Olivier Adam

Olivier Adam

Dessous les roses

Portrait 00'07'39"

Philippe:
Bonjour Olivier ! Dessous les roses, votre 15ᵉ titre. C'est aux éditions Flammarion. 15ᵉ titres allez, c'est l'occasion de faire un petit rappel. C'était en 2000 qu'on vous a découvert : « Je vais bien ne t’en fait pas ».

Olivier:
Oui, premier roman. J'avais 25 ans au Dilettante « Je viens de t'en fais pas ». Et puis c’était un livre qui a eu une belle histoire. Parce que…

Philippe:
Une adaptation.

Olivier:
Il a été adapté six ans plus tard. Et puis le film a été un très gros succès.

Philippe:
Vous gardez quoi comme images ? La première fois que vous voyez la couverture dans la vitrine d'une librairie. C’est un point de départ, c'est un point d'arrivée, c’est quoi pour vous ?

Olivier:
C'était magique. D'abord parce que c’était… Jamais je n'aurais pensé vraiment que c'était possible d’une certaine manière. J'écrivais et j'envoyais mes textes aux éditeurs. Mais il y avait un truc. Ça me semblait un objectif un peu hors de portée, je ne sais. Je me disais que c'était pour les autres. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Mais. Mais, et donc le livre en vrai, chez un éditeur qui publiait des gens que j'admirais, soit des auteurs anciens Henri Calet, Raymond Guérin, Verneau ou Eric Holder, ou des gens comme ça, c'était incroyable. Et puis les premiers papiers, je me rappelle encore un papier dans Le Monde papier dans Télérama, un papier dans Libé. C'était complètement dingue. Et en même temps, je l'ai quand même toujours vécu comme un, comme un point de départ. Moi, c'était un un, je considérais oui que c'était c'était. J'espérais que ce sera le début d'un parcours.

Philippe:
D'un parcours qui s'est confirmé avec des prix, avec une reconnaissance du public, des critiques, « Les Lisières », « Le Cœur régulier » et tous ces autres titres qui font partie maintenant de votre bibliographie. Vous faites aussi partie de ces auteurs pour lesquels le public a un réel attachement, c'est à dire que vos livres sont attendus et c'est un peu comme si vous faisiez partie de la famille. Vous avez, vous le ressentez vous aussi comme ça ? Est ce que vous sentez cet attachement qu'on vous porte ?

Olivier:
Oui oui, j’en suis très heureux. Parce que bon, d'abord, la presse, la réception critique et tout ça, ça fluctue. Il y a des choses qui ne sont pas liées réellement au livre. Je pense aussi des modes, des effets de groupe, etc.


Philippe:
Je crois qu'il faut mettre de côté et la presse et le public. Et le public ne vous a jamais lâché.


Olivier:
Oui mais on écrit pour les gens quoi vraiment ? Enfin moi j'écris pour les gens, j'écris sur les gens, sur la vie.

Philippe:
Et alors justement, vous pensez que cet attachement il est lié à ça ? C'est que vous, vous nous parlez de nos vies. Vous nous parlez de nous même, mais avec une sensibilité qu'on n'ose peut être pas admettre.

Olivier:
Je fait une littérature de personnages surtout, et plus que d'histoires, je raconte aussi des histoires mais c'est quand même mes personnages et leurs failles et leurs élans, et leurs difficultés, qui trouvent un effet de miroir. Mais de miroir, moi, quand je lis, je lis des livres pour savoir comment on vit, et comme on fait, et j'écris là dessus aussi.

Philippe:
Justement, puisque vous le dites, vous qui aimez ausculter la psychologie de vos de vos personnages, qui aimez creuser ce terreau, vous auriez pu faire un autre métier. Vous auriez pu être psychologue, vous auriez pu être curé. Vous auriez pu faire quoi pour aller chercher ce qu'il y a au plus profond de nous mêmes ?

Olivier:
Je ne sais pas ce que j'aurais pu faire d'autre, franchement. Mais mais oui, psy, ça m'aurait passionné, ça c'est sûr. À la foi, je ne sais pas. Je sais pas comment dire. Je n'ai pas le bagage pour ça. Je n'ai pas fait d'études, je ne lis pas d'ouvrages là dessus et tout ça. Mais ça me passionne de d'écouter les gens et parfois de décrypter ce que eux-mêmes ne voient pas quoi.

Philippe:
Vous avez toujours ressenti ça, ce besoin d'observer les gens, de décrypter qui ils étaient ? Est ce que c'est quelque chose qui vous porte depuis toujours ? Ou est ce que c'est vraiment depuis que vous êtes romancier ?

