Emmanuelle Collas

Emmanuelle Collas

Sous couverture

Livre 00'07'10"

Philippe Chauveau :

Sous couverture, que cache ce titre? Emmanuelle Collas, c'est votre premier roman aux éditions Anne Carrière. On sait que vous êtes éditrice. On sait que vous êtes chercheuse aussi en histoire de l'Antiquité. On sait que vous êtes amoureuse, passionnée par l'Antiquité et par le Proche-Orient. Myrtho, c'est l'héroïne de votre roman. Elle est éditrice, passionnée par l'Antiquité et est amoureuse du Proche-Orient. Jusqu'où va la réalité? Jusqu'où va la fiction? C'est peut-être pas finalement très important, tout ça. Lisons le comme l'histoire que vous avez envie de nous raconter. Alors, je plante le décor, Myrtho est cette jeune femme qui est amoureuse de la littérature, qui veut publier des textes de qualité, qui se bat avec les banques pour essayer de faire vivre sa petite maison d'édition. Et puis, il y a cette rencontre un jour, un amoureux qui revient comme ça alors qu'il avait plus ou moins disparu. Il s'appelle Alexandre. C'est ce couple Myrtho et Alexandre que nous allons suivre pendant tout ce roman. C'est un livre qui est né, je crois, un peu d'une colère et d'une belle rencontre avec votre éditeur, Jean-Baptiste Gendarme.

Emmanuelle Collas :

C'est une rencontre comme on les aime. Une rencontre qui se fait sous le signe de la surprise, de l'étonnement et aussi de la colère. C'est le moment ou en octobre dernier, j'étais très en colère avec ce qui se passait au Proche-Orient vis à vis des Kurdes. Et Jean-Baptiste a su trouver le chemin au milieu de ma colère, d'une autre chose qui est lié à une histoire, à une passion, à l'envie de défendre plein de choses. Et il a su trouver le chemin et il a su m'amener à l'écrire.

Philippe Chauveau :

Ce qui veut dire que finalement, vous n'aviez pas prémédité d'écrire ce roman?

Emmanuelle Collas :

Non, pas du tout. Et je n'avais écrit aucune ligne. Je n'avais pas l'intention d'écrire ce texte. Je ne savais même pas que j'écrirai ce texte. C'est lui qui m'a dit : "Tu devrais écrire". Et après, on a échangé et je lui ai dit : "J'aimerais bien raconter une histoire d'amour".

Philippe Chauveau :

C'est une histoire d'amour qui est à la fois belle et dramatique. Parce qu'il y a ce thème de l'absence qui est au fil des pages puisque finalement, telle Pénélope attendant Ulysse, Myrtho attend toujours le retour d'Alexandre. Au départ, on ne sait pas très bien d'ailleurs pourquoi Alexandre est cet amoureux fuyant. Lorsque Myrtho veut le voir, il n'est jamais disponible. Est-ce qu'il a une double vie. Est-ce qu'il s'est inventé une vie de businessman, et ce qu'il est un petit peu mytho? On va découvrir tout cela au fil des pages. Le thème de l'absence est très présent dans cette histoire. Et puis, il y a aussi la grande histoire qui est toujours là en parallèle, que ce soit les événements au Proche-Orient, le terrorisme ambiant, puisqu'il y a une vraie chronologie. Le livre est écrit un peu comme un journal intime, comme si Myrtho au jour le jour, racontait son histoire.

Emmanuelle Collas :

Oui, cette histoire entre Myrtho et Alexandre est l'histoire d'une rencontre au long cours. Le temps est important. Finalement, le livre se déroule sur très peu de temps, de mars 2016 à avril 2017, un temps resserré. Il est sous le signe de la rencontre et de l'attente, de l'absence et de l'attente. Il y a vraiment le temps de l'amour. Il y a le temps du quotidien, et le temps de l'Histoire. Vous voyez, il y a plusieurs histoires.

Philippe Chauveau :

Il y a un côté très sombre, justement, lorsque vous racontez le temps de l'histoire, lorsque dans la chronologie, vous revenez sur des dates qui ont marqué. Que ce soient des événements dramatiques au Proche-Orient, que ce soient des événements dramatiques ici en France et notamment à Paris. Puis il y a aussi le côté très lumineux du livre, avec cette histoire d'amour entre Myrtho et Alexandre, avec les relations très tendre de Myrtho avec sa fille Lou et puis même aussi avec le chien Eden. Il y a cette ambiance, ces paysages de Paris quand Myrtho va promener Eden dans les rues de Paris, on sent qu'elle est très amoureuse de cette ville, même si le sang régulièrement couvre les trottoirs de Paris. Il y a des paysages du Proche-Orient et des paysages de la Grèce qui viennent aussi contrecarrer les drames que peuvent vivre ces territoires. Il y a toujours deux lectures, une sombre, une très lumineuse dans votre histoire?

Emmanuelle Collas :

Tout a fait. Ça s'appelle la vie. L'idée, c'était de rendre ce qu'est la vie quand il y a de belles rencontres, des moments forts, peut-être qu'ils ne dureront pas, mais ils sont là et ils vous enrichissent. Il y a tous ces moments heureux, en effet, entre Myrtho et Lou. Cette Myrtho, elle est passionnée d'antiquité, mais elle est pleine de littérature et de poésie, elle est pleine de tout ça. Sauf que ça ne suffit pas à attendre, à affronter sa propre guerre qui, tout doucement, va devenir de plus en plus difficile à faire puisqu'en fait, elle est aussi éditrice et qu'elle a une maison d'édition à sauver. Et qui lui apporte quelque chose? C'est Lou avec une autre littérature.

Philippe Chauveau :

Ce qui veut dire que Myrtho mène elle même son propre combat en emportant à bout de bras sa maison d'édition. Ce sont ses armes pour faire avancer le monde?

Emmanuelle Collas :

Exactement, c'était l'idée.

Philippe Chauveau :

Vous l'avez dit, la genèse de ce livre, c'est cette rencontre avec votre éditeur, Jean-Baptiste Gendarme, et votre coup de colère. Est-ce que l'écriture de ce premier roman vous a quelque peu apaisé? Ou est-ce que la colère est toujours là?

Emmanuelle Collas :

Je ne sais pas si cela m'a apaisé, parce que tout me laisse toujours être en colère. Mais à la fois les moments heureux, vous voyez, contrebalancent. Il faut savoir être au bon endroit, à la place adéquate pour donner le meilleur de soi même. J'ai essayé dans ce texte de donner le meilleur de moi, en réinventant cette histoire entre Ulysse et Pénélope.

Philippe Chauveau :

Vous nous racontez le fracas du monde, mais surtout vous nous racontez l'amour, certes en pointillé, mais en tout cas une belle histoire d'amour. Sous couverture, c'est votre premier roman, Emmanuelle Collas. Vous êtes publié aux éditions Anne Carrière. Merci beaucoup.

Emmanuelle Collas :

Merci.

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