Franck Thilliez

Franck Thilliez

Angor

Portrait 4'58

Bonjour Franck Thilliez !
Bonjour !
Votre actualité c'est « Angor » aux éditions Fleuve Noir. Le grand public vous a découvert il y a dix ans maintenant, lorsque vous avez eu le prix SNCF du polar. Et puis au fil des années vous êtes devenus en quelque sorte le roi du thriller à la française.
Je sais que vous n'aimez pas qu'on vous lance des fleurs comme ça, mais je vais quand même le faire. Comment revivez-vous ces dix années ? Alors je ne sais pas si vous vous penchez sur votre passé...
Dix ans, il y a eu treize romans. Ce qui reste après les dix ans, c'est vraiment une passion qui est intacte.
Je prends toujours autant de plaisir à imaginer mes histoires, à essayer de surprendre mon lecteur, il y a des gens qui me suivent depuis le début qui attendent la sortie du nouveau livre. Ça me fait chaud au coeur, j'espère que ça va continuer encore longtemps.
Alors je vous ai envoyé des fleurs maintenant je vais être un petit plus sévère. Vous aviez eu la gentillesse de nous ouvrir votre maison pour de précédentes interviews.
Vous habitez dans le Nord, dans le Pas de Calais, une jolie petite maison avec votre épouse, des enfants qui gambadent, bref une famille normale, une famille en or, et au milieu de tout ça vous arrivez à écrire des horreurs.
Alors est-ce qu'il y a une double personnalité, est-ce que Franck Thilliez finalement est en deux personnalités, deux personnes ?
Oui alors c'est vrai que je suis dans un domaine très noir, ce sont des histoires qui vont très loin, qui vont dans tout ce qu'il y a de pire finalement en l'être humain. Et j'arrive toujours à faire la part des choses.
C'est à dire je monte dans mon bureau imaginer mes horreurs, les vivre en fait parce qu'il faut imaginer ce que ressentent les gens qui vivent ces choses là.
Donc on se met un peu dans la peau de ses personnages, on se documente, on va très loin, et puis après, une fois ma journée passée, je redescends.
Il faut être un peu peut-être schizophrène ou avoir des personnalités multiples pour écrire ce genre d'histoires, pour être tout simplement romancier puisque on se met sans cesse dans la peau des personnages,
on bondit d'un personnage à l'autre, d'un tueur à une victime, on a cette capacité à « switcher » comme des interrupteurs, enfin moi c'est comme ça un peu que je le ressens.
Mais j'arrive à garder vraiment cette distance entre imaginaire et la vie réelle, ce qui m'évite de basculer vers la folie.
Vous me rassurez... Mais est-ce qu'il y a quand même chez vous une façon de conjurer une certaine peur en écrivant tout cela ?
Oui je pense que c'est un moyen vraiment d'éjecter pleins de choses qu'on a en soi, des images sombres, ça apaise, on se sent un peu soulagé de les avoir extraites de sa tête .
Ça m'arrive de temps en temps, très rarement quand je suis dans une situation dans un roman, de faire une espèce de transfert comme en psychiatrie, de ressentir vraiment ce que ressent un père qui aurait par exemple vu ses enfants se faire enlever ; et c'est horrible à vivre.
Il y a au-delà des intrigues qui sont toutes différentes quelques récurrences dans vos romans, dans votre écriture, il y a l'importance de la science notamment, on sait que vous avez une formation scientifique, et ça revient toujours.
Dans « Atom K », il s'agissait de la radioactivité, là cette fois-çi dans « Angor » vous nous parlez notamment des greffes, des greffes d'organes, et vous allez très très loin dans vos recherches. C'est important pour vous d'ancrer vos intrigues aussi sinistres soient-elles, dans une réalité ?
Alors moi c'est vrai que je prends toujours des sujets un peu scientifiques entre guillemets, en tous cas qui traitent de domaines médicaux, mais qui sont aussi profondément humains : le don, le don d'organes, qu'est-ce qui se passe quand on vit avec l'organe de quelqu'un d'autre ?...
Dans « Atom K », c'était la radioactivité. Il y avait une actualité avec Fukushima, c'est la réalité, voilà on est dans des sujets d'actualité.
Il y a une autre récurrence dans vos romans, ce sont vos personnages, notamment Lucie Hennebelle et Franck Sharko, ils ont souvent des vies assez sombres, c'est une vision assez noire de la police que vous nous présentez dans chacun de vos romans.
Pourquoi cette récurrence de ces personnages et pourquoi cette vision noire de la police ?
Parce que quand tout se passe bien, j'ai l'impression de ne rien avoir à raconter. Il faut que mes personnages soient torturés, qu'ils aient rencontré des difficultés, là j'ai vraiment de la matière.
Et le milieu de la police forcément c'est lié, puisque c'est un métier lié au crime, qui est lié à tout ce qu'il y a de plus crapuleux, et de plus sordide, surtout dans la police judiciaire, qui est celle dans laquelle travaillent mes personnages.
Donc on va aller le plus loin possible aussi, parce que ça fait partie du genre d'être parfois face à des tueurs qu'on ne rencontre pas tous les jours, c'est 5% des affaires criminelles par exemple,
mais en tous cas voilà, c'est ces 5% là qui m'intéresse parce que c'est là où j'ai la matière pour raconter mes histoires.
Vous fêtez en quelque sorte vos dix ans de succès, quel est peut-être le compliment, le commentaire qui vous a le plus touché, d'un lecteur ou d'une lectrice ?
Ce sont des gens en général qui ont environ 45-50 ans un peu plus, des hommes souvent, et qui me disent : « Je ne lisais plus depuis le collège ou le lycée, je n'avais plus ouvert un seul livre, et grâce à vos livres, ça m'a donné à nouveau l'envie de lire.
Ça vaut tout l'or du monde, et ça me donne beaucoup d'énergie pour continuer à écrire et ça montre aussi que ce genre là qu'est le roman policier, qui est un genre populaire entre guillemets, c'est un genre parfait pour amener des gens à la lecture.
Votre actualité Franck Thilliez : « Angor », c'est chez Fleuve Noir.