Olivier:
Non. C'est une disposition. Ce n'est pas un don, ni un talent tout ça, c'est aussi une manière d'être, de se tenir toujours à la fois parmi les autres, mais légèrement à côté, en observateur. C'est ce que Geneviève Brisac appelait la marche du cavalier aux échecs. C’est-à-dire un pas devant et un pas de côté. Toujours ce pas de côté pour regarder les choses se faire, les décrypter, chercher les choses derrière les choses. Et moi, j'ai toujours été comme ça. Je me suis toujours tenu, j’évoluais dans ma propre vie, mais toujours légèrement à côté.

Philippe:
Comment née un roman d'Olivier Adam ?

Olivier:
Il née à la mer, ça c'est une chose toujours. Il née quand m'apparaissent à la fois un lieu et des personnages, quelqu'un quelque part. Quelqu’un quelque part, c'est toujours le point de départ. Quelqu’un quelque part et ensuite c'est comme une enquête, qu’est ce qu’a à dire ce quelque part. Qu'est ce qu'il a à dire de singulier et de collectif à la fois ? Parce que tous les lieux contiennent la société française et en même temps ont leurs histoires spécifiques. Et puis ce quelqu'un, presque je l'interroge, je lui dit : « Qui es tu et qu'est ce que tu fous là ? ».

Philippe:
Au delà de ce que vos romans apportent et ont apporté à vos lecteurs ? Vous même, ces quinze titres qui sont maintenant dans les bibliothèques, que vous ont ils apportés ? Est ce que est ce que ça a été une stabilité ? Est ce que ce sont vraiment ces romans qui vous ont construit, qui vous qui font ce que vous êtes aujourd'hui à titre personnel ?

Olivier:
Je ne sais pas vivre autrement de toute façon. Vous savez, se pose souvent la question de ma productivité parce que j'ai publié quinze romans, plus un roman photo entre guillemets en vingt-deux ans maintenant. Si j’ajoute les romans jeunesse qui sont nombreux, s'y ajoutent tous les travaux que je fais dans l’ombre ou moins, dans l'ombre au cinéma. Mais en fait, moi, je ne sais pas comment font les autres auteurs pour écrire un livre tous les quatre ans ou tous les cinq ans. C'est juste moi, je suis quelqu'un qui écrit.

Philippe:
Et plus largement, selon vous, Olivier Adam, aujourd'hui, c'est quoi la place du romancier dans notre, dans notre société ? En quoi les romanciers nous sont ils utiles ?

Olivier:
Moi, je ne sais pas à quoi je suis utile, mais les romanciers que je lis, je sais à quoi ils me servent. Ils apprennent à vivre. J'apprends la vie dans les livres. J'apprends la vie dans les romans, j'apprends sur moi même, j'apprends sur les autres. Balzac disait : « oui vivre pour vivre mille vies », Carrère dirait : « vivre pour vivre d'autres vivre la sienne. » Oui, il y a cette idée que notre champ de vision en dépit des grandes capacités de notre cerveau, il est limité à notre propre cerveau et à notre propre perception des choses. Chausser entre guillemets le cerveau de personnages ou d'autres quand c’est l’écrivain l'écrivain et le personnage lui même pour voir les choses sous un autre angle ou se mettre à la place de, c’est une possibilité tout à coup d'élargir considérablement son champ de conception et d'appréhension des choses, mais l'élargir en faisant aussi place au corps, à l'incarnation, à l'empathie, à la perception, à l’émotion aussi voilà. Le ressentir de manière presque physique et émotionnelle. Moi quand je lis un bon roman, j'ai vraiment l'impression de vivre les choses quoi.

Philippe:
Ce qui prouve que le roman reste indispensable à nos vies. Votre actualité Olivier Adam, ça s'appelle « Dessous les roses », c'est aux éditions Flammarion.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • Avec quinze titres en littérature générale à son actif, Olivier Adam s’est imposé comme un écrivain majeur de sa génération, regroupant autour de lui un public fidèle attaché autant à la personnalité de l’auteur qu’à la qualité de son écriture et aux sujets abordés.C’est en janvier 2000 que parait son premier titre, « Je vais bien ne t’en fais pas », formidable succès de librairie qui sera l’occasion d’une adaptation cinématographique très réussie. Suivront d’autres romans primés ou sélectionnés...Dessous les roses d'Olivier Adam - Présentation - Suite
    Philippe:Bonjour Olivier ! Dessous les roses, votre 15ᵉ titre. C'est aux éditions Flammarion. 15ᵉ titres allez, c'est l'occasion de faire un petit rappel. C'était en 2000 qu'on vous a découvert : « Je vais bien ne t’en fait pas ». Olivier: Oui, premier roman. J'avais 25 ans au Dilettante « Je viens de t'en fais pas ». Et puis c’était un livre qui a eu une belle histoire. Parce que… Philippe:Une adaptation. Olivier:Il a été adapté six ans plus tard. Et puis le film a été un très gros succès. Philippe: Vous gardez...Dessous les roses d'Olivier Adam - Portrait - Suite