Philippe Besson

Philippe Besson

La maison atlantique

Portrait 3'32

Bonjour Philippe Besson
Bonjour
Merci d'être avec nous, j'ai grand plaisir à vous accueillir. Un nouveau titre « La maison atlantique »
J'aimerais qu'on refasse la belle histoire de votre amour avec l'écriture, on peut le dire, que vous êtes un amoureux de l'écriture?
Oui, c'est à dire que pour moi l'écriture c'est vraiment un élan, un mouvement, une énergie, ce n'est pas quelque chose de difficile, ce n'est pas quelques chose contre lequel il faudrait que je me batte.
Ce n'est jamais associé chez moi à de la douleur, ce n'est associé chez moi qu'à de l'emportement et du plaisir.
« En l'absence des hommes » 2001 ?
Oui
Est-ce que vous vous projetiez déjà : « Est-ce que ma vie, ce sera désormais l'écriture ? » ou est-ce que finalement, c'était un coup d'essai ? C'était prémédité, toute cette histoire que vous vivez maintenant ?
L'histoire non, parce que vous ne savez jamais ce qu'il va arriver après.
Et surtout, vous ne savez jamais que les lecteurs vont être au rendez-vous et qu'ils vont vous permettre, à leur façon, de continuer.
Ce qui est certain, c'est que j'ai compris tout de suite en écrivant les premières phrases de « En l'absence des hommes » que je me lançais dans une aventure qui était plus grande que moi,
qui était profondément identitaire. Je n'avais pas le sentiment de faire quelque chose d'anodin, je savais que c'était fondamental.
C'est quoi le style Philippe Besson?
Alors ça, c'est très compliqué, c'est plutôt aux autres de le définir qu'à moi.
J'ai l'impression en tous cas qu'avec le temps, il y a quelque chose de plus court, de plus sec, de plus vif, de plus violent dans ma façon d'écrire.
Là aussi, je me suis débarrassé de certaines afféteries, de certains effets de style. Je vais à l'essentiel, je cherche l'os, la nudité, quelque chose d'un peu minérale. Donc c'est peut-être un peu ça maintenant.
Et vos personnages envahissent-ils parfois votre quotidien ?
Quand vous écrivez, vous êtes tellement avec vos personnages que vous devenez indissociable d'eux.Surtout moi qui fonctionne beaucoup dans l'empathie et dans l'appropriation.
J'écris beaucoup de livres à la première personne du singulier et au présent, donc je deviens le personnage. Je n'écris que pour cela, que pour devenir mes personnages.
Je n'ai aucune chance d'être un jeune homme de 18 ans un peu inconsolable et un peu cruel, comme j'avais peu de chances d'être une serveuse de café à Los Angeles à temps partiel et divorcée.
Donc les quelques mois que dure l'écriture d'un livre, je deviens cela, comme un acteur interprète un rôle.
Vous avez facilité à sortir de ce costume?
Alors oui, c'est très étrange. Je pense que je suis un parfait schizophrène. C'est effrayant parce que si je devenais un assassin un jour, je pourrais, juste après avoir tué mes victimes,
aller prendre un café comme dans les films de Haneke, ou manger un bout de pizza.
C'est très inquiétant, je peux être le personnage quand j'écris, et donc faire des choses épouvantables.
Et puis dès que j'arrête d'écrire, je suis dans la vie normale et je fais des choses tout-à-fait ordinaires. Il y a quelque chose de bizarre que je ne veux pas m'expliquer.
J'ai choisi par exemple de ne pas faire de psychanalyse. Je n'ai rien contre les gens qui en font mais il vaut mieux que je ne sache pas d'où ça vient,
d'où me vient cette noirceur, ces obscurités, cette violence parce que dans la vraie vie, elles ne se manifestent pas du tout, mais dans les livres, oui.
C'est vrai que vous êtes un homme charmant mais je vais peut-être me méfier alors.
Merci Philippe Besson, votre actualité c'est « La maison atlantique » chez Julliard.

Philippe Chauveau:
Bonjour Philippe Besson

Philippe Besson:
Bonjour

Philippe Chauveau:
Merci d'être avec nous, j'ai grand plaisir à vous accueillir. Un nouveau titre « La maison atlantique »
J'aimerais qu'on refasse la belle histoire de votre amour avec l'écriture, on peut le dire, que vous êtes un amoureux de l'écriture?

Philippe Besson:
Oui, c'est à dire que pour moi l'écriture c'est vraiment un élan, un mouvement, une énergie, ce n'est pas quelque chose de difficile, ce n'est pas quelques chose contre lequel il faudrait que je me batte. Ce n'est jamais associé chez moi à de la douleur, ce n'est associé chez moi qu'à de l'emportement et du plaisir.

Philippe Chauveau:
« En l'absence des hommes » 2001 ?

Philippe Besson:
Oui

Philippe Chauveau:
Est-ce que vous vous projetiez déjà : « Est-ce que ma vie, ce sera désormais l'écriture ? » ou est-ce que finalement, c'était un coup d'essai ? C'était prémédité, toute cette histoire que vous vivez maintenant ?

Philippe Besson:
L'histoire non, parce que vous ne savez jamais ce qu'il va arriver après. Et surtout, vous ne savez jamais que les lecteurs vont être au rendez-vous et qu'ils vont vous permettre, à leur façon, de continuer. Ce qui est certain, c'est que j'ai compris tout de suite en écrivant les premières phrases de « En l'absence des hommes » que je me lançais dans une aventure qui était plus grande que moi, qui était profondément identitaire. Je n'avais pas le sentiment de faire quelque chose d'anodin, je savais que c'était fondamental.

