Maud Tabachnik

Maud Tabachnik

Jeux de dupes

Portrait 00'06'43"

Philippe Chauveau :

Bonjour Maud Tabachnik

Maud Tabachnik :

Bonjour.

Philippe Chauveau :

Quel plaisir de vous retrouver en librairie avec un Jeu de dupes qui sort aux éditions City. On va parler de ce drôle de personnage d'Abbot qui gravite dans le milieu littéraire. Le milieu littéraire, vous le connaissez bien. Vous avez une trentaine d'ouvrages à votre actif. Un peu plus même et curieusement, pourtant, l'écriture arrive un peu par hasard dans votre vie?

Maud Tabachnik :

Tout a fait, en jardinant. J'avais acheté une maison en Touraine et j'ai découvert les joies du jardinage, de la campagne et de la maison individuelle. J'ai été éblouie par la campagne que je ne connaissais pas. J'allais en week-end, mais pas à la campagne, au bord de la mer comme tous les Parisiens, on disait pas bobo à l'époque, mais c'était ça aussi. Et ensuite, ça m'a tellement plu qu'on a acheté une maison entre Richelieu et Chinon.

Philippe Chauveau :

Et alors, le jardinage ?

Maud Tabachnik :

Le jardinage c'est des grands moments et je les regrette encore. Faire pousser quelque chose n'importe comment, par ce que je ne savais pas du tout au début. C'était un miracle pour moi de manger ce que l'on a semé.

Philippe Chauveau :

Alors, le lien entre le jardinage et l'écriture ?

Maud Tabachnik :

Alors le lien entre le jardinage et l'écriture ? C'est l'hiver. L'hiver, on ne jardine pas. Je suis quelqu'un d'actif et je ne peux pas rester sans rien faire. J'ai donc commencé à écrire.

Philippe Chauveau :

Vous avez choisi d'écrire dans l'univers du polar du roman noir?

Maud Tabachnik :

Pas les premiers. J'en ai écrit un que je n'ai jamais donné, qui n'était pas du tout dans le polar, qui était plutôt politico historique. Et ensuite, j'ai remarqué que j'aime beaucoup les romans noirs. C'est là où je prends le plus de plaisir dans un bon thriller politique. Plus même que dans le policier. Parce que ça, c'est mouvant dans le monde entier. On touche des sujets sensibles, comme on dit. Et ça, ça me plaît d'écrire là dessus.

Philippe Chauveau :

Je ne trahis aucun secret en disant qu'avant l'écriture, vous aviez aussi une autre vie puisque vous avez été d'ostéopathe, avec votre cabinet à Paris. Est-ce qu'il y a un lien entre triturer les corps des patients, et triturer des personnages?

Maud Tabachnik :

Non, il n'y en a pas. Il y a vraiment une coupure entre les deux activités. Ça n'a vraiment rien à voir. L'ostéopathie c'est autre chose. D'abord, ce n'est pas trituer, c'est une autre responsabilité. C'est quelque chose d'assez pénible parce que moi, je ne suis pas très transparente. Et quand j'avais des cas difficiles, même mon cabinet fermé ça me travaillait. En revanche, j'ai trouvé dans l'écriture une véritable bouffée d'oxygène et de gaieté, d'amusement, d'excitation. Ça m'a beaucoup plu et ça me plaît toujours.

Philippe Chauveau :

Vous êtes devenu au fil des ans, l'une des références du polar à la française, même si souvent, vos intrigues se passent aux Etats-Unis. On en reparlera. On vous connaît aussi pour le duo que vous avez créé en tant qu'auteur avec ce lieutenant de police et cette femme journaliste. Ces deux personnages que l'on a retrouvés dans plusieurs titres. Pourquoi était-ce important d'avoir ces deux personnages récurrents?

