Nicolas Beuglet

Nicolas Beuglet

L'île du Diable

Portrait 00'06'17"

Philippe Chauveau :
Bonjour Nicolas Beuglet
Vous êtes dans l'actualité avec « L’île du diable » aux éditions XO. Il y a eu deux autres précédents titres, « Le cri » et « Le complot ». Et puis, il y avait aussi un autre titre en 2011, chez un précédent éditeur. Mais auparavant, il y a eu un autre Nicolas Beuglet. Vous avez été journaliste, notamment en radio et en télévision, mais c'est vraiment l'auteur et le romancier qui m'intéressent aujourd'hui. Comment l'écriture et avant la lecture arrivent-t-elles dans votre vie avant tout ? C'est la bibliothèque ? C'est un prof ? Ce sont vos parents ? Comment découvrez-vous le livre ?

Nicolas Beuglet :
Certainement par ma mère qui me lisait des histoires comme à beaucoup d'enfants j'imagine. Et ensuite, il y a eu une professeure, je crois que c'était en cinquième, une prof de français, qui était très attachée aux rédactions, qui étaient libres à l'époque. Et mon premier souvenir d'envie d'écrire pour être lu, c'est à ce moment-là ; je me souviens avoir demandé à cette professeure de français, si elle avait aimé l'histoire ? Mon envie de raconter des histoires s'est vraiment forgée pendant cette période de l'adolescence.

Philippe Chauveau :
Vous avez eu un parcours professionnel qui est le vôtre. Puis, l'envie de l'écriture revient à la charge lorsque que vous êtes devenu adulte. Vous faites alors le choix du polar, du thriller. Pourquoi ce goût ? Déjà, en tant que lecteur, est-ce vers ce genre de littérature que vous allez ?

Nicolas Beuglet :
Non, en fait je lis assez peu de polars ou de thrillers. Pour être honnête, moi, mes lectures étaient beaucoup plus de l'héroïque fantaisie, du fantastique comme « L'Histoire sans fin » ou des choses comme ça, très immersives. Cela dit, quand j'ai lu le « Da Vinci Code », il y a quelques années, j'avais été à la fois hyper enthousiaste et profondément déçu parce que j'avais eu à la fois le plaisir unique de découvrir un pan de l'Histoire, en tout cas tel que Dan Brown le présentait, sur le christianisme etc. Je me disais : « Là, j'apprends des choses dans ce thriller. C'est formidable". Et, en même temps, j'avais été déçu par l'histoire qui ne m'intéressait pas tellement, j'avais l'impression qu'on savait déjà tout au milieu du roman. Donc, j'ai eu une espèce de frustration et je pense que cette frustration a nourri mon envie d'écrire un livre qui pourrait répondre à mes attentes : à la fois apprendre des choses au lecteur avec si possible une bonne histoire. Je ne sais pas si j’y suis parvenu mais je sais que cette envie de passer du cap de l’envie d'écrire à la concrétisation du livre est née de ce petit agacement.

Philippe Chauveau :
Le premier livre que vous publiez en 2016 sous votre propre nom c'est « Le cri » qui sera suivi de « Complot » et maintenant « L'île du diable » avec un personnage récurrent, Sarah Geringën. Vous allez nous emmener dans les pays du Nord, la Norvège notamment. Avant de parler de votre personnage, j'aimerais avoir votre ressenti sur ces littératures du Nord dont on parle beaucoup. Est-ce que cela a pu vous influencer. Qu'est-ce qui vous donne envie d'emmener votre lecteur dans ces contrées lointaines ?

Nicolas Beuglet :
C’était pour surfer sur la vague, me faire un maximum d'argent facile car ça marchait très bien à l'époque ! C'est exactement ce que je me pensais qu'on allait me dire quand j'ai su que j'allais situer mon intrigue du « Cri » en Norvège. Mais en fait, la raison pour laquelle l’histoire se déroule là-bas est totalement étrangère à cette volonté de surfer sur une vague. Elle est liée à mon envie d'ancrer l'histoire dans le réel. Tout simplement parce que dans « Le cri », au cœur de l'intrigue, il y a un projet mené par la CIA, des secrets sur des expériences assez sordides et j'ai décidé tout simplement de situer mon histoire là où l'Histoire avec un grand H avait eu lieu.
C’est pour cela que c'est en Norvège. Si j'avais découvert que ce projet s'était déroulé dans d'autres pays, en Afrique ou ailleurs, le livre se passerait en Afrique.

