Antoine Laurain

Antoine Laurain

Les caprices d'un astre

Portrait 00'07'29"

Philippe Chauveau

Bonjour Antoine Laurain.

Antoine Laurain

Bonjour Philippe.

Philippe Chauveau

Les caprices d'un astre chez Flammarion, c'est votre actualité, c'est déjà votre votre 10ᵉ titre. On commence à bien vous connaître en librairie. Doucement, gentiment, discrètement, vous tracez votre sillon. Et puis vous créez aussi un lectorat, un lectorat fidèle. Les images qui reviennent lorsque vous pensez justement à ce parcours d'auteur, c'est quoi ? Ce sont des rencontres en librairie, en salon, c'est la solitude de l'écrivain, c'est l'appréhension de voir le livre en vitrine ? Quelles sont les images ?

Antoine Laurain

C'est un mélange de tout ça, je dirais. La première image qui me revient toujours, c'est lorsque j'écrivais mon premier roman dans le magasin d'antiquités, dont j'avais la garde puisque j'ai été l'assistant d'un antiquaire pendant longtemps. Et j'écrivais mon premier roman sur l'ordinateur du magasin et qui était Ailleurs, si j'y suis, qui a été publié aux éditions Le Passage après.

Et j'ai cette image-là. Je me souviens de ces époques-là. Je me souviens aussi beaucoup des tournées à l'étranger pour les traductions de mes livres Je me souviens de toutes ces rencontres. Les livres, les livres et l'écriture des livres vous emmènent parfois très, très loin.

Philippe Chauveau

On va reparler justement de cette présence que vous avez à l'étranger. Parce que, je le disais, en France, vous êtes un auteur discret, vous êtes présent en salon, etc. donc vous avez fait votre chemin.Mais c'est vrai qu'à l'étranger, on vous connaît bien aussi. On va y revenir. Mais j'aimerais qu'on revienne justement sur ce que vous nous expliquez. Vous avez longtemps travaillé dans l'univers des antiquités et c'est vrai que les objets sont souvent très présents dans vos romans. Est-ce qu'il y a chez vous une part de mélancolie, de nostalgie ? Est-ce que c'est une nostalgie heureuse éventuellement ? Ou est ce que ces objets, justement, vous accompagnent pour être mieux avec votre époque contemporaine ?

Antoine Laurain

Ah, c'est joli, j'aime bien le concept de nostalgie heureuse. C'est très joli. Nostalgie heureuse oui, très bien. Oui, je prends, je prends volontiers.

Philippe Chauveau

Je vous l'offre.

Antoine Laurain

Merci. Je prends la nostalgie heureuse. Oui. C'est-à-dire, comme j'ai été connu avec un livre qui s'appelait Le chapeau de Mitterrand, et évidemment, le chapeau était là durant dix ans...

Philippe Chauveau

Qui se baladait de personnage en personnage...

Antoine Laurain

...sur des têtes différentes, dans toute une sociologie de la France dans les années 80, c'est un peu resté dans l'esprit des gens, donc à chaque fois, ils veulent un petit peu revoir.... Parfois, on voit un objet là où pour moi, il n'y en a pas vraiment. Par exemple, dans le service des manuscrits, pour moi, il n'y a pas d'objet.

Philippe Chauveau

Dans Millésime 54, il y a une bouteille de vin, là, on a une lunette astronomique.

Antoine Laurain

Oui, voilà, mais c'est bien, ça prouve que j'arrive à changer peut-être d'univers et de personnages, tout en gardant un peu une marque de fabrique.

Philippe Chauveau

Mais vous gardez un lien, vous faites une passerelle entre ces années que vous avez passées dans l'univers de l'Antiquité et l'écriture ? Est-ce que pour vous, il y avait une évidence à tracer votre chemin dans ce domaine là ? Ou est-ce que ce sont deux mondes finalement différents ? Ce sont les hasards de la vie ?

Antoine Laurain

Non, je pense qu'ils ne sont pas différents parce que ce sont des mondes qui tournent autour de l'imaginaire. Ces objets, ces magasins, ces gens, ces rencontres. Les clients qu'on rencontrait dans le magasin étaient des personnages de roman. D'ailleurs, j'en ai mis un en ce roman, mais oui, les passerelles sont grandes parce qu'il s'agit aussi de beauté en fait, de beauté et d'histoire.

Philippe Chauveau

La beauté de l'écriture, parce que vous avez un style qui vous est propre, mais en tout cas, on sent que vous aimez travailler avec les mots, avec la syntaxe. Quels ont été les auteurs qui vous ont influencé, qui vous ont peut-être donné envie, vous aussi, de prendre la plume, les auteurs qui vous ont fait grandir, ceux que vous avez trouvé beaux ?

Antoine Laurain

J'ai souvent parlé de Patrick Modiano. Je l'avais même mis dans La femme au carnet rouge en le faisant apparaître en réel dedans. Bien sûr, Modiano est un auteur qui compte pour les gens de ma génération. C'est un peu l'écrivain absolu, Modiano. Mais Maupassant reste quand même. J'en parlais d'ailleurs avec quelqu'un il y a un quart d'heure avant de venir ici... Maupassant, son style n'a pas vieilli. Maupassant est extraordinaire. On parle toujours de Marcel Proust, qui évidemment, est une espèce de cathédrale de la littérature française. Mais Maupassant est quand même... Enfin, je ne sais pas si ce n'est pas le meilleur en fait, c'est le meilleur parce qu'il n'a pas joué. Il avait une capacité de narration dans ses nouvelles que je pense, personne n'a jamais atteint après lui. Il ne tombera jamais.

