Philippe Delerm

Philippe Delerm

Elle marchait sur un fil

Le livre 3'58

Philippe Delerm, dans ce nouveau roman « Elle marchait sur un fil », vous nous présentez Marie, une femme d'une cinquantaine d'années qui traverse un moment difficile de son existence. Son mari est parti.
Elle essaie de se reconstruire entre son métier d'attachée de presse indépendante pour certains auteurs et puis sa maison en Bretagne, sur la côte. Elle traverse une période difficile, mais elle est solide. Elle subit un peu tout ça, mais elle a quand même envie de s'en sortir.
Le fait de retourner dans cette maison de Bretagne, de bord de mer où elle a des souvenirs avec son compagnon et son fils, c'est déjà courageux de sa part. On sent qu'elle a envie de se reconstruire.
Oui, elle a du caractère et elle a des rêves aussi. Et ce en quoi elle est différente de moi, c'est que je considère la quête du bonheur comme une chose essentiel, pas, par contre, le fait de vouloir être heureux à tout prix
– j'ai horreur de notre époque qui veut le bonheur à tout prix – mais la quête du bonheur je trouve que c'est quelque chose d'essentiel quand on a la chance de l'avoir. Elle, c'est quelqu'un qui n'a plus le bonheur.
Elle a mis une étiquette dessus, à un moment précis de sa vie, autour de 30 ans, quand son fils Étienne est entré au conservatoire pour être comédien comme elle le souhaitait.
Quand son mari était un peu moins infidèle qu'il ne l'est devenu par la suite. Elle avait le sentiment de vivre un moment de plénitude et d'être heureuse. Et puis après, c'est un personnage qui se dit qu'il y a des choses qui sont différentes du bonheur,
mais qui sont peut-être aussi grandes, aussi importantes. En l’occurrence, créer un vrai spectacle qui soit son rêve absolu, c'est peut-être aussi fort que le bonheur.
J'ai eu l'impression en lisant « Elle marchait sur un fil » de lire deux romans. Il y a l'histoire de Marie, où vous parlez de cette femme et là vous abordez les sujets que sont l'amitié, la famille, les relations humaines, l'histoire d'un amour qui dure, ou qui ne dure pas.
Et puis peut-être un autre livre où là vous abordez d'autres thèmes que sont la littérature, le théâtre puisque pour se reconstruire, Marie va accompagner une troupe de jeunes comédiens en devenir.
On sent qu'il y a des thèmes qui vous sont chers et il y a peut-être deux histoires en parallèle.
C'est vrai. C'était difficile d'exprimer tout ce que j'avais envie de dire sur la vie, autrement que dans un roman parce que si on l'exprime dans un essai, on va forcément être péremptoire et dire quelles sont ses propres opinions.
J'ai essayé d'équilibrer les personnages. Par exemple le fils de Marie, Étienne, est quelqu'un qui n'a pas pu continuer à être comédien, mais qui pense être heureux dans ce qu'il fait. Il est devenu architecte d'intérieur.
Par contre, sa mère pense qu'il y a une fêlure en lui qui ne sera jamais refermée parce que quand on a eu ce type de rêve là et qu'on ne l'a pas concrétisé, ce n'est pas possible de vivre vraiment. Donc elle est quand même assez adolescente pour le coup, jusqu'au bout.
Marie aurait-elle eu du mal à laisser son fils grandir ?
Oui et puis elle est comme toutes les mères qui ont pensé un moment qu'elles allaient exister un peu par l'intermédiaire de leurs enfants, elle est lourde aussi. Cette idée de la lourdeur des parents est un thème qui m'intéresse beaucoup.
Dans quelle mesure il faut intervenir ou non dans le destin de ses enfants. Dans quelle mesure aussi on peut être sûr de ce que ses enfants veulent faire. C'est toujours une chose qui m'a étonné, c'est que ce soit des thèmes qui soient aussi présents dans la vie des gens
et si absents dans la littérature. C'est peut-être pour ça que j'ai eu envie d'avoir une réflexion sur est-ce qu'il faut diriger un peu la vie des autres ou pas ? Est-ce que c'est utile, redoutable...
Si je dis qu'il y a dans ce roman une douce mélancolie. Ca vous convient ?
Oui, ça me va tout-à-fait. C'est juste.
Merci Philippe Delerm. C'est votre actualité « Elle marchait sur un fil », votre nouveau roman au Seuil.

Philippe Chauveau :
Philippe Delerm, dans ce nouveau roman « Elle marchait sur un fil », vous nous présentez Marie, une femme d'une cinquantaine d'années qui traverse un moment difficile de son existence. Son mari est parti. Elle essaie de se reconstruire entre son métier d'attachée de presse indépendante pour certains auteurs et puis sa maison en Bretagne, sur la côte. Elle traverse une période difficile, mais elle est solide. Elle subit un peu tout ça, mais elle a quand même envie de s'en sortir. Le fait de retourner dans cette maison de Bretagne, de bord de mer où elle a des souvenirs avec son compagnon et son fils, c'est déjà courageux de sa part. On sent qu'elle a envie de se reconstruire.

