Alice Dekker

Alice Dekker

Les douces choses

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Pudique et discrète, Alice Dekker n’est pas du genre à se mettre en avant. Que ce soit dans une précédente vie, dans l’ombre politique, ou aujourd’hui en tant qu’attachée de presse, c’est plutôt les autres qu’elle cherche à mettre en lumière. Mais la véritable colonne vertébrale d’Alice Dekker, c’est bien la littérature, découverte à l’entrée dans l’âge adulte avec tous les grands auteurs américains de la première moitié du XXème siècle. Et puis un jour, l’envie d’écrire à son tour, de raconter soi-même une histoire. « Les glorieuses résurrections » sera le premier roman d’Alice Dekker en 2008, poignant roman sur la reconstruction des femmes rescapées des camps de la mort en 1945. Suit en 2012 un joli livre inspiré de la vie du peintre Jean Siméon Chardin, à qui l’auteur donne la parole pour se raconter en tant que père. Et voici le petit dernier, « Les douces choses » aux éditions Arléa avec, sur la couverture, cette délicate photo de l’écrivaine Louise de Vilmorin, à qui l’on doit notamment « Madame de » ou « La lettre dans un taxi ». La narratrice de ce livre, qui ressemble étrangement à Alice Dekker, vient d’emménager dans une nouvelle maison. Les cartons ne sont pas encore défaits, les meubles pas encore positionnés. Elle est seule dans cette grande demeure isolée, à la campagne. Son compagnon a été retenu et n’a pu l’aider. La journée touche à sa fin, elle est lasse. Le jardin prend des teintes rosées, c’est le début du printemps, on allume une lampe. Et affluent les souvenirs… Dans ce joli texte, court et poétique, deux portraits de femmes, celui de la narratrice, qui a toujours cherché sa place, qui s’est toujours sentie à part même dans sa propre famille et, en parallèle, celui de Louise de Vilmorin, femme de lettres reconnue mais aussi femme fantasque, en marge de la société bien-pensante et autour qui, dans ces prudes années 50, flottait un parfum de scandale. Deux femmes que tout semble éloigner, à commencer par leurs époques respectives, et qui pourtant semblent animer par un même sentiment, cette mélancolie latente qui leur colle à la peau. Prenant elle-même Louise de Vilmorin à témoin en relatant les grandes étapes de sa vie, la narratrice nous entraine sur les rivages de sa propre existence, dans une famille où on ne partage pas ses sentiments, où l’on vit selon des convenances bien établies, où la guerre a laissé des traces. à l’ombre d’une maison aussi impressionnant qu’attachante perdue par les aléas de la vie. Et puis, les souvenirs plus personnels, l’amour enfui et celui qu’on reconstruit pour se donner une illusion, le temps qui passe et les regrets aussi. Avec une langueur littéraire bienvenue, Alice Dekker tisse une écriture toute en délicatesse et en pudeur. Une musicalité où l’émotion affleure à chaque instant. En redonnant vie à Louise de Vilmorin, plus à travers la femme privée que publique, Alice Dekker dresse aussi le portrait d’une femme d’aujourd’hui face à ses choix et ses complexités. Petite pépite littéraire, voilà un livre que je vous recommande particulièrement. « Les douces choses » d’Alice Dekker est publié aux éditions Arléa

  • PRÉSENTATION
  • Pudique et discrète, Alice Dekker n’est pas du genre à se mettre en avant. Que ce soit dans une précédente vie, dans l’ombre politique, ou aujourd’hui en tant qu’attachée de presse, c’est plutôt les autres qu’elle cherche à mettre en lumière. Mais la véritable colonne vertébrale d’Alice Dekker, c’est bien la littérature, découverte à l’entrée dans l’âge adulte avec tous les grands auteurs américains de la première moitié du XXème siècle. Et puis un jour, l’envie d’écrire à son tour, de...Les douces choses d'Alice Dekker - Présentation - Suite