même nom que mon grand-père, qu'un victime déportée, ça m'a frappé, et c'est comme ça qu'est né le livre.

Le premier titre que j'avais pour L'Origine de la violence c'était La Chute de la nation européenne. Et je me suis rendu compte que le vrai projet finalement c'était de revenir à la question de cette violence intime, la violence intime d'un être, le narrateur qui a des origines dans ce meurtre collectif, justement.



Philippe Chauveau

Jusqu'où êtes-vous présent dans le livre?



Fabrice Humbert
Justement il y a pas de décision. Pour moi évidemment, je sais à peu près ce qui est de l'ordre du réel et puis ce qui est de l'ordre de la fiction, mais c'est tellement mêlé que même moi parfois je ne me souviens plus très bien et dans certaines interviews j'utilise les noms réels au lieu des noms du roman. Et pour le lecteur c'est évidemment bien pire, pour lui c'est indécidable.

Philippe Chauveau
La vie de ce livre, aujourd'hui, c'est aussi une diffusion internationale ?

Fabrice Humbert
C'est surtout un agent étranger qui effectivement est très connu dans le monde entier, qui est monsieur Nurnberg, celui-là même qui a accompagné Les Bienveillantes et qui est effectivement à même de répandre le livre dans le monde entier.

Philippe Chauveau
L'action principale du livre se passe bien sûr pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais en même temps le narrateur est un homme d'aujourd'hui, de l'année 2009. C'est important pour vous de ressituer l'action dans notre époque pour montrer que finalement tout est toujours possible, que cette violence elle est contemporaine ?

Fabrice Humbert
C'est le coeur du projet. C'est vraiment que ce ne soit pas un livre sur la Seconde Guerre Mondiale mais un livre sur l'expérience de la Seconde Guerre Mondiale et sa mémoire. Moi je suis de la troisième génération après ces événements, beaucoup de choses se sont déroulées depuis, et c'est pour ça que je ne pouvais pas parler simplement de la Seconde Guerre Mondiale, même si le sujet est énorme, dont en plus je n'ai pas été le témoin direct. Donc c'était vraiment la Seconde Guerre Mondiale et les suites, c'est-à-dire les trois générations de la mémoire. C'était pas forcément attirer l'attention sur le fait que tout est toujours possible, mais sur le fait que cette violence de toute façon est totalement endémique.

Philippe Chauveau
Lorsque l'on vous entend parler, on a l'impression que vous êtes un peu désabusé, et finalement le livre dégage quand même quelque part de l'espoir.

Fabrice Humbert
C'est pas vraiment être désabusé, c'est simplement ce que j'estime être de la lucidité sur notre nature, et effectivement, ça n'interdit pas l'optimisme et l'espoir, parce qu'on sait qu'il y a toujours des moyens d'en sortir, c'est-à-dire qu'on passe par le meurtre mais on essaie aussi d'en sortir. C'est exactement ce qui a été le cas pendant la Seconde Guerre Mondiale. Après tout on est sorti de la Seconde Guerre Mondiale et on a essayé de créer des institutions pour ne plus revenir dans cette forme de massacre. Donc il y a toujours, oui, une volonté de dominer cette violence. Mais le fait est que je ne dirais pas du tout que ce soit un livre négatif ou pessimiste. Je dirais que c'est un livre, je ne sais pas s'il est optimiste, mais je dirais qu'il dégage une certaine énergie.

Philippe Chauveau
Merci beaucoup Fabrice Humbert, L'Origine de la violence, c'est votre troisième roman, et c'est aux éditions du Passage.
Philippe Chauveau

Fabrice Humbert, votre troisième roman aux éditions du Passage, L'Origine de la violence, c'est l'histoire de ce jeune professeur, qui en voyage scolaire avec ses élèves au camp de Buchenwald, tombe sur une photo d'un déporté qui ressemble étrangement à son père. Comment est née cette histoire?



