Irène Frain

Irène Frain

La forêt des 29

Portrait 3'43
Philippe Chauveau :
Bonjour Irène Frain. Un nouvel ouvrage chez Michel Lafon, La forêt des 29. Un roman qui prend place dans une bibliographie déjà conséquente. D'où vous vient ce goût, cette envie, cet amour de l'écriture ? Déjà enfant, c'est une idée qui vous taraudait, l'écriture ?

Irène Frain :
Non ! Mais je crois que je réécrivais le monde dans ma tête. Je n'étais heureusement pas un enfant écrivain mais un enfant écrivant. Je suis née dans une ville entièrement détruite par la 2nde Guerre mondiale. Dans les années 50 et 60, elle peinait encore à se reconstruire. Il y avait eu un saccage des âmes et en même temps, une volonté d'espoir. Pour mes parents, l'espoir, c'était l'école pour les enfants et les livres. J'ai eu très tôt, à 7 ans, ce que l'on appelait « la carte de bibliothèque » et j'ai réenchanté le monde à travers les livres ; et très spontanément, lorsqu'on me couchait à huit heures du soir, sous ma couette, dans cette Bretagne un peu humide et parfois sombre en hiver, je me racontais des histoires ; j'arrivais à me faire pleurer, à me faire rire aussi...

Philippe Chauveau :
Tout cela à fait grandir votre imagination ?

Irène Frain :
Oui, et je pense que j'ai intégré des structures de narration ; j'ai compris qu'être narratif, c'était un tressage, une sorte de tapis oriental. Personne n'avait l'idée de ce qu'était l'Inde ou la Chine sauf par les récits des marins de commerce essentiellement, qui arrivaient au port de Lorient mais tout le monde avait la conscience plus ou moins confuse que la ville avait été crée pour la Cie des Indes au XVIIème siècle. Il y a eu un bateau, L'orient, qui s'écrivait avec une apostrophe et qui avait donné son nom à la ville. Donc, la ville elle-même avait ce passé lointain, très étrange, tournée justement vers le soleil levant. Tout cela s'est mélangé dans ma tête et c'est ainsi que je suis devenue une romancière orientée vers l'Orient.

Philippe Chauveau :
Romancière, mais aussi conteuse, novelliste, essayiste, journaliste, historienne, biographe aussi avec notamment le livre sur Cleopatre. Plusieurs styles d'écriture donc mais pourquoi ? Pour ne pas se cantonner à une seule idée de l'écriture ?

Irène Frain :
Non ! D'abord parce que j'aime me surprendre moi-même. Je suis une eau-vive, un être libre, donc j'ai envie de me surprendre. J'écris aussi les livres que je ne trouve pas en librairie. Je suis un être de curiosité, c'est ma seule religion. Quand il y a quelque chose que je ne comprends pas, je veux comprendre, j'enquête et je fais un livre.

Philippe Chauveau :
L'écriture vous enthousiasme toujours, chaque matin lorsque vous vous mettez au travail ?

Irène Frain :
Il y a des matins où j'y vais avec un trac fou ! J'ai des nuits de trac où je ne dors pas, où je tourne en rond dans cette pièce avec mal au ventre et puis, je finis toujours pas m'en sortir. Vous savez, mon modèle mythique, c'est Shéhérazade ! Toutes les nuits, elle risque sa peau ; si l'histoire n'est pas bonne, le sultan va lui couper la tête. Pour moi, la littérature, c'est se mettre en danger et je crois aussi que ma grande récompense, c'est que les lecteurs m'ont suivie. Les lecteurs eux-mêmes aiment voir leur auteur se mettre en danger. Pour eux, c'est la garantie de la surprise, de tourner la page et de se dire : « Quel coup elle va encore nous faire ? ». Et ça, c'est Shéhérazade !

Philippe Chauveau :
Merci beaucoup Irène Frain. La forêt des 29, c'est votre nouveau roman, chez Michel Lafon.
Philippe Chauveau :
Bonjour Irène Frain. Un nouvel ouvrage chez Michel Lafon, La forêt des 29. Un roman qui prend place dans une bibliographie déjà conséquente. D'où vous vient ce goût, cette envie, cet amour de l'écriture ? Déjà enfant, c'est une idée qui vous taraudait, l'écriture ?