Maud Tabachnik :

Aucune idée, je ne sais pas si ça a de l'importance. Vous savez, quand on écrit, on ne fait pas de prévision, des personnages s'imposent. J'avais besoin d'une femme et d'un homme à ce moment là, qui n'auraient pas les habituelles affinités que l'on trouve dans les romans de tout genre. Une journaliste est un policier, mais le premier qui a très bien marché aux éditions Viviane Hamy. C'est un été pourri où Sandra Kane tue. Elle est meurtrière. Elle rencontre Sam Gunman. Et au bout d'un moment, il a compris qu'elle est meurtrière, mais il comprend aussi que le type qu'elle a tué était une vraie pourriture qui avait tué et violé la compagne de Sandra Kane. Et voilà, c'est comme ça que ça a commencé. Il y a un problème de conscience du policier qui ne veut pas l'arrêter parce qu'il comprend que ça se justifiait presque. C'était ça un petit peu qui a interloqué les critiques, que je trouve une raison au meurtre.

Philippe Chauveau :

Avez vous l'impression que Sandra Kane et Sam Gutmann, à un certain moment, sont peut être devenus un peu des amis de papier pour vous ? D'ou cette envie de les faire revenir régulièrement.

Maud Tabachnik :

Oui, tous les personnages gentils sont mes amis. Quand je les retrouve le matin à mon bureau, je vais rencontrer des amis, les gentils. Je n'ai qu'une aucune indulgence pour les méchants. Parce j'en ai quand même de sacrés des méchants, cela je ne les supporte pas. Et justement, je me sers de mes personnages pour dire ce que je pense d'eux.

Philippe Chauveau :

Alors justement, le matin lorsque vous vous mettez à votre table de travail. Quel est le sentiment que vous éprouvez lorsque vous retrouvez ses amis de papier?

Maud Tabachnik :

D'abord, je reviens sur les journées précédentes de travail parce qu'on ne peut pas replonger en quittant sa douche dans un univers imaginaire. Donc, vous êtes obligé de vous re familiariser avec les faits antérieurs et ce qu'ont fait vos personnages et les actions. Et là, vous commencez à vous nourrir et c'est de là que ça part, parce que moi, je n'ai pas de plan quand j'écris. Je ne sais pas ce qui va se passer la page d'après, c'est eux qui me guident.

Philippe Chauveau :

Ils vous surprennent comme vous surprenez vos lecteurs et je reprends cette citation du magazine ELLE qui est sur la couverture de votre nouveau livre : "lorsqu'on plonge dans un Tabachnik, mieux vaut avoir le coeur bien accroché". Votre actualité, Maud Tabachnik chez City Éditions, ça s'appelle Jeu de dupes.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LIVRE
  • Avec une trentaine d’ouvrages à son actif, Maud Tabachnik a fait ses preuves. Depuis son premier titre, « La vie à fleur de terre », elle s’est imposée dans la grande famille du polar, étant même l’une des pionnières de ces femmes auteurs ayant pris possession du roman noir. C’est pourtant tardivement que Maud Tabachnik prit la plume, à la faveur d’un souci de santé l’empêchant de poursuivre son activité de kinésithérapeute. Tant pis pour ses patients mais tant mieux pour ses lecteurs car elle n’a pas son...Jeux de dupes de Maud Tabachnik - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau : Bonjour Maud Tabachnik   Maud Tabachnik : Bonjour.   Philippe Chauveau : Quel plaisir de vous retrouver en librairie avec un Jeu de dupes qui sort aux éditions City. On va parler de ce drôle de personnage d'Abbot qui gravite dans le milieu littéraire. Le milieu littéraire, vous le connaissez bien. Vous avez une trentaine d'ouvrages à votre actif. Un peu plus même et curieusement, pourtant, l'écriture arrive un peu par hasard dans votre vie?   Maud Tabachnik : Tout a fait, en jardinant. J'avais acheté une...Jeux de dupes de Maud Tabachnik - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau : Une couverture qui claque avec ces deux visages qui s'entrelacent dans des couleurs rouge et bleu. Votre actualité, Maud Tabachnik, Jeu de dupes, vous allez nous entraîner à la fin des années 70, début des années 80. On va faire connaissance avec un homme assez terne, gris. Il s'appelle Abbot. Il a une petite vie un peu tristoune. Sa femme et sa fille se moquent un peu de lui. C'est un couple classique, mais sa femme est assez revêche. Il trouve néanmoins un peu de fantaisie dans l'écriture. Je me permets...Jeux de dupes de Maud Tabachnik - Livre - Suite