Irène Frain

Irène Frain

Les naufragés de l'île Tromelin

Portrait 4'02
Philippe Chauveau
Bonjour Irène Frain, merci de nous recevoir pour Web TV Culture. Votre actualité, c'est les Naufragés de l'île Tromelin chez Michel Lafon, un bateau qui va part de Bretagne et qui va s'échouer dans l'océan Indien. La Bretagne, justement, ce sont vos racines, ce sont vos origines, la Bretagne qui est toujours très présente dans votre vie.

Irène Frain
Oui, elle est inscrite dans mon nom de jeune fille. Je m'appelle "Le Pohon", c'est un nom du centre Bretagne mais il contient la mer en lui puisque c'est un oiseau de mer que signifie "Le Pohon", le macareux. Donc vraisemblablement les ancêtres du côté paternel venaient d'Irlande et certainement d'un lieu tout à fait maritime. Et du côté de ma mère, qui elle était de la côte de la Bretagne sud, le nom est "Martelot", "martelode" en breton, et "martelode" veut dire "matelot". Donc moi j'ai vécu toute mon enfance dans ce port de la Compagnie des Indes qu'est Lorient, qui contient peut-être lui-même une prédestination en lui puisque la véritable orthographe de Lorient c'est "L'Orient".

Philippe Chauveau
Les Bretons, donc grands voyageurs s'il en est, et ce goût du voyage, de l'aventure, on le retrouve dans toute votre écriture, dans tous vos livres, vous êtes une âme voyageuse ?

Irène Frain
Oui, parce que quand j'étais petite la ville était détruite par la guerre. Justement il ne restait plus que le Quai des Indes et les bâtiments de la Compagnie des Indes et puis La Tour de la Découverte qui était une vigie qui avait été construite pour attendre les bateaux. Et puis vous savez, moi je voyais la marée tous les jours dans l'estuaire, et je me suis construit un imaginaire du départ, de la partance, d'aller voir ce qu'il y avait au-delà du soleil couchant. Mais je pense que j'ai une écriture navigatrice. Je crois que les Bretons conçoivent les parcours artistiques et esthétiques comme des quêtes initiatiques et quand je regarde les grands écrivains bretons, comme Chateaubriand, par exemple, c'était aussi un parcours initiatique, ou des peintres comme Tanguy, par exemple, surréaliste, ou André Breton, Julien Gracq qui finalement est breton dans l'âme. C'est des parcours initiatiques. C'est toujours les Chevaliers de la Table Ronde.

Philippe Chauveau
Dans vos livres, il y a une constante, c'est que vous vous attachez beaucoup aux personnages. Et même si les personnages sont sombres, il y a toujours une part d'humanité. C'est parce que vous vous intéressez aux autres que vous aimez faire les chroniques, notamment en presse magazine, comme Paris Match ?

Irène Frain
Absolument. Là, depuis quelque temps, je fais beaucoup de portraits. Et justement le portrait n'est pas nécessairement gentil. C'est pas nécessairement du miel, mais jamais avec moi ça va être du fiel. L'idée, dans ces portraits, c'est d'attraper la ressemblance, exactement comme dans un roman, comme vous l'avez dit si bien, de créer des personnages.

Philippe Chauveau
Et justement, vous personnellement, en tant que lectrice, quels sont les auteurs, qu'ils soient classiques ou contemporains, qui vous ont bouleversée ? A qui auriez-vous aimé témoigner votre reconnaissance ?

Irène Frain
Je l'ai témoignée à Julien Gracq. Je suis allée le voir. Il m'a reçue pendant une après-midi, ça a été une très belle rencontre. J'aurais aimé rencontrer Homère, ce navigateur.

Philippe Chauveau
Et l'attachement du public, finalement, est-ce que c'est aussi ça la récompense de l'auteur ?

Irène Frain
Oui, et puis son élargissement. C'est-à-dire que surtout avec le dernier livre, j'ai conquis, on peut dire ça, sans le savoir, un public d'hommes. Le public ne m'a jamais lâchée. En dépit de la diversité de mes sujets, le public m'a suivie, c'est-à-dire que le pari que j'ai fait que le public était curieux de tout, et pas seulement d'un système, qu'il avait envie d'être surpris, et bien ce pari a fonctionné.

Philippe Chauveau
Merci Irène Frain pour ce témoignage plein de franchise. Votre actualité, Les Naufragés de l'île Tromelin, c'est chez Michel Lafon.
Philippe Chauveau
Bonjour Irène Frain, merci de nous recevoir pour Web TV Culture. Votre actualité, c'est les Naufragés de l'île Tromelin chez Michel Lafon, un bateau qui va part de Bretagne et qui va s'échouer dans l'océan Indien. La Bretagne, justement, ce sont vos racines, ce sont vos origines, la Bretagne qui est toujours très présente dans votre vie.

Irène Frain
Oui, elle est inscrite dans mon nom de jeune fille. Je m'appelle "Le Pohon", c'est un nom du centre Bretagne mais il contient la mer en lui puisque c'est un oiseau de mer que signifie "Le Pohon", le macareux. Donc vraisemblablement les ancêtres du côté paternel venaient d'Irlande et certainement d'un lieu tout à fait maritime. Et du côté de ma mère, qui elle était de la côte de la Bretagne sud, le nom est "Martelot", "martelode" en breton, et "martelode" veut dire "matelot". Donc moi j'ai vécu toute mon enfance dans ce port de la Compagnie des Indes qu'est Lorient, qui contient peut-être lui-même une prédestination en lui puisque la véritable orthographe de Lorient c'est "L'Orient".