Irène Frain :
Non ! Mais je crois que je réécrivais le monde dans ma tête. Je n'étais heureusement pas un enfant écrivain mais un enfant écrivant. Je suis née dans une ville entièrement détruite par la 2nde Guerre mondiale. Dans les années 50 et 60, elle peinait encore à se reconstruire. Il y avait eu un saccage des âmes et en même temps, une volonté d'espoir. Pour mes parents, l'espoir, c'était l'école pour les enfants et les livres. J'ai eu très tôt, à 7 ans, ce que l'on appelait « la carte de bibliothèque » et j'ai réenchanté le monde à travers les livres ; et très spontanément, lorsqu'on me couchait à huit heures du soir, sous ma couette, dans cette Bretagne un peu humide et parfois sombre en hiver, je me racontais des histoires ; j'arrivais à me faire pleurer, à me faire rire aussi...

Philippe Chauveau :
Tout cela à fait grandir votre imagination ?

Irène Frain :
Oui, et je pense que j'ai intégré des structures de narration ; j'ai compris qu'être narratif, c'était un tressage, une sorte de tapis oriental. Personne n'avait l'idée de ce qu'était l'Inde ou la Chine sauf par les récits des marins de commerce essentiellement, qui arrivaient au port de Lorient mais tout le monde avait la conscience plus ou moins confuse que la ville avait été crée pour la Cie des Indes au XVIIème siècle. Il y a eu un bateau, L'orient, qui s'écrivait avec une apostrophe et qui avait donné son nom à la ville. Donc, la ville elle-même avait ce passé lointain, très étrange, tournée justement vers le soleil levant. Tout cela s'est mélangé dans ma tête et c'est ainsi que je suis devenue une romancière orientée vers l'Orient.

Philippe Chauveau :
Romancière, mais aussi conteuse, novelliste, essayiste, journaliste, historienne, biographe aussi avec notamment le livre sur Cleopatre. Plusieurs styles d'écriture donc mais pourquoi ? Pour ne pas se cantonner à une seule idée de l'écriture ?

Irène Frain :
Non ! D'abord parce que j'aime me surprendre moi-même. Je suis une eau-vive, un être libre, donc j'ai envie de me surprendre. J'écris aussi les livres que je ne trouve pas en librairie. Je suis un être de curiosité, c'est ma seule religion. Quand il y a quelque chose que je ne comprends pas, je veux comprendre, j'enquête et je fais un livre.

Philippe Chauveau :
L'écriture vous enthousiasme toujours, chaque matin lorsque vous vous mettez au travail ?

Irène Frain :
Il y a des matins où j'y vais avec un trac fou ! J'ai des nuits de trac où je ne dors pas, où je tourne en rond dans cette pièce avec mal au ventre et puis, je finis toujours pas m'en sortir. Vous savez, mon modèle mythique, c'est Shéhérazade ! Toutes les nuits, elle risque sa peau ; si l'histoire n'est pas bonne, le sultan va lui couper la tête. Pour moi, la littérature, c'est se mettre en danger et je crois aussi que ma grande récompense, c'est que les lecteurs m'ont suivie. Les lecteurs eux-mêmes aiment voir leur auteur se mettre en danger. Pour eux, c'est la garantie de la surprise, de tourner la page et de se dire : « Quel coup elle va encore nous faire ? ». Et ça, c'est Shéhérazade !

Philippe Chauveau :
Merci beaucoup Irène Frain. La forêt des 29, c'est votre nouveau roman, chez Michel Lafon.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • Comme tous les natifs de Bretagne, Irène Frain a toujours eu le goût du voyage, de la découverte, de l'échange. A la fois journaliste et écrivain, elle connaît son premier grand succès public en 1982 avec Le Nabab. Alternant romans, contes et essais, elle n'aime rien tant que la rencontre avec ses lecteurs. Modern Styl, L'homme fatal ou plus récemment Les naufragés de l'île Tromelin lui ont permis de construire une fidélité avec son public. Attentive à l'évolution de la société et de la planète, Irène Frain, dans son...Un crime sans importance d'Irène Frain - Présentation - Suite
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    Philippe Chauveau : Irène Frain, votre nouveau livre chez Michel Lafon, La forêt des 29. Un titre énigmatique avec cette couverture lorsque l'on voit cet arbre dans le désert et une histoire passionnante que vous êtes allée chercher au XVème siècle, en Inde, avec ce jeune garçon, Djambo. Comment avez-vous découvert l'histoire de Djambo ? Irène Frain : Je suis passionnée par l'Inde. J'y vais depuis des années et donc j'ai une sorte de veille sur l'Inde. Je l'ai découvert dans un journal indien qui présentait l'histoire de...Un crime sans importance d'Irène Frain - Le livre - Suite