Philippe Besson

Philippe Besson

La maison atlantique

Le livre 4'05

Dans ce nouveau titre, Philippe Besson, « La maison atlantique », le décor est planté que ce soit avec ce dessin de Hopper que vous avez choisi pour la couverture
ou par ce titre « la maison atlantique », d'ailleurs atlantique n'a pas de majuscule.
Nous sommes dans une petite station balnéaire dans une maison de vacances des années 20, un père et son fils de 17 ans qui se retrouvent pour les vacances.
Tout pourrait bien se passer et tout va mal se terminer. Quelle drôle d'histoire, pourquoi avoir eu l'idée de créer une confrontation entre un père et son fils ?
Justement, parce que je n'avais jamais traité ce sujet là, j'ai souvent évoqué les amours qui ratent ou les deuils qu'il faut accomplir etc...
mais je ne m'étais jamais vraiment intéressé à ces sentiments comme la rancoeur, la rancune, le désir de confrontation et de contradiction.
Et au fond, une forme de violence presque glaçante, donc je me suis dit « j'ai envie d'aller sur ce terrain là ».
Et puis j'avais relu peu de temps avant « Bonjour tristesse » de Sagan et j'avais aimé ce dispositif avec l'été, la maison.
Dans « Bonjour tristesse » c'est un père et sa fille et ils sont dans la connivence. Pour moi c'est un père et son fils et ils sont dans la contradiction, et puis l'arrivée d'un intrus, d'un tiers.
Dès le départ, on sait qu'il y aura un drame, ces deux personnages masculins ne s'entendent pas, le narrateur est le jeune homme, qui raconte l'histoire quelques années après,
on ne connaitra pas son prénom, tous les autres personnages ont un prénom sauf lui.
Un jeune couple vient s'installer dans une maison de vacances à coté, les quatre personnages sont là pour que le drame soit parfait,
François Busnel dans l'émission la Grande Librairie a dit que ça commençait comme du Sagan et que ça finissait comme du Chabrol, vous êtes d'accord ?
Oui, ça m'a bien plu, parce que c'est une tragédie, les éléments de la tragédie sont là et moi je voulais que ce soit posé dès le départ.
C'est à dire : on sait que ça va mal finir. Anouilh dit ça dans « Antigone », il dit c'est formidable la tragédie, c'est commode, c'est facile.
Parce qu'on sait qu'on n'y échappera pas, c'est inéluctable et on sait que ça finira mal et moi je voulais ça.
Il fallait installer une tension, un mystère, un suspens malgré le fait que dès le départ on sait que ça finira mal.
Tous les personnages sont importants dans cette histoire. Il y a donc ces quatre personnages,
Guillaume et son fils puis Cécile et Raphaël, il y a aussi Agathe, le personnage absent de la mer, il y a même jusqu'à cette voisine que l'on voit passer et qui fait avancer le drame.
Peut être que le drame se joue aussi avec le personnage le plus anodin, le plus transparent de l'histoire ?
Mais c'est ça que je voulais. C'est comme des petits cailloux blanc que l'on sème mais on ne se rend pas compte que ce sont des cailloux blanc,
donc on suit ce fil-là sans savoir vraiment où l'on va, et en même temps dans cette histoire où tout le monde a une forme de culpabilité, où tout le monde a une forme de responsabilité,
j'avais envie que le personnage le plus pur, le plus inattendu, le plus discret, le plus charmant, finisse par se révéler peut-être le plus obscur où le plus violent,
Il faut toujours prendre par surprise, il faut toujours aller chercher ce à quoi on ne s'attend pas.
Il y a toujours ça dans les romans d'Agatha Christie. Le coupable est celui que vous soupçonniez le moins. J'avais envie de créer ce dispositif-là.
Pourquoi ne pas avoir mis de majuscule à « atlantique » sur votre titre ?
D'abord parce que logiquement une maison n'est pas vraiment atlantique et puis parce que atlantique c'est le contraire de pacifique, peut-être que cette maison n'est pas très paisible.
Merci Philippe Besson, et merci pour ce roman implacable, un vrai roman coup de poing, pour référence cinématographique,
je parlais tout-à-l'heure de Chabrol mais Hitchcock aurait bien aimé aussi, « La maison atlantique » de Philippe Besson c'est chez Julliard, merci.

Philippe Chauveau :
Dans ce nouveau titre, Philippe Besson, « La maison atlantique », le décor est planté que ce soit avec ce dessin de Hopper que vous avez choisi pour la couverture ou par ce titre « la maison atlantique », d'ailleurs atlantique n'a pas de majuscule.
Nous sommes dans une petite station balnéaire dans une maison de vacances des années 20, un père et son fils de 17 ans qui se retrouvent pour les vacances.
Tout pourrait bien se passer et tout va mal se terminer. Quelle drôle d'histoire, pourquoi avoir eu l'idée de créer une confrontation entre un père et son fils ?