Philippe Chauveau :
Bonjour Franck Thilliez !

Franck Thilliez :
Bonjour !

Philippe Chauveau :
Votre actualité c'est « Angor » aux éditions Fleuve Noir. Le grand public vous a découvert il y a dix ans maintenant, lorsque vous avez eu le prix SNCF du polar. Et puis en quelques années vous êtes devenus le roi du thriller à la française.
Je sais vous n'aimez pas qu'on vous lance des fleurs, mais je vais quand même le faire.
Comment revivez-vous ces dix années ? Je ne sais pas si vous vous penchez sur votre passé...

Franck Thilliez :
Dix ans, il y a eu treize romans. Ce qui reste après les dix ans, c'est vraiment une passion qui est intacte. Je prends toujours autant de plaisir à imaginer mes histoires, à essayer de surprendre mon lecteur, il y a des gens qui me suivent depuis le début qui attendent la sortie du nouveau livre. Ça me fait chaud au coeur, j'espère que ça va continuer encore longtemps.

Philippe Chauveau :
Alors je vous ai envoyé des fleurs maintenant je vais être un petit plus sévère. Vous aviez eu la gentillesse de nous ouvrir votre maison pour de précédentes interviews. Vous habitez dans le Nord, dans le Pas de Calais, une jolie petite maison avec votre épouse, des enfants qui gambadent, bref une famille normale, une famille en or, et au milieu de tout ça vous arrivez à écrire des horreurs. Alors est-ce qu'il y a une double personnalité, est-ce que Franck Thilliez est en deux personnalités, deux personnes ?

Franck Thilliez :
Oui c'est vrai que je suis dans un domaine très noir, ce sont des histoires qui vont très loin, dans ce qu'il y a de pire finalement en l'être humain. Et j'arrive toujours à faire la part des choses. Je monte dans mon bureau imaginer mes horreurs, les vivre en fait parce qu'il faut imaginer ce que ressentent les gens qui vivent ces choses là. Donc on se met dans la peau des personnages, on se documente, on va très loin, et puis après, une fois ma journée passée, je redescends. Il faut être un peu schizophrène ou avoir des personnalités multiples pour écrire ce genre d'histoires, ou pour être tout simplement romancier puisque on se met sans cesse dans la peau des personnages, on bondit d'un personnage à l'autre, d'un tueur à une victime, on a cette capacité à « switcher » comme des interrupteurs, moi c'est comme ça un peu que je le ressens.
J'arrive à garder cette distance entre imaginaire et la vie réelle, ce qui m'évite de basculer dans la folie.

Philippe Chauveau :
Vous me rassurez... Mais est-ce qu'il y a chez vous une façon de conjurer une certaine peur en écrivant tout cela ?

Franck Thilliez :
Oui et je pense que c'est un moyen d'éjecter pleins de choses qu'on a en soi, ça apaise, on se sent un peu soulagé de les avoir extraites de sa tête. Ça m'arrive de temps en temps, mais très rarement quand je suis dans une situation, dans un roman, de faire une espèce de transfert comme en psychiatrie, de ressentir vraiment ce que ressent un père qui aurait par exemple vu ses enfants se faire enlever ; et c'est horrible à vivre.

