Jean des Cars

Jean des Cars

Elizabeth II, la Reine

Portrait 7'21

Philippe Chauveau : Merci d'avoir accepté notre invitation, votre actualité chez Perrin « Elizabeth II, la Reine ». Avant de revenir sur cette actualité j'aimerais que nous évoquions la mémoire littéraire qui parfois est un petit peu cruelle. On sait que votre père, Guy des Cars, fut un auteur renommé, prolixe, réputé dans les années 50-60-70 et aujourd'hui ses titres sont pratiquement oubliés. Comment vivez-vous cela ? Et que vous inspire cet oubli collectif ?

Jean des Cars : Un petit additif, nous fêtons les soixante ans de la collection « J'ai Lu ». En 1958, Henri Flammarion avait proposé à papa de mettre des livres dans des endroits différents des librairies pour étendre la notoriété. Beaucoup d'écrivains convenables et des académiciens ont dit « Comment ? Ailleurs que dans des librairies ? » et papa a dit : « Moi je veux bien être dans des magasins à prix unique, entre les soutien-gorges et les casseroles ce sera bien d'avoir des livres ». Pour conclure, c'était un visionnaire, il a vu arriver beaucoup des phénomènes de notre société. Je l'ai vu écrire. Il y a plus de 35 ans devant moi, il me dit : « J'ai un titre de livre » à la suite d'un fait divers bizarre, « La mère porteuse », c'est lui qui a lancé l'expression. L'insémination artificielle, les ravages de la chirurgie esthétique, les drames de l'adoption, la décolonisation avec le très beau livre « Sang d'Afrique », « Le grand monde », « La tricheuse », « La brute », « L 'impure » qui est une histoire vraie… Cent millions de lecteurs et évidemment la haine et les sarcasmes de la critique et des bien-pensants.

Philippe Chauveau : Oublions les clichés et redécouvrons peut être l'écriture et l'oeuvre de votre père Guy des Cars. Vous, c'est l'Histoire qui vous a toujours passionné Jean des Cars. Est-ce dû au fait que votre famille a toujours été liée à la grande Histoire de France ou est-ce une découverte avec un professeur ou un livre dans une bibliothèque familiale, pourquoi cette passion pour l'histoire ?

Jean des Cars : J'ai entendu parler d'Histoire avec certains personnages de notre famille qui ont été au service des Rois de France, dont certains ont fait des actions d'éclat et se sont bien comportés mais j'ai eu la chance d'avoir au Lycée Condorcet un fantastique professeur d'histoire Monsieur Désiré Brelingard qui était limousin, comme la famille des Cars, c'est un village près de Limoge. Nous étions des chahuteurs en 3e, 2nde, 1ere... Quand il arrivait il posait sa serviette, il posait sa pipe, son chapeau, il commençait à parle et on s'arrêtait. Ce n'est pas tout d'avoir le savoir, il faut le restituer, Guy des Cars est mort dans mes bras en me disant : « Quand tu écris, quand tu parles, transmets, va vers les autres ! ». Et moi, mon plaisir, et j'estime ma mission, c'est de transmettre. J'aime beaucoup accumuler, je suis resté un journaliste, un enquêteur dans l'âme, pendant 35ans envoyé spécial de Paris Match puis du Figaro Magazine un peu partout, notamment en Europe alors communiste. J'aime transmettre ce que j'ai eu la chance de recueillir ou d'apprendre.

Philippe Chauveau : Si je vous entends bien, il faut maîtriser son histoire pour connaître son présent et appréhender son avenir, c'est votre message ? Jean des Cars : Oui, absolument. Dans les évènements récents en France qui sont très bouleversants et à l'heure où je vous parle, je suis accablé par l'ignorance d'un certain nombre de points de repères de l'Histoire de France. Je pense que cela vient du massacre de la chronologie qui a été fait à l'Education nationale car sans chronologie, il ne peut pas y avoir d'Histoire honnête. Philippe Chauveau : Rappelons le, Jean des Cars, vous êtes journaliste, avec un grande carrière et ensuite vous avez beaucoup publié avec tous ces livres, notamment sur Sissi qui a votre préférence me semble-t-il. Vous avez écrit de nombreux ouvrages, mais y-a-t-il une différence, selon vous, entre le Jean des Cars journaliste et le Jean des Cars historien et essayiste ?