Philippe Chauveau :
Justement, c'est un peu là où je voulais vous vous emmener ! A travers vos romans il y a ce personnage récurrent, cette policière Sarah Geringën. Non seulement vous faites preuve d'une maîtrise en tant que romancier mais il y a aussi la patte du journaliste parce que ce n'est pas une lecture gratuite. Lorsqu'on découvre les intrigues, on a envie d'en savoir plus, on a envie d'aller chercher vos sources pour comprendre quelles sont ces histoires dont vous nous parlez et on sent qu'il y a toujours le journaliste qui veut mettre le doigt sur un sujet un peu enfoui au milieu des dossiers.

Nicolas Beuglet :
C'est exactement ça. Quand je cherche un sujet, je cherche vraiment l'éléphant dans la pièce, je cherche un sujet qui est énorme mais qu'on n’a pas vu, ou peu vu, et qui va devenir le cœur le cœur de mon intrigue. C'est quelque chose qui m'anime. Moi, je dois m'enthousiasmer et je dois me dire : « Mais ce n'est pas possible que je sois passé à côté de quelque chose comme ça ! ». Après vient l'envie de le partager. Tous les faits historiques scientifiques des livres sont vrais. Après, l'intrigue, c'est moi qui la tricote. Mais vous avez les moyens de vérifier la véracité des informations.

Philippe Chauveau :
Deux questions en une. Pourquoi un personnage récurrent que l'on retrouve dans « Le cri », « Le complot » et maintenant « L'île du diable » ? Et pourquoi avoir choisi une héroïne plutôt qu’un flic masculin ?

Nicolas Beuglet :
J’ai choisi un personnage féminin parce que je ne serai jamais une femme. J'avais envie de me mettre dans la peau d'un personnage que je ne serai jamais. En tant qu'auteur, c'est vraiment intéressant. Et puis, j'ai choisi Sarah avec ce caractère très froid et distant. Elle ne serre la main à personne parce qu'elle veut garder toute son objectivité. Si un jour il m'arrivait un problème au niveau judiciaire, ce que je ne souhaite pas, j'aimerais que ce soit ce genre de femme qui s'occupe de l'affaire. Enfin, la raison pour laquelle on la retrouve sur plusieurs livres, c'est que Sarah a une particularité : certes, elle ne parle pas beaucoup, elle ne dit pas grand-chose sur elle mais surtout, plus intéressant encore, elle ne sait pas tout sur elle-même. Il y a une partie de sa personnalité, en tout cas de son passé, qui agit sur elle sans qu'elle comprenne pourquoi. Elle porte une lourde culpabilité mais elle n'arrive pas à l'inscrire dans sa propre histoire. Elle ne sait pas d'où cela vient et c'est quelque chose qu'elle traîne comme ça. Dans « L'île du diable », on va enfin comprendre d'où vient cette lourde culpabilité. Voilà pourquoi Sarah avait besoin d'être explorée sur trois livres.

Philippe Chauveau :
Sarah Geringën que l'on retrouve dans ce nouvel opus « L'île du diable ». C'est votre actualité, Nicolas Beuglet. Vous êtes publié aux éditions XO.

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  • Le visage de Nicolas Beuglet ne vous est sans doute pas inconnu. On a pu le voir notamment en tant que journaliste et présentateur sur M6. Mais c’est aujourd’hui à l’écriture que Nicolas Beuglet a choisi de consacrer son temps. Et dans un genre bien précis, le polar nordique. Mais loin de vouloir imiter ce qui a déjà été fait, il a su créer un univers bien à lui. Après un premier roman publié sous pseudo, il est révélé au grand public en 2016 avec « Le cri », On y découvre l’inspectrice norvégienne Sarah...L'île du Diable de Nicolas Beuglet - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau :Bonjour Nicolas Beuglet Vous êtes dans l'actualité avec « L’île du diable » aux éditions XO. Il y a eu deux autres précédents titres, « Le cri » et « Le complot ». Et puis, il y avait aussi un autre titre en 2011, chez un précédent éditeur. Mais auparavant, il y a eu un autre Nicolas Beuglet. Vous avez été journaliste, notamment en radio et en télévision, mais c'est vraiment l'auteur et le romancier qui m'intéressent aujourd'hui. Comment l'écriture et avant la lecture arrivent-t-elles dans...L'île du Diable de Nicolas Beuglet - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau :On avait découvert Sarah Geringën, ce personnage, ette femme flic norvégienne, dans « Le cri ». Puis, on l'a retrouvée dans « Le complot ». La revoici dans « L'île du diable ». Je précise que si on a aimé « Le cri » et si on a aimé « Le complot », on va adorer « L'île du diable ». Mais si on n'a pas lu ces deux précédents titres, on peut quand même se lancer dans « L'île du diable » puisque dans les premières pages, vous repositionnez votre personnage. Mais forcément, c'est...L'île du Diable de Nicolas Beuglet - Livre - Suite