Philippe Chauveau :
Il y a au-delà des intrigues qui sont toutes différentes quelques récurrences dans vos romans, dans votre écriture, il y a l'importance de la science notamment, on sait que vous avez une formation scientifique, ça revient toujours. Dans « Atom K », il s'agissait de la radioactivité, là cette fois-ci dans « Angor » vous nous parlez notamment des greffes, des greffes d'organes, et vous allez très très loin dans vos recherches. C'est important pour vous d'ancrer vos intrigues aussi sinistres soient-elles, dans une réalité ?

Franck Thilliez :
Alors moi c'est vrai que je prends toujours des sujets un peu scientifiques entre guillemets, en tous cas qui traitent de domaines médicaux, mais qui sont aussi profondément humains : le don, le don d'organes, qu'est-ce qui se passe quand on vit avec l'organe de quelqu'un d'autre... Dans « Atom K », c'était la radioactivité. Il y avait une actualité avec Fukushima, c'est la réalité, on est dans des sujets d'actualité.

Philippe Chauveau :
Il y a une autre récurrence dans vos romans, ce sont vos personnages, notamment Lucie Hennebelle et Franck Sharko, ils ont souvent des vies assez sombres, c'est une vision assez noire de la police que vous nous présentez. Pourquoi cette récurrence de ces personnages et pourquoi cette vision noire de la police ?

Franck Thilliez :
Parce que quand tout se passe bien, j'ai l'impression de ne rien avoir à raconter.
Il faut que mes personnages soient torturés, qu'ils aient rencontrés des difficultés, là j'ai vraiment de la matière. Et le milieu de la police forcément c'est lié, puisque c'est un métier lié au crime, à ce qu'il y a de plus crapuleux, de plus sordide, surtout dans la police judiciaire, qui est celle dans laquelle travaillent mes personnages.
On va aller le plus loin possible aussi, parce que ça fait partie du genre d'être parfois face à des tueurs qu'on ne rencontre pas tous les jours, c'est 5% des affaires criminelles mais en tous cas voilà, c'est ces 5% là qui m'intéresse parce que c'est là que j'ai la matière pour raconter mes histoires.

Philippe Chauveau :
Vous fêtez en quelque sorte vos 10 ans de succès, quel est peut-être le compliment, le commentaire qui vous a le plus touché d'un lecteur, d'une lectrice ?

Franck Thilliez :
Ce sont des gens qui ont environ 45-50 ans un peu plus, des hommes souvent, et qui me disent : « Je ne lisais plus depuis le collège ou le lycée, j'avais plus ouvert un seul livre, grâce à vos livres, ça m'a donné à nouveau l'envie de lire. Ça vaut tout l'or du monde, ça me donne beaucoup d'énergie pour continuer à écrire et ça montre aussi que ce genre-là qu'est le roman policier, un genre populaire entre guillemets c'est un genre parfait pour amener des gens à la lecture.

Philippe Chauveau :
Votre actualité Franck Thilliez : « Angor », c'est chez Fleuve Noir.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • Les amateurs de sensations fortes attendent chacun de ses nouveaux romans avec impatience. En dix ans, Franck Thilliez s'est imposé comme le maître du thriller. Le grand public le découvre en 2004 avec « Train d'enfer pour ange rouge » puis « La chambre des morts » qui sera adapté au cinéma. Et depuis, Franck Thilliez n'a cessé de nous faire peur avec des histoires terrifiantes ancrées dans la réalité où des policiers vont défier le Mal. C'est ainsi que Lucie Hennebelle et Franck Sharko sont devenus des personnages...Journée du dimanche 7 avril 2019 de Franck Thilliez - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau :Bonjour Franck Thilliez !Franck Thilliez :Bonjour !Philippe Chauveau :Votre actualité c'est « Angor » aux éditions Fleuve Noir. Le grand public vous a découvert il y a dix ans maintenant, lorsque vous avez eu le prix SNCF du polar. Et puis en quelques années vous êtes devenus le roi du thriller à la française.Je sais vous n'aimez pas qu'on vous lance des fleurs, mais je vais quand même le faire.Comment revivez-vous ces dix années ? Je ne sais pas si vous vous penchez sur votre passé...Franck Thilliez :Dix...Journée du dimanche 7 avril 2019 de Franck Thilliez - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau :Dans ce nouveau titre, Franck Thilliez, nous allons retrouver Lucie Hennebelle et Franck Sharko que l'on suit depuis plusieurs histoires.Franck Sharko enquête lui sur une jeune femme qui a été retrouvée suite à une tempête dans une cache, sous un arbre centenaire, on sent qu'elle est là depuis pas mal de temps, depuis pas mal de mois, qu'elle a été enlevée et séquestrée. Et puis en parallèle on va découvrir une autre jeune fille, Camille qui elle est gendarme, qui a été greffée du cœur, d'où le titre...Journée du dimanche 7 avril 2019 de Franck Thilliez - Le livre - Suite