Philippe Delerm :
Oui, elle a du caractère et elle a des rêves aussi. Et ce en quoi elle est différente de moi, c'est que je considère la quête du bonheur comme une chose essentiel, pas, par contre, le fait de vouloir être heureux à tout prix – j'ai horreur de notre époque qui veut le bonheur à tout prix – mais la quête du bonheur je trouve que c'est quelque chose d'essentiel quand on a la chance de l'avoir. Elle, c'est quelqu'un qui n'a plus le bonheur. Elle a mis une étiquette dessus, à un moment précis de sa vie, autour de 30 ans, quand son fils Étienne est entré au conservatoire pour être comédien comme elle le souhaitait. Quand son mari était un peu moins infidèle qu'il ne l'est devenu par la suite. Elle avait le sentiment de vivre un moment de plénitude et d'être heureuse. Et puis après, c'est un personnage qui se dit qu'il y a des choses qui sont différentes du bonheur, mais qui sont peut-être aussi grandes, aussi importantes. En l’occurrence, créer un vrai spectacle qui soit son rêve absolu, c'est peut-être aussi fort que le bonheur.

Philippe Chauveau :
J'ai eu l'impression en lisant « Elle marchait sur un fil » de lire deux romans. Il y a l'histoire de Marie, où vous parlez de cette femme et là vous abordez les sujets que sont l'amitié, la famille, les relations humaines, l'histoire d'un amour qui dure, ou qui ne dure pas. Et puis peut-être un autre livre où là vous abordez d'autres thèmes que sont la littérature, le théâtre puisque pour se reconstruire, Marie va accompagner une troupe de jeunes comédiens en devenir. On sent qu'il y a des thèmes qui vous sont chers et il y a peut-être deux histoires en parallèle.

Philippe Delerm :
C'est vrai. C'était difficile d'exprimer tout ce que j'avais envie de dire sur la vie, autrement que dans un roman parce que si on l'exprime dans un essai, on va forcément être péremptoire et dire quelles sont ses propres opinions. J'ai essayé d'équilibrer les personnages. Par exemple le fils de Marie, Etienne, est quelqu'un qui n'a pas pu continuer à être comédien, mais qui pense être heureux dans ce qu'il fait. Il est devenu architecte d'intérieur. Par contre, sa mère pense qu'il y a une fêlure en lui qui ne sera jamais refermée parce que quand on a eu ce type de rêve là et qu'on ne l'a pas concrétisé, ce n'est pas possible de vivre vraiment. Donc elle est quand même assez adolescente pour le coup, jusqu'au bout.

Philippe Chauveau :
Marie aurait-elle eu du mal à laisser son fils grandir ?

Philippe Delerm :
Oui et puis elle est comme toutes les mères qui ont pensé un moment qu'elles allaient exister un peu par l'intermédiaire de leurs enfants, elle est lourde aussi. Cette idée de la lourdeur des parents est un thème qui m'intéresse beaucoup. Dans quelle mesure il faut intervenir ou non dans le destin de ses enfants. Dans quelle mesure aussi on peut être sûr de ce que ses enfants veulent faire. C'est toujours une chose qui m'a étonné, c'est que ce soit des thèmes qui soient aussi présents dans la vie des gens et si absents dans la littérature. C'est peut-être pour ça que j'ai eu envie d'avoir une réflexion sur est-ce qu'il faut diriger un peu la vie des autres ou pas ? Est-ce que c'est utile, redoutable...

Philippe Chauveau :
Si je dis qu'il y a dans ce roman une douce mélancolie. Ça vous convient ?

Philippe Delerm :
Oui, ça me va tout-à-fait. C'est juste.

Philippe Chauveau :
Merci Philippe Delerm. C'est votre actualité « Elle marchait sur un fil », votre nouveau roman au Seuil.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • L'AVIS DU LIBRAIRE
  • En 1997 avec « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules », Philippe Delerm devenait un phénomène littéraire. Le livre s'est vendu à plusieurs milliers d'exemplaires et permettait surtout à tous ceux qui savent s'émouvoir des petits bonheurs du quotidien de leur prouver qu'ils n'étaient pas seuls. Et ces 34 textes courts regroupés dans « La première gorgée de bière » sont une bonne façon d'appréhender l'écriture de Philippe Delerm. Mais sa bibliographie est bien plus vaste que cela avec une...Soif de Lire de Philippe Delerm - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau :Bonjour Philippe Delerm. Merci d'être avec nous. Votre actualité aux éditions du Seuil, votre nouveau roman « Elle marchait sur un fil ». Mais lorsque l'on se penche sur votre bibliographie, il y a un nombre de titres incroyables. Votre première publication, en 1983 « La cinquième saison ». Il y avait eu des velléités déjà avant ?Philippe Delerm :Il y avait des velléités, c'était le 4e livre que je faisais. J'avais envoyé des manuscrits par la poste pendant neuf ans avant de trouver une place aux...Soif de Lire de Philippe Delerm - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau :Philippe Delerm, dans ce nouveau roman « Elle marchait sur un fil », vous nous présentez Marie, une femme d'une cinquantaine d'années qui traverse un moment difficile de son existence. Son mari est parti. Elle essaie de se reconstruire entre son métier d'attachée de presse indépendante pour certains auteurs et puis sa maison en Bretagne, sur la côte. Elle traverse une période difficile, mais elle est solide. Elle subit un peu tout ça, mais elle a quand même envie de s'en sortir. Le fait de retourner dans...Soif de Lire de Philippe Delerm - Le livre - Suite
    Dans son dernier livre, « elle marcherait sur un fil » aux éditions Seuil, Philipe Delerm nous raconte la vie de Marie.Et cette vie c'est une musique, c'est comme un air.Chaque vie mérite sa musique et celle de marie, le personnage principal, c'est un air triste, nostalgique qui s'égraine le long des pages.Et ce qui fait la beauté de ce livre, c'est que l'écriture de Philippe Delerm, qui est une écriture assez classique, assez bourgeoise, colle tout à fait à son personnage Marie,qui est une femme d'une cinquantaine d'années,...Soif de Lire de Philippe Delerm - L'avis du libraire - Suite