Philippe Chauveau

Vous avez parlé de votre présence à l'étranger. Certains de vos titres ont été traduits jusqu'en une vingtaine de langues je crois.

Antoine Laurain

Je crois qu'on est monté à 27.

Philippe Chauveau

Et donc vous avez fait pas mal de tournées aux Etats-Unis, en Corée, vous disiez. Et puis, il y a eu aussi la consécration royale lorsque Camilla, l'épouse du prince du prince Charles, vous place avec La femme au carnet rouge dans la liste de ses titres préférés pendant la crise sanitaire. C'est quoi alors ? C'est juste une anecdote, ça vous a amusé ? Vous vous êtes senti flatté ? Comment l'avez-vous vécu ?

Antoine Laurain

Ce n'est pas anecdotique parce que je me retrouvais dans les 9 livres recommandés durant le premier confinement pour La femme au carnet rouge qui, là-bas, s'appelle The Red Notebook. J'étais extrêmement touché par ça d'abord, d'être là.

Philippe Chauveau

C'était donc une petite jubilation.

Antoine Laurain

Voilà, j'ai rencontré Camilla et même le prince Charles qui était là, dont j'ai pu serrer la main. Mais voilà, c'est très amusant parce qu'on écrit des livres en fait tout seul chez soi avec son chat à la maison. Et puis un jour en fait, vous vous retrouvez à la cour d'Angleterre à rencontrer des gens que vous voyez normalement dans les magazines.

Philippe Chauveau

Je parlais tout à l'heure de la qualité de la poésie, de votre écriture. Et puis vous avez aussi un univers qui vous est propre. Lorsque vous vous mettez à votre table de travail, d'ou vient l'inspiration ? Comment arrivent vos personnages ? Comment naissent vos histoires ? Est-ce que ce sont des choses qui mûrissent très lentement, très longuement ? Ou au contraire, avez-vous l'impression que des fois, l'histoire arrive comme ça toute seule avec ses personnages ?

Antoine Laurain

Les deux fois, Philippe en fait. Soit une histoire vient comme ça. Soit c'est quelque chose qui est là depuis très longtemps, qui est punaisé à mon mur à côté de mon bureau. J'ai des centaines de post-it et de trucs. Parfois, il y a une espèce de maturation, quelque chose de cet ordre-là. Et d'autres fois, vous trouvez le sujet tout de suite.

Philippe Chauveau

Que vous apporte l'écriture au quotidien ?

Antoine Laurain

D'abord, c'est mon métier parce que j'en vis. Si je peux apporter une forme de consolation au lecteur, c'est bien.

Philippe Chauveau

Vous écrivez aussi pour vous consoler de quelque chose ?

Antoine Laurain

Probablement probablement. Mais je pense que c'est le cas de tous les gens qui font un peu quelque chose d'artistique, que ce soit la peinture, la littérature, les chansons. Je pense qu'il y a une forme de consolation à trouver là-dedans.

Philippe Chauveau

Votre actualité, Antoine Laurain, ça s'appelle Les Caprices d'un astre. C'est votre nouveau titre chez Flammarion.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LIVRE
  • Certains livres sont comme une rencontre. On ne les attendait pas et ils vous apportent plus que vous ne le pensiez. Ainsi en est-il du nouveau roman d’Antoine Laurain, « Les caprices de l’astre».Antoine Laurain trace discrètement son sillon depuis 15 ans en France comme à l’étranger où ses livres sont traduits en une vingtaine de langues et sont l’occasion pour lui d’accompagner ses personnages de l’Amérique du Nord à la Corée du Sud. Si son titre le plus connu reste « Le chapeau de Mitterrand », en 2012, adapté...Les caprices d'un astre d'Antoine Laurain - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau Bonjour Antoine Laurain.   Antoine Laurain Bonjour Philippe.   Philippe Chauveau Les caprices d'un astre chez Flammarion, c'est votre actualité, c'est déjà votre votre 10ᵉ titre. On commence à bien vous connaître en librairie. Doucement, gentiment, discrètement, vous tracez votre sillon. Et puis vous créez aussi un lectorat, un lectorat fidèle. Les images qui reviennent lorsque vous pensez justement à ce parcours d'auteur, c'est quoi ? Ce sont des rencontres en librairie, en salon, c'est la solitude de...Les caprices d'un astre d'Antoine Laurain - Portrait - Suite
      Philippe Chauveau Quelle belle, quelle douce, quelle jolie histoire ! Que celle que vous allez nous raconter, c'est celle de Xavier, d'Alice. Ce sont ces jeunes gens, on va dire qu'ils sont encore jeunes, qui vivent à Paris. Ils s'observent comme ça, d'une fenêtre, d'un balcon à un autre. Et puis il y a Guillaume qui, lui, vit dans les siècles passés.Ils voguent sur les flots parce qu'il est chercheur. Il est scientifique pour le roi et il veut observer les étoiles. Comment est-elle cette histoire ? Les caprices d'un astre que...Les caprices d'un astre d'Antoine Laurain - Livre - Suite