Romain Sardou

Romain Sardou

Fraülein France

Portrait 4'46

Bonjour Romain Sardou.
Bonjour.
J'ai grand plaisir à vous retrouver parce qu'a chaque fois qu'on est ensemble, on sait qu'on va voyagerr dans le temps. Que ce soit « America » avec les Amériques du XVIIIème siècle,
que ce soit « Pardonnez nos offenses » pour l'époque médiévale ou encore l'action que vous aviez placés dans la Rome antique.Aujourd'hui avec « Fräulein France », nous sommes dans le Paris des années 40.
Pourquoi toujours placer vos intrigues dans une époque éloignée dans l'histoire avec un h majuscule ? C'est une façon pour vous de vous éloigner de la réalité du quotidien ?
Oui ou d'y revenir parfois puisqu'en allant dans l'histoire, on trouve des choses qu'on peut relier au quotidien, qu'on peut relier à l'actualité, à l'histoire contemporaine.
Même en remontant au Moyen Age, même en remontant dans la Rome antique. Mais surtout c'est que je suis venu à la littérature par la lecture et principalement par la lecture de roman historique, c'est toujours quelque chose qui m'a fasciné, que ce soit Walter Scott, Dumas, Eugène Sue.
Ce que j'aimais dans ces romans historiques, c'était à la fois le plaisir de la trame romanesque, du rebondissement, de l'aventure, qui est une chose mais aussi le fait que les enjeux d'une époque ressortent dans cette histoire,
des figures, des personnages ressortent. Je les ai découvert comme ça. C'est à dire que je pouvais partir d'un roman de Walter Scott sous Louis XI, j'adore le livre seulement j'ai 12-13 ans
je ne sais pas bien qui est Louis XI donc je vais voir après. Ça ouvre la curiosité de manière absolument formidable.
Je le disais en préambule, l'époque de la Rome Antique, l'époque médiévale, aujourd'hui l'époque contemporaine avec le second confit mondial. Toutes les époques historiques vous intéressent ou vous avez des époques de prédilection ?
Ma période de prédilection c'est le XIIIème siècle, c'est même plus précis que ça puisque ce sont les 30 dernières années du XIIIème siècle où il y a ce qu'on a appelé une mini-renaissance qui a avorté très vite. Il y a énormément de choses nouvelles.
De nouvelles façons de voir le monde naissent au sein de l'église et ce sont toutes ces idées qui, un siècle et demi plus tard vont faire la renaissance, la vraie renaissance.
Il y a une petite parenthèse dans le Moyen Age qui est absolument passionnante et sur laquelle j'ai déjà consacré 2 livres et dont je consacrerai d'autres livres encore parce que c'est vraiment une période dont j'ai pas fait le tour.
On sent aussi que l'époque que vous choisissez n'est pas un simple décor, c'est à dire que vous travaillez énormément, que vous faites beaucoup de recherches pour situer, pour bien placer vos personnages dans le contexte historique.
Bien sûr parce que je veux vraiment que les enjeux de l'époque et les enjeux de l'histoire soient les mêmes, se répondent.
Mais vous vous régalez aussi parce que vous aimez ça.
Non mais j'adore ça. Mais ce que j'adore surtout, c'est faire ce travail de documentation, de recherche et toujours de découvrir ce que je ne cherchais pas. Je pars tout le temps à la recherche de quelque chose.
Pour ce livre, je me souviens très bien que j'avais pris 2 livres d'historiens sur la manière dont les femmes s'habillaient pendant l'occupation parce que j'en avais besoin pour mes personnages.
Dans ces livres là je vais trouver quelque chose qui n'a rien à voir avec les costumes, qui n'a rien à voir avec les vêtements mais qui, hop va déclencher quelque chose qui va devenir plus important dans mon livre que ce que je cherchais au début.
C'est pour ça qu'il est hors de question de faire faire ma documentation par quelqu'un d'autre parce que si je demande à un universitaire « Trouve moi des informations sur les vêtements de l'époque »,
il va me les donner mais il va pas trouver ce que moi j'aurai trouvé dans cette recherche, le petit détail qui était imprévu.
Lorsque l'on fait le choix de l'écriture de roman historique, on peut aussi parfois se laisser emporter par le contexte historique et vouloir montrer...
Ah mais ça ça m'arrive à chaque fois. Ça ça m'arrive à chaque livre, il y a toujours un moment où l'histoire prend trop de place dans mon roman.
Vous le ressentez ça ?
Ah oui et puis c'est ma femme et mon éditeur qui veillent sérieusement. Il y a toujours un moment où je me laisse déborder parce qu'effectivement, à force de découvrir des choses, des fois c'est des petits détails, parfois ce sont des grandes causes expliquées par de petits effets.
J'ai envie de tout mettre. C'est d'une gourmandise les informations historiques. Je larde beaucoup le livre de ça. Il y a toujours une période, généralement au bout d'un an d'écriture où mon intrigue se perd dans trop de considérations historiques.
Ce que le lecteur apprécie aussi dans vos romans, c'est l'ambiguité de vos personnages, ils ont tous des faces plus ou moins sombres. Des petits détails que vous allez nous faire découvrir au fil des pages.
Finalement tout cela est très moderne, très contemporain. L'histoire est un éternel recommencement ?
Je ne crois pas que l'histoire se répète. J'y crois pas du tout en fait. Ce qui se répète, ce sont les passions humaines, ça oui l'homme n'a pas beaucoup changé depuis la Rome Antique.
Les passions humaines individuelles et collectives sont assez les mêmes, les réflexes sont assez les mêmes. Maintenant je refuse complètement cette idée que l'histoire se répèterait point par point parce qu'a chaque fois dès qu'on creuse un événement historique,
on s'aperçoit qu'il y a énormément de raisons et d'éléments sous jacents qui n'ont rien à voir les uns avec les autres. A ce moment là tout se vaudrait et ce n'est vraiment pas le cas.
Votre actualité Romain Sardou, « Fräulein France », c'est aux éditions XO.

