Henri Loevenbruck

Henri Loevenbruck

Le mystère de la main rouge

Portrait 00'06'41"

Philippe Chauveau :

Bonjour, Henri Leovenbruck.

Henri Leovenbruck :

Bonjour.

Philippe Chauveau :

Votre actualité aux éditions XO, Le mystère de La Main rouge. Nous allons retrouver notre amie Gabriel Joly en plein cœur de la révolution. On en reparle dans un instant. Difficile de parler de vous parce que vous êtes un peu un touche à tout. Il y a la littérature, certes, mais dans différents domaines, différents registres. Il y a aussi la musique. Si on devait donner une définition d'Henri Leovenbruck, que devrait-on dire?

Henri Leovenbruck :

Que c'est quelqu'un de passionné et qui a la chance de vivre de l'une de ses nombreuses passions qui est l'écriture. Je crois que c'est le résumé le plus simple, mais c'est vrai que j'en ai beaucoup d'autres.

Philippe Chauveau :

C'est déjà pas mal. Alors avant de parler de l'écriture, on va quand même parler un peu de la musique parce que c'est important. Vous avez participé à des travaux avec plusieurs groupes. Aujourd'hui, vous êtes plus à travailler tout seul. Mais la musique, ça représente quoi dans votre vie?

Henri Leovenbruck :

Déjà, je suis dans une famille de mélomanes. Donc la musique a toujours été très présente à la maison. Mes parents étaient amis avec Brassens. Donc, j'ai été bercé par la musique et les paroles de Brassens. Et puis, j'ai un oncle pianiste, qui était concertiste. Il y a toujours eu beaucoup de musique dans la famille. Et moi, je me suis mis très jeune au piano. J'ai très vite développé un grand amour pour le rock qui m'a fait jouer dans tout un tas de groupes pendant mon adolescence et jusqu'à assez récemment. Mais j'ai aussi toujours été très intéressé par la composition. Donc j'ai pris des cours de composition au Conservatoire d'écriture musicale. La musique de film et ce genre de choses m'intéressent beaucoup. C'est une autre facette de la musique, c'est à dire à la fois le plaisir de la scène quand on est avec un groupe, et ce partage instantané qu'on peut avoir comme au théâtre, qui est très fort. Il y a quelque chose qui vous permet de vous dépasser souvent. Et puis, il y a aussi cette envie d'illustrer des images par la musique. Je le fais avec des courts métrages ou des documentaires que font des amis pour lesquels je compose de la musique.

Philippe Chauveau :

Il y a donc la musique d'un côté, et puis l'écriture romanesque de l'autre. Mais là encore, vous êtes un peu à touche à tout. Parce que votre nom Henri Leovenbruck, on le retrouve aussi bien dans la fantaisie, la science fiction, le thriller, le roman noir, le roman historique. Vous aimez butiner, en quelque sorte?

Henri Leovenbruck :

Il doit déjà y avoir une peur chez moi de m'enfermer. Je suis un voyageur. J'aime ça. J'ai probablement peur de m'enfermer dans un genre en m'y cantonnant. Et puis, plus probablement, je ne me pose pas tant la question que ça. C'est à dire que j'ai des idées de romans qui me viennent et je ne me demande pas vraiment à quel genre ils appartiennent. Je n'ai jamais eu de frontières. Comme j'ai été un grand lecteur de tout un tas de littérature très différentes, autant littératures de l'imaginaire que littérature dite blanche. Je crois que j'appartiens à une génération qui cloisonne moins les genres que peut être celle de mes parents. La précédente, pour qui il y avait même des mauvais genres. Je crois que c'est fini ça et qu'aujourd'hui on le voit bien. Les prof de français ou les documentalistes dans les lycées se sont beaucoup ouverts à la littérature de genre. Et du coup, moi, je ne me pose plus vraiment la question. J'ai des idées de livres. Je ne sais pas quel genre ils appartiennent.

Philippe Chauveau :

Vous allez là où le plaisir vous guide?

Henri Leovenbruck :

Absolument.

Philippe Chauveau :

En revanche, il y a aussi une constante, quel que soit le genre littéraire dans lequel vous avez choisi d'évoluer, c'est qu'il y a souvent des romans à plusieurs tomes, des romans à suite. Ça a été le cas pour La Moïra. C'est aujourd'hui le cas avec Gabriel Joly, que l'on va retrouver dans plusieurs épisodes. Pourquoi cette envie de rester avec des personnages, dans des périodes, dans des univers? C'est la peur de quitter des êtres qui vous sont chers, des amis de papier ?

Henri Leovenbruck :

Je ne me suis jamais posé la question comme ça, peut être. Il y a plusieurs choses. Il y a d'abord que je suis un amoureux de roman feuilleton du dix neuvième siècle. Et donc, le côté feuilletonnant de la littérature m'a toujours séduit et aussi amusé parce que je trouve que c'est extrêmement ludique. Ensuite, la deuxième raison, c'est quand même un moyen exceptionnel de développer un personnage et de lui donner une dimension bien plus grande que celle qu'on peut lui donner avec un seul roman. Quand on a un personnage qui mûrit, quand on le fait sur plusieurs livres, je pense que c'est le même plaisir que celui qu'on a à regarder une série télévisée sur plusieurs épisodes où on retrouve les personnages et on les voit changer. C'est un peu pareil avec les personnages de romans, tant dans mon plaisir d'auteur que je pense dans le plaisir de lecture.

Philippe Chauveau :

Vous évoquez les feuilletons du 19ème siècle, les feuilletoniste du 19ème siècle tels Alexandre Dumas. Il y a des auteurs qui vous ont peut être donné envie d'écrire et ceux dans tous les genre dans lesquels vous évoluez aujourd'hui?

Henri Leovenbruck :

Il y en a plein et dans des genres tellement différents que ceci explique peut-être cela. C'est à dire que je suis à la fois un grand lecteur de Romain Gary, Umberto Eco, Dumas et de Stephen King quand j'étais adolescent. Je viens de vous citer les quatre qui ont le plus guidé mon écriture et mon envie d'écrire. Et c'est par hasard qu'ils appartiennent tous les quatre à des genres très différents.

Philippe Chauveau :

Finalement, selon vous, que ce soit en tant que lecteur ou en tant qu'auteur, et encore plus dans cette période complexe que nous traversons? À quoi sert le livre?

Henri Leovenbruck :

Un médiateur entre nos solitudes, c'est ce que je dis souvent. C'est à dire que c'est un acte extrêmement solitaire la lecture, on lit seul. En même temps, c'est un grand moment de partage, aussi bien pour moi en tant qu'auteur. C'est très étonnant quand vous êtes par exemple traduit. Moi, je suis traduit dans plusieurs langues. C'est étonnant de me dire qu’il y a des gens qui sont en train de lire mon livre dans une langue que je ne parle même pas. Probablement que nous n'aurions pas pu communiquer sans ce livre. De la même manière, les émotions qu'un lecteur ressent quand il lit un livre, il y a probablement quelque chose de réconfortant pour lui de se dire que ses émotions sont partagées. Vous savez, ce moment où on de dit "ça je l'ai vécu", quand on lit un livre et qu'on trouve quelque chose qui va entrer un peu en résonance avec son propre vécu. Donc, c'est du partage. Et j'ai le sentiment que les livres sont des médiateurs entre nos solitudes secrètes.

Philippe Chauveau :

Votre actualité en Henri Leovenbruck, Le mystère de la main rouge, aux éditions XO.

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  • LIVRE
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