Sorj Chalandon

Sorj Chalandon

Le jour d'avant

Portrait 7'19

Philippe Chauveau :

Bonjour Sorj Chalandon, vous êtes dans l'actualité littéraire avec ce nouveau roman chez Grasset « Le jour d'avant », vous avez aujourd'hui un nom qui compte en librairie, mais vous aviez aussi un nom qui comptais dans le journalisme, ça a été une vocation le journalisme, un sacerdoce ?

Sorj Chalandon :

Alors pas du tout, à l'origine je n'ai pas le bagage universitaire pour être dans un journal normal, je suis rentré à Libération à 21 ans et en tant que militant de gauche. Et à l'époque on trouvait ue rien nous ressemblait, ni les journée, les télévisions, ni les radios donc l'idée c'était de faire un journal qui parlait différemment des choses.

Philippe Chauveau :

Aujourd'hui selon vous qu'est-ce qu'être un bon journaliste et quelle est votre vision du journalisme aujourd'hui en France ?

Sorj Chalandon :

Le problème pour répondre c'est que j'étais reporter et un jour quelqu’un m'a dit qu'il y avait le journalisme du savoir et celui du regard, donc moi je suis un journaliste du regards et ça me va parfaitement. Je ne suis pas un éditorialiste, je ne vais pas commenter l'actualité aux quatre coins du monde avec légèreté. Moi j'écoute les autres et je rapporte ce que ces gens disent.

Philippe Chauveau :

Vous qui avez eu le prix Albert Londres, la France reste t-elle un grand pays du journalisme ?

Sorj Chalandon :

Oui je pense, ça me fait toujours rire quand on parle avec respect du journalisme anglo-saxons, quand j'ai vu à quel point il leur était facile de mentir sur la situation de l'Irlande du nord. Et le reporter français ne fait pas dans le « spectaculaire » et c'est un journalisme qui me plait.

Philippe Chauveau :

En 2005, vous publiez un premier roman «Le petit Bonzi », pourquoi être passé du journalisme au roman ?

Sorj Chalandon :

L'écriture du roman m'a permis de faire une chose que je ne peux pas me permettre dans le journalisme : c'est d'utiliser le « je ». Et j'ai ainsi pu décrire ce que j'ai ressentie dans les différents endroits du monde que j'ai vu alors que dans mon travail journalistique je devais dire ce que je voyais et non ce que je ressentais.

Philippe Chauveau :C'est votre actualité Sorj Chalandon, « Le jour d'avant » chez Grasset.

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  • Sorj Chalandon a deux casquettes, il est à la fois journaliste et romancier. Et pourtant, c'est bien le même homme. Et c'est bien la même motivation qui l'anime, rendre compte par les mots, transmettre, combattre pour ce qui lui semble juste. S'engager à travers l'écriture, qu'elle soit journalistique ou romanesqueIntégrant la rédaction de Libération en 1974, il y restera jusqu'en 2007, glanant au passage le prix Albert Londres pour ses reportages sur le procès Klaus Barbie. Sillonnant le monde, il restera plusieurs mois en...Une joie féroce de Sorj Chalandon - Presentation - Suite
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    Philippe Chauveau :   Dans ce nouveau titre Sorj Chalandon, nous allons revenir sur un événement qui a marqué la France. Nous sommes en décembre 1974, il y a un drame à Liévin dans cette mine où 42 mineurs vont perdre la vie. C'est la toile de fond de votre roman et nous allons découvrir Michel, qui va vouloir venger son frère victime de cette catastrophe. Pourquoi avoir voulu traiter ce sujet ?   Sorj Chalandon :   Paradoxalement c'est le livre ou je peux le moins prétendre à la part auto-biographique, je peux le...Une joie féroce de Sorj Chalandon - Livre - Suite