Sophie Chauveau

Sophie Chauveau

Diderot, le génie débraillé

Le livre 3'47
Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Sophie Chauveau, aux éditions Télémaque, Diderot,  Le génie débraillé,  le tome 1,  Les années bohème, le tome 2, Les encyclopédistes. Pourquoi avoir eu envie d'écrire une biographie romancée de Denis Diderot ?

Sophie Chauveau (Diderot - Le génie débraillé) : Parce que toutes celles que j'ai lues, et j'en ai lues plus de douze, me disent que de quinze à trente ans, on ne sait pas ce qu'il a fait. Je n'arrive pas à croire qu'au XVIIIème siècle, on ne puisse pas trouver ce qu'a fait Denis Diderot de quinze à trente ans. Je suis allée chercher et j'ai trouvé ce qu'il avait vécu, ce qui l'avait profondément bouleversé, ému, et ce qui permettait à Diderot de devenir Diderot à travers ces années là. Parce que Diderot débute à quarante ans. Diderot fait partie de ces génies tardifs, on pourrait dire, des gens qui cherchent. Et Diderot nous ressemble à nous, c'est-à-dire à des gens qui sont autour de l'écriture, qui savent qu'ils vont par là, d'une façon ou d'une autre, mais qui ne savent pas comment. Donc il va faire tous les jobs, tous les métiers, tous les boulots, journaliste, machin... pour identifier profondément en lui comment on passe de l'espèce de canaille, clochard céleste, ce que vous voulez, qu'est le Neveu de Rameau, au philosophe du Neveu de Rameau, c'est-à-dire à Denis Diderot. Comment on fait la bascule.

Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : A certaines pages il est très sympathique et alors à d'autres pages on a envie de lui mettre des claques. Vous aviez cette image là ?

Sophie Chauveau (Diderot - Le génie débraillé) : Vous n’avez pas ce sentiment là envers vous-même ? Est-ce que l'on n'a pas ce sentiment là  envers nous mêmes ? Est-ce que l'on n'est pas dans les années de formation, dans la jeunesse, des journées, des têtes à claques, on est nul, on se déteste, on est ridicule, on a été ramenard... Voilà, il a été ça et comment le nier. C'est pas un saint ! C'est un voyou, c'est un voyou qui a du génie, dont le génie est en train de pousser du-dedans, c'est magnifique. Au contraire, on est aussi antipathique que lui à vingt ans, un jour, pas tous les jours, et on est aussi géniaux ;  bah non, pas tous hélas !...

Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Il y a un cadeau que vous faîtes à la fin du tome 1, c'est Le Neveu de Rameau dans la version qui est présentée au théâtre du Ranelagh.

Sophie Chauveau (Diderot - Le génie débraillé) : Moi j'avais une passion pour Diderot à cause du Neveu de Rameau qui m'a éblouie à quatorze ans et que j'ai relu toutes les années de ma vie. J'ai une intimité avec ce texte qui me donne une connaissance sur les années de Diderot. Je ne peux pas imaginer qu'il décrive la situation d'un homme qui a faim s'il n'a pas connu la faim réellement. Leur adaptation est moderne, n'est pas engluée par des références littéraires ou mondaines de l'époque de Diderot. Donc ils ont retiré ces références, qu'on ne comprendrait plus aujourd'hui. Du coup ça coule ; c'est un dialogue à la fois philosophique et très théâtral, c'est magnifique. Donc je me suis dit, « oui, aller… ».

Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Vous nous offrez finalement un roman qui est très vivant. Pétillant, est-ce que ce serait un terme qui pourrait convenir à Diderot ?

Sophie Chauveau (Diderot - Le génie débraillé) : Pétillant comme le vin, pétillant comme la gourmandise qu'il incarne. C'est un démesuré de la bouche. Il est dans un désir amoureux du monde, des femmes, du vin de la bouffe, du partage, de la fraternité, de l'amitié. C'est un ami formidable. Toute sa vie, il a aimé ses amis. Il s'est trompé, il se fait avoir, il se fait rouler dans la farine, mais il les a aimés.

Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Vous avez pris beaucoup de plaisir, j'imagine, à écrire ces deux tomes ?

Sophie Chauveau (Diderot - Le génie débraillé) : Oui, un plaisir… J'ai vécu avec lui, je le connais vraiment bien, c'est un ami, c'est un proche, c'est un frère. J'ai du mal à m'en séparer, je veux rester avec lui, je ne sais pas comment faire. Il faut que je trouve une solution pour continuer à travailler avec lui. J'adore.

Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Merci beaucoup Sophie Chauveau, Denis Diderot - Le génie débraillé, tome 1,  Les années bohème et tome 2 Les encyclopédistes. C'est aux éditions Télémaque.
Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Sophie Chauveau, aux éditions Télémaque, Diderot,  Le génie débraillé,  le tome 1,  Les années bohème, le tome 2, Les encyclopédistes. Pourquoi avoir eu envie d'écrire une biographie romancée de Denis Diderot ?

Sophie Chauveau (Diderot - Le génie débraillé) : Parce que toutes celles que j'ai lues, et j'en ai lues plus de douze, me disent que de quinze à trente ans, on ne sait pas ce qu'il a fait. Je n'arrive pas à croire qu'au XVIIIème siècle, on ne puisse pas trouver ce qu'a fait Denis Diderot de quinze à trente ans. Je suis allée chercher et j'ai trouvé ce qu'il avait vécu, ce qui l'avait profondément bouleversé, ému, et ce qui permettait à Diderot de devenir Diderot à travers ces années là. Parce que Diderot débute à quarante ans. Diderot fait partie de ces génies tardifs, on pourrait dire, des gens qui cherchent. Et Diderot nous ressemble à nous, c'est-à-dire à des gens qui sont autour de l'écriture, qui savent qu'ils vont par là, d'une façon ou d'une autre, mais qui ne savent pas comment. Donc il va faire tous les jobs, tous les métiers, tous les boulots, journaliste, machin... pour identifier profondément en lui comment on passe de l'espèce de canaille, clochard céleste, ce que vous voulez, qu'est le Neveu de Rameau, au philosophe du Neveu de Rameau, c'est-à-dire à Denis Diderot. Comment on fait la bascule.

Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : A certaines pages il est très sympathique et alors à d'autres pages on a envie de lui mettre des claques. Vous aviez cette image là ?

Sophie Chauveau (Diderot - Le génie débraillé) : Vous n’avez pas ce sentiment là envers vous-même ? Est-ce que l'on n'a pas ce sentiment là  envers nous mêmes ? Est-ce que l'on n'est pas dans les années de formation, dans la jeunesse, des journées, des têtes à claques, on est nul, on se déteste, on est ridicule, on a été ramenard... Voilà, il a été ça et comment le nier. C'est pas un saint ! C'est un voyou, c'est un voyou qui a du génie, dont le génie est en train de pousser du-dedans, c'est magnifique. Au contraire, on est aussi antipathique que lui à vingt ans, un jour, pas tous les jours, et on est aussi géniaux ;  bah non, pas tous hélas !...

Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Il y a un cadeau que vous faîtes à la fin du tome 1, c'est Le Neveu de Rameau dans la version qui est présentée au théâtre du Ranelagh.

Sophie Chauveau (Diderot - Le génie débraillé) : Moi j'avais une passion pour Diderot à cause du Neveu de Rameau qui m'a éblouie à quatorze ans et que j'ai relu toutes les années de ma vie. J'ai une intimité avec ce texte qui me donne une connaissance sur les années de Diderot. Je ne peux pas imaginer qu'il décrive la situation d'un homme qui a faim s'il n'a pas connu la faim réellement. Leur adaptation est moderne, n'est pas engluée par des références littéraires ou mondaines de l'époque de Diderot. Donc ils ont retiré ces références, qu'on ne comprendrait plus aujourd'hui. Du coup ça coule ; c'est un dialogue à la fois philosophique et très théâtral, c'est magnifique. Donc je me suis dit, « oui, aller… ».

Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Vous nous offrez finalement un roman qui est très vivant. Pétillant, est-ce que ce serait un terme qui pourrait convenir à Diderot ?

Sophie Chauveau (Diderot - Le génie débraillé) : Pétillant comme le vin, pétillant comme la gourmandise qu'il incarne. C'est un démesuré de la bouche. Il est dans un désir amoureux du monde, des femmes, du vin de la bouffe, du partage, de la fraternité, de l'amitié. C'est un ami formidable. Toute sa vie, il a aimé ses amis. Il s'est trompé, il se fait avoir, il se fait rouler dans la farine, mais il les a aimés.

Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Vous avez pris beaucoup de plaisir, j'imagine, à écrire ces deux tomes ?

Sophie Chauveau (Diderot - Le génie débraillé) : Oui, un plaisir… J'ai vécu avec lui, je le connais vraiment bien, c'est un ami, c'est un proche, c'est un frère. J'ai du mal à m'en séparer, je veux rester avec lui, je ne sais pas comment faire. Il faut que je trouve une solution pour continuer à travailler avec lui. J'adore.

Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Merci beaucoup Sophie Chauveau, Denis Diderot - Le génie débraillé, tome 1,  Les années bohème et tome 2 Les encyclopédistes. C'est aux éditions Télémaque.

Diderot, le génie débraillé Aux Editions Télémaque
  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • L'AVIS DU LIBRAIRE
  • Web Tv Culture vous invite à plonger au coeur du XVIIIème siècle que l'on apelle aussi communément le siècle des Lumières. Et s’il est un auteur qui reste associé à cette période de l’Histoire, antichambre de la Révolution, c’est bien Denis Diderot, à la fois romancier et homme de théâtre, avec Jacques le Fataliste, La religieuse, Jacques le Fataliste ou Le neveu de Rameau. Sophie Chauveau connaît bien, elle aussi, le monde du théâtre. De sa formation de comédienne, elle a gardé le goût de la réplique, de...Une sélection de livres à offrir... ou s'offrir de Sophie Chauveau - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Bonjour Sophie Chauveau Sophie Chauveau (Diderot - Le génie débraillé) : Bonjour Philippe Chauveau Philippe Chauveau (Web Tv Culture) : Je suis ravi de rencontrer mon homonyme. Vous publiez aux éditions Télémaque, Diderot Le génie débraillé. C'est votre nouveau livre. Diderot homme de lettres, homme de théâtre, un petit peu comme vous finalement puisque le théâtre compte beaucoup dans votre vie. Vous avez une formation de comédienne ? Sophie Chauveau (Diderot - Le génie...Une sélection de livres à offrir... ou s'offrir de Sophie Chauveau - Portrait - Suite
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    Tome Dom Frédéric Lapeyre 81, rue Saint Dominique 75007 Paris Tél : 01-47-05-97-47 Ce que j’aime surtout, c’est l’écriture de Sophie Chauveau, sa manière de mettre en vie un personnage qu’on connaît que par ses écrits, et pas par sa vie. Ce qui est vraiment intéressant, c’est de voir le Paris de l’époque, et comment Diderot a pu s’infiltrer, rester, les bas-fonds de Paris, ce qu’on ne montre jamais, pas le coté versaillais, mais le coté peuple de l’époque. Il y a plein de rebondissements, de...Une sélection de livres à offrir... ou s'offrir de Sophie Chauveau - L'avis du libraire - Suite