Philippe Besson :
Justement, parce que je n'avais jamais traité ce sujet là, j'ai souvent évoqué les amours qui ratent ou les deuils qu'il faut accomplir etc... mais je ne m'étais jamais vraiment intéressé à ces sentiments comme la rancoeur, la rancune, le désir de confrontation et de contradiction.
Et au fond, une forme de violence presque glaçante, donc je me suis dit « j'ai envie d'aller sur ce terrain là ». Et puis j'avais relu peu de temps avant « Bonjour tristesse » de Sagan et j'avais aimé ce dispositif avec l'été, la maison.
Dans « Bonjour tristesse » c'est un père et sa fille et ils sont dans la connivence. Pour moi c'est un père et son fils et ils sont dans la contradiction, et puis l'arrivée d'un intrus, d'un tiers.

Philippe Chauveau :
Dès le départ, on sait qu'il y aura un drame, ces deux personnages masculins ne s'entendent pas, le narrateur est le jeune homme, qui raconte l'histoire quelques années après, on ne connaitra pas son prénom, tous les autres personnages ont un prénom sauf lui.
Un jeune couple vient s'installer dans une maison de vacances à coté, les quatre personnages sont là pour que le drame soit parfait, François Busnel dans l'émission la Grande Librairie a dit que ça commençait comme du Sagan et que ça finissait comme du Chabrol, vous êtes d'accord ?

Philippe Besson :
Oui, ça m'a bien plu, parce que c'est une tragédie, les éléments de la tragédie sont là et moi je voulais que ce soit posé dès le départ. C'est à dire : on sait que ça va mal finir. Anouilh dit ça dans « Antigone », il dit c'est formidable la tragédie, c'est commode, c'est facile.
Parce qu'on sait qu'on n'y échappera pas, c'est inéluctable et on sait que ça finira mal et moi je voulais ça. Il fallait installer une tension, un mystère, un suspens malgré le fait que dès le départ on sait que ça finira mal.

Philippe Chauveau :
Tous les personnages sont importants dans cette histoire. Il y a donc ces quatre personnages, Guillaume et son fils puis Cécile et Raphaël, il y a aussi Agathe, le personnage absent de la mer, il y a même jusqu'à cette voisine que l'on voit passer et qui fait avancer le drame.
Peut être que le drame se joue aussi avec le personnage le plus anodin, le plus transparent de l'histoire ?

Philippe Besson :
Mais c'est ça que je voulais. C'est comme des petits cailloux blanc que l'on sème mais on ne se rend pas compte que ce sont des cailloux blanc, donc on suit ce fil-là sans savoir vraiment où l'on va, et en même temps dans cette histoire où tout le monde a une forme de culpabilité, où tout le monde a une forme de responsabilité, j'avais envie que le personnage le plus pur, le plus inattendu, le plus discret, le plus charmant, finisse par se révéler peut-être le plus obscur où le plus violent,
Il faut toujours prendre par surprise, il faut toujours aller chercher ce à quoi on ne s'attend pas. Il y a toujours ça dans les romans d'Agatha Christie. Le coupable est celui que vous soupçonniez le moins. J'avais envie de créer ce dispositif-là.

Philippe Chauveau :
Pourquoi ne pas avoir mis de majuscule à « atlantique » sur votre titre ?

Philippe Besson :
D'abord parce que logiquement une maison n'est pas vraiment atlantique et puis parce que atlantique c'est le contraire de pacifique, peut-être que cette maison n'est pas très paisible.

Philippe Chauveau :
Merci Philippe Besson, et merci pour ce roman implacable, un vrai roman coup de poing, pour référence cinématographique, je parlais tout-à-l'heure de Chabrol mais Hitchcock aurait bien aimé aussi, « La maison atlantique » de Philippe Besson c'est chez Julliard, merci.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • L'AVIS DU LIBRAIRE
  • Au début des années 2000, Philippe Besson fait une entrée remarquée dans la littérature avec « En l'absence des hommes ». Une histoire d'amour passionnée entre un adolescent et un soldat sur fond de Grande Guerre. Avec ce roman où plane l'ombre de Marcel Proust, Philippe Besson reçut le prix Emmanuel Roblès. Talent confirmé peu de temps après avec « Son frère » que Patrice Chéreau adapta brillamment au cinéma. Depuis, pratiquement au rythme d'un titre par an, Philippe Besson a su imposer son style. Les libraires et les...Sur une île déserte, quels livres emporteraient-ils ? de Philippe Besson - Présentation - Suite
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