Olivier Adam

Olivier Adam

Chanson de la ville silencieuse

Portrait 5'49"

Philippe Chauveau :

Bonjour Olivier Adam.

Olivier Adam :

Bonjour.

Philippe Chauveau :

Votre actualité : « Chanson de la ville silencieuse », c'est chez Flammarion. Un joli parcours depuis 2000, depuis votre premier roman publié. Quels souvenirs gardez-vous, quelles images reviennent lorsque vous pensez à ces années ? Ça concrétisait un projet de vie ?

Olivier Adam :

Pas un projet de vie car je ne pensais pas que je pourrais vivre de mes livres, ce qui est le cas finalement.

Philippe Chauveau :

En revanche, vous saviez que vous travailleriez dans l'univers du livre ?

Olivier Adam :

Oui, l'univers de la création est ce qui m'intéressait le plus. J'imaginais travailler dans la musique, dans les livres... J'avais fait des études de gestion de structures culturelles mais mon rêve secret, c'était les manuscrits que je composais tout seul dans mon coin et que je commençais à faire circuler. D'un certain point de vue, j'avais l'impression que ça ne marcherait pas et d'un autre côté, j'ai toujours été persuadé que ça allait être mon chemin sans même penser que ça avait une chance d'aboutir. Donc il y avait quelque chose qui finissait là, mais quelque part, c 'était juste le début.

Philippe Chauveau :

Gardez-vous une certaine de nostalgie des premières années ?

Olivier Adam :

J'avais une espèce de radicalité intérieure qui s'est émoussée avec l'âge. Parfois, je me dis que c'était un moteur d'écriture. Il y avait un tel trop plein accumulé dans l'enfance et l'adolescence que quand j'ouvrais mon ordinateur ça y allait sans arrières pensées. Maintenant à chaque livre, il y a plus de questions qui se posent, c'est sans doute moins innocent.

Philippe Chauveau :

L'écriture a été une soupape ?

Olivier Adam :

C'était par ce biais là que je pouvais vraiment prendre possession de moi et du monde. Quand j'ai commencé à écrire, j'étais sans doute quelqu'un de très empêché et très renfermé. Quand je me suis mis à écrire, j'ai eu cette sensation qu'a quelqu'un qui a des problèmes de vue quand il met des lunettes. Je me mets à niveau.

Philippe Chauveau :

Lorsqu'on connait votre parcours, on peut y voir des sujets sociétaux où vous attaquez des sujets douloureux et il y a toujours cette sensibilité dans le choix de votre écriture, il y a toujours une poésie qui vient contre-balancer la dureté des propos que vous mettez dans vos histoires, vous êtes d'accord ?

Olivier Adam :

L'étiquette du roman social, je trouve ça compliqué parce que je ne me suis jamais posé cette question comme ça. Ça m'a toujours paru être une évidence d'écrire sur le milieu qui m'avait fondé, les classes moyennes etc, les classes populaires etc... A partir du moment où je pensais que le roman pouvait dire quelque chose de l'intime mais aussi de la société dans laquelle on vit, je ne voyais pas comment on pouvait dire quelque chose de la société sans s'attaquer à son coeur majoritaire, quand bien même il est silencieux, périphérique, oublié etc... Mais à ce moment là, quand je suis rentré en littérature, il y avait sans doute un petit vide à ce niveau là. Donc, à la fois c'était une évidence pour moi et à la fois ça me semblait remplir un rôle de rectification. De gens dont on ne parlait pas assez ou dont on parlait mal, de gens qui pourtant sont les trois-quart des français.

Philippe Chauveau :

On ressent l'importance des paysages et du décor en général dans vos romans, pourquoi aimez-vous autant utiliser les paysages et les décors ?

Olivier Adam :

Je ne sais pas, je dois avoir un cerveau topographique ou géographique... J'ai toujours accordé une grande importance au lieu parce que c'est non seulement un décor mais c'est une sociologie, c'est des gens, des histoires. Un lieu est traversé à la fois par les spécificités du lieu et par tous les soubresauts du pays et du monde. C'est peut être une coquetterie. Des fois je me dis que quand je n'écrirai plus que pour moi, je serai un peintre du dimanche, je ferai juste des poèmes de description d'une rivière, d'un bord de mer...

Philippe Chauveau :

Vous pensez que c'est l'écriture qui vous a apaisé en quelque sorte ?

Olivier Adam :

Sans doute. Sans aller dans les clichés de la psychanalyse sauvage qu'on se fait à soit même en écrivant. D'abord, vouer ma vie à l'écriture, ça voulait dire vouer ma vie à ce filtre qui me permettait d'être beaucoup plus présent à moi, aux autres et au monde lui-même, donc cela m'a permis sans doute de m'ouvrir et de régler beaucoup de questions personnelles même si je n'ai jamais pratiqué l'écriture autobiographique. Mais ce sont des livres qui restent extrêmement intimes quoi qu'il en soit.

Philippe Chauveau :

C'est votre actualité Olivier Adam, votre nouveau titre chez Flammarion : « Chanson de la ville silencieuse ».

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LIVRE
  • Olivier Adam est un incontournable dans le milieu littéraire français. Depuis 2000, avec son premier titre « Je vais bien, ne t’en fais pas », il a fédéré autour de lui un large public, touché par la pudeur de son univers, la fragilité de ses personnages, la sensibilité de ses mots. Apparaissant régulièrement dans les sélections des grands prix littéraires, il a reçu le prix Goncourt de la nouvelle en 2004 avec « Passer l’hiver » adapté depuis au cinéma comme plusieurs autres de ses ouvrages. Confrontant ses...Tout peut s'oublier d'Olivier Adam - Présentation - Suite
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