Virginie Jouannet

Virginie Jouannet

Cavale

Livre 6'59

Philippe Chauveau :

« Cavale », Virginie Jouannet vous allez nous présenter Jeanne. Jeanne est une femme d'une trentaine d'années, et vit à Lille. Et puis une nuit, elle se retrouve près d'un cadavre, celui de son fiancé. Il a un poignard dans le ventre, il est mort et il y a une marre de sang. Le problème c'est qu'elle ne se souvient absolument pas de ce qu'il s'est passé pendant les deux heures avant qu'elle appelle la police. Va donc naitre une cavale puisqu'elle se sent menacée. D'où vient cette femme ? Comment est né ce personnage ? Nous sommes à la fois dans un thriller mais également dans un roman psychologique.

Virginie Jouannet :

Jeanne est née d'une image, d'une femme qui part. C'est autour de cette image que j'ai petit à petit créée Jeanne, mais elle s'est crée toute seule. Le moteur qui l'a fait démarrer puise dans son enfance, dans un secret qui se réveille avec la découverte de ce cadavre.

Philippe Chauveau :

Très vite on va comprendre que les fêlures de Jeanne sont nombreuses, et on sait aussi que Jeanne est harcelée au téléphone et elle va tenter des fuir ces appels. De Lille elle va se retrouver à Biarritz, et Biarritz va être une sorte de personnage à part entière. Pourquoi passer de Lille à Biarritz ? Pourquoi ce goût pour le sud ?

Virginie Jouannet :

J'aimais l'idée qu'elle partait au bout du monde. Biarritz représentait pour moi la ville idéale. C'est une ville que j'ai connu enfant et où j'ai été heureuse alors que j'ai eu une enfance un peu chaotique.

Philippe Chauveau :

Biarritz avec ses décors, avec son front de mer qui sont très présents. Il y a plusieurs histoires en une dans « Cavale », il y a ce thriller ; Pourquoi David est il mort ? Quelle est la part de responsabilités de Jeanne ? L'autre histoire c'est de savoir qui est Jeanne, d'où vient-elle, quelles sont ses fêlures familiales ? La gémellité est importante, très vite on fait connaissance avec sa soeur Anne. Pourquoi traiter de la gémellité ?

Virginie Jouannet :

Plus que la gémellité, c'était la sororité, ce lien particulier entre soeurs qui me fascine, comme tous les liens fusionnels. C'est comme un écho.

Philippe Chauveau :

La fuite est très présente. Il y a un autre personnage que l'on va découvrir, c'est Emile qui est norvégien, il est veilleur de nuit dans l'hôtel où va s'installer Jeanne. Lui aussi il fuit, il fuit quelque chose, il fuit des fêlures. Pourquoi ce besoin de fuite, ou de liberté ?

Virginie Jouannet :

C'est un besoin que l'on a tous plus ou moins. Emile c'est l'altérité, c'est une possibilité, c'est l'échappée belle.

Philippe Chauveau :

Je le disais en préambule, c'est à la fois un thriller et un roman psychologique. Pourquoi avoir choisi de démarrer avec ce côté thriller ? Etait ce une façon d'envisager l'écriture rythmée du roman ?

Virginie Jouannet :

Oui, d'abord cela commence cela par une bascule, c'est pour moi le début idéal. J'aime bien mélanger les genres, j'avais envie de brouiller les codes.

Philippe Chauveau :

Avez-vous l'impression que Jeanne est devenue une amie au fil de l'écriture et avez-vous eu du mal à la laisser ?

Virginie Jouannet :

Oui un petit peu, en tout cas j'ai une tendresse évidente pour elle.

Philippe Chauveau :

Voilà en tout cas une premier roman avec une histoire bien ficelée, c'est sombre à souhait. On s'attache à ce personnage avec ses complexités. Je veux juste citer une phrase qui m'a beaucoup touché. Vous dîtes à un moment : « On vit avec les gens qu'on aime et parfois ils sont loin, parfois ils sont morts, mais ça n'empêche rien, et finalement c'est l'amour que tu leur porte qui est le plus important, c'est ça qui te grandit. » Je trouve que dans cette phrase il y a beaucoup du roman.

« Cavale » Virginie Jouannet, c'est votre actualité et vous êtes publiée chez XO.

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  • Virginie Jouannet a passé une partie de son enfance loin de la France métropolitaine. A Tahiti ou en Afrique, c'est dans les livres qu'elle trouvait refuge, se construisant une autre existence, rêvant d'aventure et de voyages. Très tôt, elle dévore la bibliothèque familiale et dès 13ans, les auteurs russes ont sa préférence. Tout naturellement, ce goût de la lecture devient goût de l'écriture. Poésie, théâtre, nouvelles, Virginie Jouannet explore les différentes facettes de la littérature. Toutefois, bien qu'ayant déjà...Les escales littéraires de Virginie Jouannet - Présentation - Suite
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