Fabrice Humbert

L'histoire est née d'un voyage que j'avais fait avec mes élèves au camp de Buchenwald. On était entré dans le camp, et puis ensuite on est allé au musée de Buchenwald. Et là, on voyait des photos des dignitaires du camp et puis de certains déportés. L'une de ces photos était celle de Wagner, Karl Wagner, le médecin du camp et puis on voyait qu'ensuite il s'était suicidé en 1958. Le fait que le bourreau ait le même nom que mon grand-père, qu'un victime déportée, ça m'a frappé, et c'est comme ça qu'est né le livre.

Le premier titre que j'avais pour L'Origine de la violence c'était La Chute de la nation européenne. Et je me suis rendu compte que le vrai projet finalement c'était de revenir à la question de cette violence intime, la violence intime d'un être, le narrateur qui a des origines dans ce meurtre collectif, justement.



Philippe Chauveau

Jusqu'où êtes-vous présent dans le livre?



Fabrice Humbert
Justement il y a pas de décision. Pour moi évidemment, je sais à peu près ce qui est de l'ordre du réel et puis ce qui est de l'ordre de la fiction, mais c'est tellement mêlé que même moi parfois je ne me souviens plus très bien et dans certaines interviews j'utilise les noms réels au lieu des noms du roman. Et pour le lecteur c'est évidemment bien pire, pour lui c'est indécidable.

Philippe Chauveau
La vie de ce livre, aujourd'hui, c'est aussi une diffusion internationale ?

Fabrice Humbert
C'est surtout un agent étranger qui effectivement est très connu dans le monde entier, qui est monsieur Nurnberg, celui-là même qui a accompagné Les Bienveillantes et qui est effectivement à même de répandre le livre dans le monde entier.

Philippe Chauveau
L'action principale du livre se passe bien sûr pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais en même temps le narrateur est un homme d'aujourd'hui, de l'année 2009. C'est important pour vous de ressituer l'action dans notre époque pour montrer que finalement tout est toujours possible, que cette violence elle est contemporaine ?

Fabrice Humbert
C'est le coeur du projet. C'est vraiment que ce ne soit pas un livre sur la Seconde Guerre Mondiale mais un livre sur l'expérience de la Seconde Guerre Mondiale et sa mémoire. Moi je suis de la troisième génération après ces événements, beaucoup de choses se sont déroulées depuis, et c'est pour ça que je ne pouvais pas parler simplement de la Seconde Guerre Mondiale, même si le sujet est énorme, dont en plus je n'ai pas été le témoin direct. Donc c'était vraiment la Seconde Guerre Mondiale et les suites, c'est-à-dire les trois générations de la mémoire. C'était pas forcément attirer l'attention sur le fait que tout est toujours possible, mais sur le fait que cette violence de toute façon est totalement endémique.

Philippe Chauveau
Lorsque l'on vous entend parler, on a l'impression que vous êtes un peu désabusé, et finalement le livre dégage quand même quelque part de l'espoir.

Fabrice Humbert
C'est pas vraiment être désabusé, c'est simplement ce que j'estime être de la lucidité sur notre nature, et effectivement, ça n'interdit pas l'optimisme et l'espoir, parce qu'on sait qu'il y a toujours des moyens d'en sortir, c'est-à-dire qu'on passe par le meurtre mais on essaie aussi d'en sortir. C'est exactement ce qui a été le cas pendant la Seconde Guerre Mondiale. Après tout on est sorti de la Seconde Guerre Mondiale et on a essayé de créer des institutions pour ne plus revenir dans cette forme de massacre. Donc il y a toujours, oui, une volonté de dominer cette violence. Mais le fait est que je ne dirais pas du tout que ce soit un livre négatif ou pessimiste. Je dirais que c'est un livre, je ne sais pas s'il est optimiste, mais je dirais qu'il dégage une certaine énergie.

Philippe Chauveau
Merci beaucoup Fabrice Humbert, L'Origine de la violence, c'est votre troisième roman, et c'est aux éditions du Passage.

L'origine de la violence Aux Editions Le passage
  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • L'AVIS DU LIBRAIRE
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