Gilles Legardinier

Gilles Legardinier

Une chance sur un milliard

Livre 00'05'58"

Philippe Chauveau :

Voilà une jolie couverture pleine d'enthousiasme, de fraîcheur et de poésie. Cette couverture va nous raconter l'histoire d'Adrien. C’est un garçon qui professionnellement a plutôt bien réussi, il est statisticien. Qui est-il ce fameux Adrien qui va nous raconter sa vie ?

Gilles Legardinier :

C'est quelqu'un qui a une vie banale, normale. Il a eu de la chance professionnellement. Il est à l'âge de faire des projets. Il a l'âge d'avoir déjà des regrets. C'est une période où tout est possible. Il y a déjà des leçons apprises de la vie. Il a toute la vie devant lui théoriquement.

Philippe Chauveau :

On va apprendre très vite que son enfance a été un peu malmenée avec un père qui est décédé d'un accident très jeune. Une maman qui n'a pas eu les épaules suffisamment larges pour endosser la maternité toute seule et qui a préféré partir. Il a été élevé par ses grands parents. Et puis surtout, il y a cette information qu'il va apprendre un jour de la bouche d'un ami médecin. Il a une maladie qui, malheureusement, risque de le faire mourir très rapidement. Et là, son regard sur le monde change.

Gilles Legardinier :

C'est un moment important pour lui parce qu'au moment où il pensait avoir le temps, d'un seul coup il n'a plus le temps. Il faut qu'il règle ses affaires. Il faut qu'il se mette en paix avec lui même. Il doit oser ce qu'il n’a jamais osé. Il faut qu'il dise qu'il n'a jamais dit. Il ne supporte plus ce qu'il a trop longtemps toléré. C'est le moment où, d'un seul coup, on n'a plus le temps de faire semblant. C'est le moment où on n’a plus le temps de perdre de temps. C'est un moment de vérité. C'est une chance.

Philippe Chauveau :

C'est un roman qui bouscule beaucoup. Parce que certes, on s'amuse énormément. Il y a des passages qui sont très drôles. C'est votre marque de fabrique, même si l'expression est mal choisie. Mais c'est aussi un livre qui nous remue parce qu'à chaque page, vous nous dites : et toi lecteur, si tu devais mourir demain que ferais-tu ?

Gilles Legardinier :

Oui, c'est un peu l'enjeu, les comédies ne sont pas là que pour rire. Pour moi l'humour c'est l'écrin du vrai sentiment. Mais on ne rigole jamais autant quand c'est catastrophique. C'est dans les pires moments de la vie qu'on rigole vraiment. Parce que le rire est une réaction très humaine. C'est une espèce de contre pied, de pied de nez à tout ce que la vie ou le destin essaient de nous mettre dans les jambes. Mais c'est là que ça devient intéressant. C'est quand on a les vraies alliances, ce qui tient vraiment quand on ne ment plus, quand on ne fait même plus semblant, quand on ne se donne plus la peine de tolérer. Là, il y a une espèce d'alchimie qui se met en route et qui déclenche d'autres choses. C'est l'histoire d'Adrien.

Philippe Chauveau :

On va beaucoup parler de la famille dans ce roman. On parle de notre famille de sang, les difficultés que cela peut comporter. Et puis, on parle aussi de la famille que l'on se construit avec les proches, avec les amis que l'on se fait au fil des années. Pourquoi est ce si important d'évoquer la famille dans vos romans ?

Gilles Legardinier :

Quel est l'intérêt de la vie si ce n'est pas pour les relations qu'on a avec ceux qu'on croise ? On n'est pas une espèce solitaire. Tout ce qu'on fait d'intéressant, on le fait avec d'autres. Tout ce qu'on fait de puissant, on le fait pour d'autres. Il n'y a vraiment que les crétins qui fonctionnent pour eux et par eux. Je ne suis même pas convaincu que ça puisse exister. La notion de famille, pour moi, elle est très large. Il y a effectivement la famille de sang dont vous parliez. Mais pour moi, c'est ces gens à qui on s'associe, avec qui ont fait alliance et on avance. Ceux qui nous fabriquent, nous construisent, nous aident à tenir et comblent nos incapacités, c'est essentiel. C'est ça qui fait aussi de nous des humains. C'est les gens avec qui on avance.

Philippe Chauveau :

Je l'ai dit en préambule, on s'amuse beaucoup. On va rire. On va aussi parfois pleurer. En tout cas, on va être ému par bien des passages. Il y a une belle galerie de personnages autour d'Adrien. On l'a dit à sa famille, ses amis, ses amours et ses anciennes amours. Adrien vous a-t-il parfois surpris ? Ou bien dès le début de l'écriture saviez-vous où il allait vous emmener ? Ou est-ce que parfois, il y a des personnages qui ont fait des apparitions que vous n'attendiez pas ? Est-ce que lui même a eu des réactions que vous n'aviez pas soupçonné ?

Gilles Legardinier :

C'est marrant parce que quand vous parlez, c'est comme si j'étais le scribe de quelqu'un qui existerait par lui même. Mais c'est vrai, au début, on imagine une marionnette qu'on manipule. On se dit il va me permettre d'exprimer ça. Il va me permettre de présenter telle situation et je vais le mettre dans telle situation. Et très vite, le personnage acquiert une cohérence qui est la sienne, qui lui est propre. Effectivement, on devient le scribe d'un personnage qui dit parfois non, je ne dirais pas comme ça ou non, ça ne colle pas avec ce que je suis. Et ça, c'est quelque chose d'assez passionnant à vivre.

Philippe Chauveau :

Les personnages que vous avez créés depuis dix ans, puisque nous parlions de la famille, avez-vous l'impression qu'ils font désormais partie de votre famille ? Est-ce qu'il reste des amis de papier ?

Gilles Legardinier :

C'est des typologies auxquelles j'aime bien penser. Maintenant, j'ai la chance d'avoir une vie remplie de gens réels, donc ça laisse moins de place aux gens imaginaires. Au moment où j'écris, je vis avec eux. Ce n'est pas eux qui font partie de ma famille, c'est moi qui fait partie de la leur. Mais heureusement, quand la réalité reprend ses droits, la vie doit être plus belle que les livres. J'ai la chance d'avoir une famille, des amis, un entourage qui font que je n'ai pas besoin de me réfugier dans les livres. Mais j'aime écrire et de temps en temps ça fait du bien de voir le monde fonctionner, même dans un livre, comme on croit qu'il devrait le faire avec des sentiments comme on aime les lire et avec des espoirs comme on aime les avoir, comme on en a besoin en ce moment.

Philippe Chauveau :

J'ai envie de dire qu'il ne s'agit pas là juste d'un feel good book parce que le terme est trop marchand. C'est un livre qui nous fait du bien parce que c'est un livre qui nous parle de nous. C'est un livre qui nous fait réfléchir sur notre propre vie. Il y a cette phrase : "tu sais mon garçon, on confond souvent vivre vieux et avoir une belle vie. La durée ne compte pas c'est l'intensité qui fait tout. Quoi que tu affrontes, n'oublie jamais qu'exister est une chance. Profites en de toutes tes forces". Merci du conseil Gilles Legardinier. C'est votre actualité. Ça s'appelle Une chance sur un milliard et c'est un petit bijou. C'est aux éditions Flammarion.

Gilles Legardinier :

Merci Philippe.

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