Philippe Chauveau:
C'est quoi le style Philippe Besson?

Philippe Besson:
Alors ça, c'est très compliqué, c'est plutôt aux autres de le définir qu'à moi. J'ai l'impression en tous cas qu'avec le temps, il y a quelque chose de plus court, de plus sec, de plus vif, de plus violent dans ma façon d'écrire. Là aussi, je me suis débarrassé de certaines afféteries, de certains effets de style. Je vais à l'essentiel, je cherche l'os, la nudité, quelque chose d'un peu minérale. Donc c'est peut-être un peu ça maintenant.

Philippe Chauveau:
Et vos personnages envahissent-ils parfois votre quotidien ?

Philippe Besson:
Quand vous écrivez, vous êtes tellement avec vos personnages que vous devenez indissociable d'eux. Surtout moi qui fonctionne beaucoup dans l'empathie et dans l'appropriation. J'écris beaucoup de livres à la première personne du singulier et au présent, donc je deviens le personnage. Je n'écris que pour cela, que pour devenir mes personnages. Je n'ai aucune chance d'être un jeune homme de 18 ans un peu inconsolable et un peu cruel, comme j'avais peu de chances d'être une serveuse de café à Los Angeles à temps partiel et divorcée. Donc les quelques mois que dure l'écriture d'un livre, je deviens cela, comme un acteur interprète un rôle.

Philippe Chauveau:
Vous avez facilité à sortir de ce costume?

Philippe Besson:
Alors oui, c'est très étrange. Je pense que je suis un parfait schizophrène. C'est effrayant parce que si je devenais un assassin un jour, je pourrais, juste après avoir tué mes victimes, aller prendre un café comme dans les films de Haneke, ou manger un bout de pizza. C'est très inquiétant, je peux être le personnage quand j'écris, et donc faire des choses épouvantables. Et puis dès que j'arrête d'écrire, je suis dans la vie normale et je fais des choses tout-à-fait ordinaires. Il y a quelque chose de bizarre que je ne veux pas m'expliquer. J'ai choisi par exemple de ne pas faire de psychanalyse. Je n'ai rien contre les gens qui en font mais il vaut mieux que je ne sache pas d'où ça vient, d'où me vient cette noirceur, ces obscurités, cette violence parce que dans la vraie vie, elles ne se manifestent pas du tout, mais dans les livres, oui.

Philippe Chauveau:
C'est vrai que vous êtes un homme charmant mais je vais peut-être me méfier alors.
Merci Philippe Besson, votre actualité c'est « La maison atlantique » chez Julliard.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • L'AVIS DU LIBRAIRE
  • Au début des années 2000, Philippe Besson fait une entrée remarquée dans la littérature avec « En l'absence des hommes ». Une histoire d'amour passionnée entre un adolescent et un soldat sur fond de Grande Guerre. Avec ce roman où plane l'ombre de Marcel Proust, Philippe Besson reçut le prix Emmanuel Roblès. Talent confirmé peu de temps après avec « Son frère » que Patrice Chéreau adapta brillamment au cinéma. Depuis, pratiquement au rythme d'un titre par an, Philippe Besson a su imposer son style. Les libraires et les...Sur une île déserte, quels livres emporteraient-ils ? de Philippe Besson - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau:Bonjour Philippe BessonPhilippe Besson:BonjourPhilippe Chauveau:Merci d'être avec nous, j'ai grand plaisir à vous accueillir. Un nouveau titre « La maison atlantique »J'aimerais qu'on refasse la belle histoire de votre amour avec l'écriture, on peut le dire, que vous êtes un amoureux de l'écriture?Philippe Besson:Oui, c'est à dire que pour moi l'écriture c'est vraiment un élan, un mouvement, une énergie, ce n'est pas quelque chose de difficile, ce n'est pas quelques chose contre lequel il faudrait que je me...Sur une île déserte, quels livres emporteraient-ils ? de Philippe Besson - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau :Dans ce nouveau titre, Philippe Besson, « La maison atlantique », le décor est planté que ce soit avec ce dessin de Hopper que vous avez choisi pour la couverture ou par ce titre « la maison atlantique », d'ailleurs atlantique n'a pas de majuscule.Nous sommes dans une petite station balnéaire dans une maison de vacances des années 20, un père et son fils de 17 ans qui se retrouvent pour les vacances.Tout pourrait bien se passer et tout va mal se terminer. Quelle drôle d'histoire, pourquoi avoir eu l'idée de...Sur une île déserte, quels livres emporteraient-ils ? de Philippe Besson - Le livre - Suite
    François Groff / Librairie: Le livre de la TortueC'est un livre qui m'a marqué pour la rentrée littéraire de janvier. C'est plus de la littérature que du thriller, c'est assez psychologique. Le rythme est assez soutenu donc de ce coté là on pourrait le comparer au thriller américain mais c'est plus de la littérature.On rentre très vite dans l'histoire, il y a ce coté très rapide dans l'écriture avec des phrases courtes et l'aspect psychologique.C'est justement une patte que j'aime beaucoup au niveau de l'écriture, par...Sur une île déserte, quels livres emporteraient-ils ? de Philippe Besson - L'avis du libraire - Suite