Philippe Chauveau :
Bonjour Romain Sardou.

Romain Sardou :
Bonjour.

Philippe Chauveau :
J'ai grand plaisir à vous retrouver parce qu'a chaque fois qu'on est ensemble, on sait qu'on va voyagerr dans le temps. Que ce soit « America » avec les Amériques du XVIIIème siècle, que ce soit « Pardonnez nos offenses » pour l'époque médiévale ou encore l'action que vous aviez placés dans la Rome antique. Aujourd'hui avec « Fräulein France », nous sommes dans le Paris des années 40. Pourquoi toujours placer vos intrigues dans une époque éloignée dans l'histoire avec un h majuscule ? C'est une façon pour vous de vous éloigner de la réalité du quotidien ?

Romain Sardou :
Oui ou d'y revenir parfois puisqu'en allant dans l'histoire, on trouve des choses qu'on peut relier au quotidien, qu'on peut relier à l'actualité, à l'histoire contemporaine. Même en remontant au Moyen Age, même en remontant dans la Rome antique. Mais surtout c'est que je suis venu à la littérature par la lecture et principalement par la lecture de roman historique, c'est toujours quelque chose qui m'a fasciné, que ce soit Walter Scott, Dumas, Eugène Sue. Ce que j'aimais dans ces romans historiques, c'était à la fois le plaisir de la trame romanesque, du rebondissement, de l'aventure, qui est une chose mais aussi le fait que les enjeux d'une époque ressortent dans cette histoire, des figures, des personnages ressortent. Je les ai découvert comme ça. C'est à dire que je pouvais partir d'un roman de Walter Scott sous Louis XI, j'adore le livre seulement j'ai 12-13 ans je ne sais pas bien qui est Louis XI donc je vais voir après. Ça ouvre la curiosité de manière absolument formidable.

Philippe Chauveau :
Je le disais en préambule, l'époque de la Rome Antique, l'époque médiévale, aujourd'hui l'époque contemporaine avec le second confit mondial. Toutes les époques historiques vous intéressent ou vous avez des époques de prédilection ?

Romain Sardou :
Ma période de prédilection c'est le XIIIème siècle, c'est même plus précis que ça puisque ce sont les 30 dernières années du XIIIème siècle où il y a ce qu'on a appelé une mini-renaissance qui a avorté très vite. Il y a énormément de choses nouvelles. De nouvelles façons de voir le monde naissent au sein de l'église et ce sont toutes ces idées qui, un siècle et demi plus tard vont faire la renaissance, la vraie renaissance. Il y a une petite parenthèse dans le Moyen Age qui est absolument passionnante et sur laquelle j'ai déjà consacré 2 livres et dont je consacrerai d'autres livres encore parce que c'est vraiment une période dont j'ai pas fait le tour.

Philippe Chauveau :
On sent aussi que l'époque que vous choisissez n'est pas un simple décor, c'est à dire que vous travaillez énormément, que vous faites beaucoup de recherches pour situer, pour bien placer vos personnages dans le contexte historique.

Romain Sardou :
Bien sûr parce que je veux vraiment que les enjeux de l'époque et les enjeux de l'histoire soient les mêmes, se répondent.

Philippe Chauveau :
Mais vous vous régalez aussi parce que vous aimez ça.

