Françoise Bourdin

Françoise Bourdin

Face à la mer

Portrait 6'25

Philippe Chauveau :
Bonjour Françoise Bourdin, « Face à la mer » c'est votre actualité chez Belfond. Je vais me permettre de résumer, dans les années 70, il y a deux premiers titres qui marchent très bien : « De vagues herbes jaunes » et « Les soleils mouillés », puis pendant une vingtaine d'années, on ne vous voit plus en librairie, jusqu'à ce que vous fassiez votre réapparition au début des années 90 et depuis le succès ne s'est jamais démenti. Comment analysez-vous votre parcours d'auteurs ?

Françoise Bourdin :
Je pense que le succès est arrivé vite, avoir un éditeur à 18 ans, c'est peu commun. Le deuxième roman, on en fait un téléfilm, pour l'ORTF à l'époque, et Laurent Terzieff accepte le rôle principal. Tout cela est arrivé dans ma vie de jeune fille de 20 ans avec une facilité déconcertante et je me suis dit que je pouvais passer à autre chose. Je me suis mariée, j'ai eu des enfants et j'ai fait plein de choses. Puis, le jour où j'ai voulu publier à nouveau, je me suis rendu compte que personne ne m'avait attendue et qu'il n'était pas facile d'être publié.

Philippe Chauveau :
Comme vous le dites, on ne vous attendait pas, c'était un sacré défi de revenir, et pourtant le succès fut de nouveau au rendez-vous. Comme si les lecteurs, eux, vous avaient attendue.

Françoise Bourdin :
Oui et c'est très valorisant de se dire ça, qu'après 20 ans, j'ai pu retrouver un public et que oui, sans doute, j'étais faite pour écrire des histoires.

Philippe Chauveau :

Vous avez près d'une quarantaine de titres à votre actif et vous savez à chaque fois vous renouveler, d'où vient cette imagination débordante ?

Françoise Bourdin :
Je crois que j'ai une imagination très fertile, sans doute par nature, et puis aussi parce que j'ai vécu dans une famille très atypique, une famille d'artistes, de chanteurs. Mon enfance n'est pas celle de mademoiselle tout le monde. Chez moi c'était papa et maman déguisés en permanence, à jouer la comédie. J'ai vu ma mère mourir de toutes les manières, et ça marque.

Philippe Chauveau :
Y a t-il un titre ou un auteur qui vous a particulièrement marquée ?

Françoise Bourdin :
Il y a deux auteurs dont je me souviens vraiment très bien. Il y a Mauriac et ses histoires de famille. C'était justement ce que nous n'étions pas à la maison, un monde bourgeois, assez sclérosé alors que nous, nous étions une famille d'artistes. Donc, cet univers que je connaissais mal me fascinait. Puis il y a eu Giono. Ce fut mon grand coup de cœur, moi qui était une citadine. Tout à coup le monde de la nature m'est apparu.

Philippe Chauveau :
On sait que vous parlez très souvent de la famille, des rapports entre les générations. Vous qui écrivez depuis les années 70, avez-vous vu une évolution dans nos comportements, et ces évolutions ont-elles modifié votre écriture ?

Françoise Bourdin :
Je pense que cela a entrainé une évolution dans les thèmes choisis, parce qu'aujourd'hui la famille a changé, elle est éclatée, recomposée, alors qu'à l'époque de Mauriac dont j'ai parlé, le divorce ou la séparation étaient mal vus.

Philippe Chauveau :
Lorsque vous êtes en contact avec vos lecteurs, qu'est-ce qui revient régulièrement ?

Françoise Bourdin :
La première chose que me disent mes lecteurs, c'est qu'ils sont heureux. Ils sont heureux parce que je n'écris pas de drames qui finissent dans des bains de sangs et qu'ils ont besoin de ça, d'être dans un monde d'évasion, tout en étant crédible.

Philippe Chauveau :
Votre actualité Françoise Bourdin, vous publiez chez Belfond « Face à la mer ».

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  • Françoise Bourdin est ce qu'on appelle un «phénomène littéraire » ! Depuis plus de 25 ans, sans tambour ni trompette, sans médiatisation outrancière, sans soutien de l'élite culturelle parisienne, Françoise Bourdin reste un auteur incontournable cher au cœur des lecteurs. Avec plus de 9 millions de livres vendus, traduits en une quinzaine de langues, elle est ce que l'on appelle un auteur populaire, au sens noble du terme. Chaque année, on la retrouve dans le classement des dix meilleures ventes de livres en France. La recette...Gran Paradiso de Françoise Bourdin - Présentation - Suite
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    Philippe Chauveau :Dans « Face à la mer », nous faisons la connaissance d'un homme qui finalement à plutôt bien réussi sa vie. Il habite au Havre, il dirige une belle librairie, c'était son choix même si sa famille ne l'a pas forcément aidé, mais il a réussi avec toute sa volonté à monter cette librairie. Et un beau jour, c'est le burn out, il tombe en dépression. D'où vient-il ce personnage de Mathieu et pourquoi en avoir fait un libraire ? Françoise Bourdin :En fait je n'ai jamais vu de libraire dans un roman, c'est...Gran Paradiso de Françoise Bourdin - Livre - Suite