Jean des Cars : Non parce que lorsque j'étais envoyé spécial, que j'avais cette chance d’évoluer dans une Europe qui était encore communiste, mais c’était la même choses lorsque j'étais au Japon, aux Etats-Unis ou en Amérique du Sud, j'ai toujours insisté sur la connaissance historique et la connaissance géographique ; j'étais absolument accablé que des journalistes ne sachent pas où ils avaient été ou confondaient, même si je sais bien que ce n'est pas facile, la Slovaquie et la Slovénie. D'où des gaffes quelquefois grandioses. Il y en a eu une récemment, absolument consternante, qui a été par les autorités françaises, au moment du centenaire de l'Armistice de 1918. On a demandé au président de la Serbie de descendre de la photo officielle, on s'est trompé, on a oublié que le Roi Pierre Ier de Serbie, qui a servi à Paris, avait été un allié de la France. C'est vous dire si la méconnaissance historique est la source de catastrophes, de conflits, de bêtise. Il y a beaucoup de choses au nom de la bêtise aujourd'hui…

Philippe Chauveau : Si vous deviez rencontrer un personnage historique du passé, quel est le personnage que vous aimeriez croiser ?

Jean des Cars : Je pense que j'aurais aimé rencontrer Napoléon parce que c'est un homme qui a compris qu'il fallait solder la révolution française, ses horreurs, ses crimes, ses évolutions, ses réussites, et qu'il fallait remettre la France en ordre. Même si on sait comment cela s'est terminé. Si vous voulez, pour prendre un parallèle qui pourrait faire sursauter, je pense que la Russie du président Poutine, qui ne cherche pas à envahir la Pologne ou qui que ce soit à mon avis, lorsqu'elle a commencé à s'éveiller, c’était un peu la France de 1815. Il faut qu'on garde ce qui a été bien, on efface pas le passé, mais maintenant, ça suffit, un peu d'ordre ! Napoléon a dit des choses très justes sur le caractère des gens, des hommes, des femmes. Il y a le penseur politique, le penseur humain, le stratège bien entendu. Dans ma famille on n'était pas du tout bonapartiste mais l'homme est tout de même très fascinant parce que ce qu'il a recueilli, c'était un pays absolument déchiré.

Philippe Chauveau : Votre actualité Jean des Cars, avec un autre grand personnage s'il en est : « Elizabeth II, la Reine » aux éditions Perrin.

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  • Son père, Guy des Cars, fut l'un des auteurs les plus prolixes et l'un des plus renommés des années 50 et 60 avant que ses titres ne tombent dans l'oubli. Son fils, Jean des Cars, a lui aussi trouvé le chemin des librairies mais dans un tout autre registre. La passion de Jean des Cars c'est l'Histoire et plus spécifiquement l'histoire des dynasties de 1850 à 1950. On lui doit une bibliographie déjà conséquente avec des ouvrages sur les Windsor, sur les Romanov, sur les Grimaldi, ou encore des biographies sur l'impératrice...Elizabeth II, la Reine de Jean Des Cars - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau : Merci d'avoir accepté notre invitation, votre actualité chez Perrin « Elizabeth II, la Reine ». Avant de revenir sur cette actualité j'aimerais que nous évoquions la mémoire littéraire qui parfois est un petit peu cruelle. On sait que votre père, Guy des Cars, fut un auteur renommé, prolixe, réputé dans les années 50-60-70 et aujourd'hui ses titres sont pratiquement oubliés. Comment vivez-vous cela ? Et que vous inspire cet oubli collectif ? Jean des Cars : Un petit additif, nous fêtons les...Elizabeth II, la Reine de Jean Des Cars - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau : Dans une production littéraire déjà conséquente, Jean des Cars, vous nous aviez habitués à évoquer des personnages historiques du passé et là, curieusement, même si vous avez aussi parlé des Grimaldi ou de différentes familles toujours régnantes, c'est la première fois que vous nous proposez la biographie d'un personnage encore vivant, à savoir Elizabeth II, sous-titré la Reine. Jean des Cars : Parce qu'avec 66 ans de règne au moment où nous parlons, à mon avis, elle est déjà entrée dans...Elizabeth II, la Reine de Jean Des Cars - Livre - Suite