Romain Sardou :
Non mais j'adore ça. Mais ce que j'adore surtout, c'est faire ce travail de documentation, de recherche et toujours de découvrir ce que je ne cherchais pas. Je pars tout le temps à la recherche de quelque chose. Pour ce livre, je me souviens très bien que j'avais pris 2 livres d'historiens sur la manière dont les femmes s'habillaient pendant l'occupation parce que j'en avais besoin pour mes personnages. Dans ces livres là je vais trouver quelque chose qui n'a rien à voir avec les costumes, qui n'a rien à voir avec les vêtements mais qui, hop va déclencher quelque chose qui va devenir plus important dans mon livre que ce que je cherchais au début. C'est pour ça qu'il est hors de question de faire faire ma documentation par quelqu'un d'autre parce que si je demande à un universitaire « Trouve moi des informations sur les vêtements de l'époque », il va me les donner mais il va pas trouver ce que moi j'aurai trouvé dans cette recherche, le petit détail qui était imprévu.

Philippe Chauveau :
Lorsque l'on fait le choix de l'écriture de roman historique, on peut aussi parfois se laisser emporter par le contexte historique et vouloir montrer...

Romain Sardou :
Ah mais ça ça m'arrive à chaque fois. Ça ça m'arrive à chaque livre, il y a toujours un moment où l'histoire prend trop de place dans mon roman.

Philippe Chauveau :
Vous le ressentez ça ?

Romain Sardou :
Ah oui et puis c'est ma femme et mon éditeur qui veillent sérieusement. Il y a toujours un moment où je me laisse déborder parce qu'effectivement, à force de découvrir des choses, des fois c'est des petits détails, parfois ce sont des grandes causes expliquées par de petits effets. J'ai envie de tout mettre. C'est d'une gourmandise les informations historiques. Je larde beaucoup le livre de ça. Il y a toujours une période, généralement au bout d'un an d'écriture où mon intrigue se perd dans trop de considérations historiques.

Philippe Chauveau :
Ce que le lecteur apprécie aussi dans vos romans, c'est l'ambiguité de vos personnages, ils ont tous des faces plus ou moins sombres. Des petits détails que vous allez nous faire découvrir au fil des pages. Finalement tout cela est très moderne, très contemporain. L'histoire est un éternel recommencement ?

Romain Sardou :
Je ne crois pas que l'histoire se répète. J'y crois pas du tout en fait. Ce qui se répète, ce sont les passions humaines, ça oui l'homme n'a pas beaucoup changé depuis la Rome Antique. Les passions humaines individuelles et collectives sont assez les mêmes, les réflexes sont assez les mêmes. Maintenant je refuse complètement cette idée que l'histoire se répèterait point par point parce qu'a chaque fois dès qu'on creuse un événement historique, on s'aperçoit qu'il y a énormément de raisons et d'éléments sous jacents qui n'ont rien à voir les uns avec les autres. A ce moment là tout se vaudrait et ce n'est vraiment pas le cas.

Philippe Chauveau :
Votre actualité Romain Sardou, « Fräulein France », c'est aux éditions XO.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • Chez les Sardou, la fibre artistique et créatrice se transmet de générations en générations. Le génial Victorien Sardou qui écrivit de nombreuses pièces de théâtre, dont Tosca qui inspira Puccini, l'accent chantant et gouailleur de Fernand et Jackie Sardou, les succès populaires de leur fils Michel, la famille est habituée à tenir le haut de l'affiche. La nouvelle génération ne déroge pas à la règle et les deux fils de Michel Sardou suivent les traces de leurs ainés. Davy Sardou est un comédien reconnu. Quant à son...Rediffusion des escales littéraires en partenariat avec le Crédit Mutuel Océan de Romain Sardou - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau :Bonjour Romain Sardou.Romain Sardou :Bonjour.Philippe Chauveau :J'ai grand plaisir à vous retrouver parce qu'a chaque fois qu'on est ensemble, on sait qu'on va voyagerr dans le temps. Que ce soit « America » avec les Amériques du XVIIIème siècle, que ce soit « Pardonnez nos offenses » pour l'époque médiévale ou encore l'action que vous aviez placés dans la Rome antique. Aujourd'hui avec « Fräulein France », nous sommes dans le Paris des années 40. Pourquoi toujours placer vos intrigues dans une...Rediffusion des escales littéraires en partenariat avec le Crédit Mutuel Océan de Romain Sardou - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau :Et dans ce nouveau titre, Romain Sardou, « Fraulein France », vous nous entrainez donc au cœur du Paris, Paris occupé, le Paris de 1940, nous allons rencontrer une jeune femme charmante, superbe, sublime, à telle point que tout les gradés nazis en poste à Paris sont fou d'elle parce que cette jeune femme a choisi de vendre ses charmes dans l'une des maisons closes les plus cotés de l'époque « le Sphinx ». Difficile de parler de mademoiselle France sans trop dévoiler l'intrigue du roman, d'où...Rediffusion des escales littéraires en partenariat avec le Crédit Mutuel Océan de Romain Sardou - Le livre - Suite