Guillemette de La Borie

Guillemette de La Borie

La dernière héritière

Portrait 6'38"

Philippe Chauveau : Bonjour Guillemette de La Borie.

Guillemette de La Borie : Bonjour Philippe Chauveau : Votre actualité, « La dernière héritière », vous êtes publiée chez Calmann Lévy. On va reparler de ce titre qui prend place dans une bibliographie déjà conséquente faite de romans, d'essais, de biographies. Avant l'écriture, il y a eu une autre vie qui était aussi l'écriture, vous avez été journaliste en presse jeunesse pour le groupe Bayard. Que gardez-vous de ces années durant lesquelles vous étiez au contact du jeune public ?

Guillemette de La Borie : Effectivement, j'ai commencé à écrire pour les enfants de 3 à 7 ans, et c'est une école formidable parce que chaque mot compte, parce que la justesse de l'émotion doit être là, tout de suite, parce que la construction doit être réfléchie et cela a été une école formidable. J'ai grandi au fur et à mesure de ma vie …

Philippe Chauveau : Et votre public a grandi aussi, on a trouvé votre plume dans Le Pèlerin notamment Guillemette de La Borie : Oui, j'ai terminé après 35 ans de journalisme, après La Croix, à Pèlerin. Avec un public plus âgé mais aussi pour lequel chaque mot doit avoir son sens. Philippe Chauveau : On l'a dit, le public, la presse magazine et puis l'envie d'écrire des biographies, que ce soit sur mère Teresa, sur Indira Gandhi, sur des femmes qui ont compté dans l'Histoire du monde, et puis l'écriture romanesque avec « Les dames de Tarnhac », votre premier titre en 2005. Pourquoi le romanesque fait-il son entrée dans votre parcours ?

Guillemette de La Borie : Parce que le roman permet de dire ce qui est encore plus vrai que le vrai. On peut ramasser dans un destin de femme des bouleversements... J'ai connu la fin d'une époque et aujourd'hui, j'ai l'impression que ma génération peut être le passeur de tout ce qui a changé et tout ce qui est encore là. On dit toujours qu'il faut avoir des racines pour comprendre l'avenir. J'ai vu un monde se terminer, dans lequel il y avait les racines et j'ai eu envie de l'expliquer à travers les destins de femmes.

Philippe Chauveau : Justement, vous parlez des bouleversements, des destins de femmes, c'est la cause féminine qui vous intéresse au fil des décennies, au fil des siècles ? Est-ce qu'il y a une part de militantisme dans votre travail?

Guillemette de La Borie : Non, il n'y a aucun militantisme. En fait, j'ai souvent essayé de camper des personnages, de me mettre à la place d'un homme pour raconter et je n'y arrive pas. Définitivement, je crois que j'ai besoin de rentrer à l'intérieur d'une psychologie qui me ressemble pour parler du monde. Mais cela n'empêche pas que les hommes aient toute leur place, surtout pendant une période de guerre. Ils ont des destins aussi forts. J'ai besoin, sans militantisme, de rentrer dans la psychologie d'une femme pour raconter le monde tel que je le vois.

Philippe Chauveau : Lorsque l'on suit votre bibliographie, il y a toujours des personnages féminins qui sont importants, des femmes souvent portées par le tourbillon de l'Histoire, mais des femmes aux destins et à la personnalité très fortes. On retrouve également un attachement, un ancrage dans ce que l'on peut appeler le terroir, les provinces de France ; le décor pour vous est important, et vous aimez aussi traiter de thématiques bien précises dans vos romans sur l'évolution de ces femmes qui sont confrontées à certains points bien précis de nos époques révolues.

Guillemette de La Borie : Après la biographie, après les histoires pour les enfants, j'avais très envie de parler de ma région, je suis née dans le Périgord et j'y passe beaucoup de temps. Cette connaissance intime, cette manière de pouvoir trouver avec acquis, me faire raconter tel ou tel aspect de la vie d'autrefois, c'est là que je l'ai trouvé. C'est une manière de rendre hommage à une terre qui m'a beaucoup donné.

Philippe Chauveau : Vous nous avez expliqué que le goût de l'écriture romanesque venait par l'envie de raconter des destins mais j'imagine qu'il y aussi des influences. Quelle lectrice êtes-vous ? Quels sont les grands souvenirs, les grandes découvertes littéraires dans votre adolescence, dans votre parcours de femme, y a-t-il eu des marqueurs ?

Guillemette de La Borie : Je pense à « Jalna », ce sont des sagas qui m'ont beaucoup marquée, plus personne ne lit « Jalna » de Mazo de la Roche. Il y avait cette idée de montrer comment de génération en génération, les destins étaient bousculés par la grande Histoire. Je pense aussi à une série que j'ai beaucoup aimée quand j'étais adolescente, « Les gens de Mogador ».

Philippe Chauveau : Tout le monde se rappelle des adaptations télévisées... Guillemette de La Borie : Oui c'est vrai. Il y a aussi eu des périgourdins, des périgourdines qui m'ont marquée, je me rappelle en lisant Puynègre et Fontbrune qui sont des livres où je me suis dit que j'aimerais rendre avec la même force les émotions, les parcours, les destins des hommes du XXe siècle.

Philippe Chauveau : Vous qui avez imaginé, raconté des histoires aux enfants dans la presse magazine, qui avez surement aussi raconté des histoires à vos quatre enfants, avez-vous l'impression vous êtes restée une conteuse dans l'âme ?

Guillemette de La Borie : Je pense que je sais mieux écrire que parler. Peut-être que justement j'ai besoin de passer par l'écriture et par la réflexion sur les mots et par le temps. Dans l’écriture, il n'y a pas l'immédiateté de la conteuse, qui raconte tout de suite. Peut-être que je me sens moins à l'aise qu'en ayant réfléchi à ce que je veux dire, au sens que je veux donner à travers les mots, par l'écrit.

Philippe Chauveau : Pourquoi cette envie de vous raccrocher à l'Histoire ?

Guillemette de La Borie : Je suis prof d'histoire à l'origine. J'ai enseigné pendant une dizaine d'années. l'Histoire, c'est ma formation donc effectivement c'est mon terreau. Peut-être aussi que je crois fondamentalement que pour être bien dans l'avenir, il ne s'agit pas de vivre dans le passé, mais pour comprendre où on veut aller dans l'avenir, il faut savoir d'où on vient.

Philippe Chauveau : Votre actualité, Guillemette de La Borie, « La dernière héritière », vous êtes publiée chez Calmann Levy.

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  • De son enfance en Périgord, Guillemette de la Borie a gardé le goût des paysages, des saisons, de l’indolence du temps qui s’égrène. Et si c’est à Paris qu’elle a construit sa vie, ce décor d’enfance est resté incontournable. Après avoir été enseignante en histoire-géographie, elle change de domaine d’activité au milieu des années 80 et devient journaliste. Elle signe dans la presse magazine, notamment Le Pèlerin, mais écrit aussi pour les enfants dans les revues jeunesse, de Pomme d’Api à Okapi. Des...La dernière héritière de Guillemette La Borie (de) - Présentation - Suite
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