Victor Jestin

Victor Jestin

La chaleur

Présentation 00'02'30"

Parmi les 82 premiers romans francophones parus en cette rentrée littéraire 2019, en voilà un qui a attiré particulièrement mon attention. Le titre, « La chaleur », court et efficace, la photo de couverture qui nous rappelle les vacances et puis très vite, cette sensation d’être happé par un texte qui ne vous lâche plus.
« La chaleur », c’est le premier roman de Victor Jestin, 25 ans.
Un camping des Landes, en bord de mer, c’est le dernier WE du mois d’août. Profitant de quelques heures avant la fin des vacances, mais surtout trainant son ennui, Léonard, 17 ans, a croisé le chemin d’Oscar. Et tout a basculé. « Oscar est mort parce que je l’ai regardé mourir, sans bouger. Il est mort étranglé par les cordes d’une balançoire. »
Tels sont les premiers mots, glaçants, du roman de Victor Jestin. Pourquoi face à cet adolescent qu’il connait à peine, Léonard n’a-t-il pas cherché à l’aider ? Pourquoi surtout va-t-il prendre la décision d’enterrer le corps au lieu d’appeler les secours ? Ne rien faire, est-ce pareil que tuer ? Le lendemain, sous le soleil, dans le bruit des vagues, les rires des enfants et l’odeur des chichis, il va faire comme si rien ne s’était passée. Mais jusqu’où pourra t-il nier la réalité ? Surtout que le lendemain même de la disparition d’Oscar, Léonard rencontre une fille qui ne le laisse pas indifférent.
Derrière une intrigue qui flirte avec le thriller, Victor Jestin nous raconte l’adolescence d’un garçon en marge, qui ne sait pas où est sa place, qui ne sait pas jouer le jeu des gens de son âge, qui ne parvient pas à s’exprimer, même avec ses proches. Dans cet enfermement personnel, l’ambiance décrite par l’auteur n’en est que plus parlante. C’est l’été, une plage écrasée de chaleur, la joie de vivre, les rires des enfants. Il y a tout ça et en parallèle, il y a la solitude d’Oscar, sa douleur, son incompréhension de lui-même, sa culpabilité. Comment continuera t-il à vivre. Le mal-être de ce jeune homme dans cet univers estival est particulièrement bien rendu. On éprouve même un certain malaise à suivre les pas de cet anti-héros auquel on ne peut s’empêcher de s’identifier.
Une écriture maitrisée, un rythme maintenu sur toute la durée du roman, des chapitres courts, des phrases incisives. Victor Jestin fait preuve d’un réel talent et ce premier roman est plus que prometteur.
« La chaleur » de Victor Jestin est publié chez Flammarion.

  • PRÉSENTATION
  • Parmi les 82 premiers romans francophones parus en cette rentrée littéraire 2019, en voilà un qui a attiré particulièrement mon attention. Le titre, « La chaleur », court et efficace, la photo de couverture qui nous rappelle les vacances et puis très vite, cette sensation d’être happé par un texte qui ne vous lâche plus.« La chaleur », c’est le premier roman de Victor Jestin, 25 ans.Un camping des Landes, en bord de mer, c’est le dernier WE du mois d’août. Profitant de quelques heures avant la fin des vacances,...La chaleur de Victor Jestin - Présentation - Suite