Philippe Chauveau
Les Bretons, donc grands voyageurs s'il en est, et ce goût du voyage, de l'aventure, on le retrouve dans toute votre écriture, dans tous vos livres, vous êtes une âme voyageuse ?

Irène Frain
Oui, parce que quand j'étais petite la ville était détruite par la guerre. Justement il ne restait plus que le Quai des Indes et les bâtiments de la Compagnie des Indes et puis La Tour de la Découverte qui était une vigie qui avait été construite pour attendre les bateaux. Et puis vous savez, moi je voyais la marée tous les jours dans l'estuaire, et je me suis construit un imaginaire du départ, de la partance, d'aller voir ce qu'il y avait au-delà du soleil couchant. Mais je pense que j'ai une écriture navigatrice. Je crois que les Bretons conçoivent les parcours artistiques et esthétiques comme des quêtes initiatiques et quand je regarde les grands écrivains bretons, comme Chateaubriand, par exemple, c'était aussi un parcours initiatique, ou des peintres comme Tanguy, par exemple, surréaliste, ou André Breton, Julien Gracq qui finalement est breton dans l'âme. C'est des parcours initiatiques. C'est toujours les Chevaliers de la Table Ronde.

Philippe Chauveau
Dans vos livres, il y a une constante, c'est que vous vous attachez beaucoup aux personnages. Et même si les personnages sont sombres, il y a toujours une part d'humanité. C'est parce que vous vous intéressez aux autres que vous aimez faire les chroniques, notamment en presse magazine, comme Paris Match ?

Irène Frain
Absolument. Là, depuis quelque temps, je fais beaucoup de portraits. Et justement le portrait n'est pas nécessairement gentil. C'est pas nécessairement du miel, mais jamais avec moi ça va être du fiel. L'idée, dans ces portraits, c'est d'attraper la ressemblance, exactement comme dans un roman, comme vous l'avez dit si bien, de créer des personnages.

Philippe Chauveau
Et justement, vous personnellement, en tant que lectrice, quels sont les auteurs, qu'ils soient classiques ou contemporains, qui vous ont bouleversée ? A qui auriez-vous aimé témoigner votre reconnaissance ?

Irène Frain
Je l'ai témoignée à Julien Gracq. Je suis allée le voir. Il m'a reçue pendant une après-midi, ça a été une très belle rencontre. J'aurais aimé rencontrer Homère, ce navigateur.

Philippe Chauveau
Et l'attachement du public, finalement, est-ce que c'est aussi ça la récompense de l'auteur ?

Irène Frain
Oui, et puis son élargissement. C'est-à-dire que surtout avec le dernier livre, j'ai conquis, on peut dire ça, sans le savoir, un public d'hommes. Le public ne m'a jamais lâchée. En dépit de la diversité de mes sujets, le public m'a suivie, c'est-à-dire que le pari que j'ai fait que le public était curieux de tout, et pas seulement d'un système, qu'il avait envie d'être surpris, et bien ce pari a fonctionné.

Philippe Chauveau
Merci Irène Frain pour ce témoignage plein de franchise. Votre actualité, Les Naufragés de l'île Tromelin, c'est chez Michel Lafon.

Les naufragés de l'île Tromelin Aux Editions Michel Lafon
  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • L'AVIS DU LIBRAIRE
  • De ses racines bretonnes, Irène Frain a gardé le goût des voyages, de l'aventure, des grands espaces. En 1982, en retraçant l'histoire d'un jeune mousse devenu nabab en Inde, elle obtient son premier succès. Dès lors chacun de ses livres sera attendu avec impatience par un public toujours plus nombreux. Attentive aussi bien à la condition féminine qu'au sort des plus défavorisés au fil de l'histoire, on lui doit Modern Style, Devi, ou encore Au Royaume des Femmes. Si l'écriture d'Irène Frain sait être flamboyante,...Un crime sans importance d'Irène Frain - Présentation - Suite
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    Philippe Chauveau Irène Frain, Les Naufragés de l'île Tromelin, c'est chez Michel Lafon. Que s'est-il donc passé cette fameuse nuit du 1er août 1761 ? Irène Frain Donc un vaisseau de la Compagnie des Indes, L'Utile, qui est allé faire du ravitaillement pour l'île de France, c'est-à-dire l'île Maurice, dans l'océan Indien, il est allé à Madagascar a embarqué, clandestinement, cent soixante esclaves. Arrive ce qui devait arriver, à 22H20, on le sait par l'écrivain de bord qui avait une véritable pendule dans le ventre, il...Un crime sans importance d'Irène Frain - Le livre - Suite
    Marie-Adélaïde Dumont Librairie DOUCET 66 avenue du Général de Gaulle 72000 LE MANS Tél. : 02 43 24 43 20 contact@librairiedoucet.fr Irène Frain est romancière, historienne, journaliste. Elle a beaucoup écrit, elle est née en Bretagne et je pense que ça n’est pas anodin dans ce livre puisqu’elle va nous conter la fureur des éléments et la vie difficile sur cette île. On est entraîné dans ce livre avec une écriture haletante, très courte, très précise. On va vraiment partager le sort de ces naufragés qui se...Un crime sans importance d'Irène Frain - L'avis du libraire - Suite