Thierry Lentz

Thierry Lentz

Bonaparte n'est plus !

Portrait 06'39"

Philippe Chauveau :

Bonjour Thierry Lentz

Thierry Lentz :

Bonjour.

Philippe Chauveau :

Vous êtes dans l'actualité avec ce nouveau livre chez Perrin, « Bonaparte n'est plus ! ». Vous êtes depuis 2000 directeur de la fondation Napoléon. Comment devient-on directeur de la fondation Napoléon ? Parce que dans votre parcours j'ai l'impression que rien ne vous prédestinait à cela… Vous avez fait des études de droit, des études politique, pourquoi la Fondation Napoléon aujourd'hui ?

Thierry Lentz :

Parce que la Fondation Napoléon, qui est un organisme à la fois sur le plan de son budget et sur le plan du personnel, avait besoin de quelqu'un qui soit à la fois un gestionnaire et un historien. Ce qui apparemment ne se trouve pas si facilement que cela… Or, moi, à l'époque, je travaillais dans le groupe Bouygues, dans une filiale. J'arrivais en en bout de course de cette affaire-là et on m'a proposé ce poste. Dans mon esprit j'y passais quelques années pour réorganiser les choses et finalement, cela fait quasiment vingt ans.

Philippe Chauveau :

Vous n'avez pas de formation d'historien? Vous êtes un historien amateur ?

Thierry Lentz :

Oui, je suis juriste grâce à mes diplômes de droit. Mais je n'ai pas suivi de cours d'histoire mis à part les cours d'histoire politique obligatoire.

Philippe Chauveau :

Peut-on résumer le rôle de la Fondation Napoléon ?

Thierry Lentz :

Pour résumer, pour dire les choses le plus simplement possible, c'est un centre de recherche sans étudiants. Un centre de recherche totalement privé, qui met à disposition une bibliothèque, des sites d'archives, et des encadrants pour les gens qui veulent faire des recherches chez nous ; ça c'est la première chose. Nous avons un deuxième aspect qui est plus universitaire, nous avons créé avec l'institut catholique de Vendée une chaire Napoléon, dans cet université catholique qui se trouve à la Roche-sur-Yon, ou nous développons des cours, des travaux dirigés mais aussi des suivis sur des master 1, des master 2, avec des étudiants. Je dirais que nous avons un troisième bras, c'est l'aide à la préservation du patrimoine napoléonien avec restauration de monument, mise en valeur etc. Notre grand dossier des quinze dernières années a été la restauration des quartiers de Sainte-Hélène que nous avons, avec le ministère des Affaires étrangères, entièrement restaurés.

Philippe Chauveau :

La Fondation Napoléon a une objectivité pour évoquer le Premier Empire, il n'y a pas de polémique derrière tout cela, c'est Napoléon avec ses faces obscures et ses faces lumineuses.

Thierry Lentz :

Oui, bien sûr ! Notre public a un attrait positif pour Napoléon mais notre façon de travailler est de faire de l'histoire. Parfois, l'histoire vous conduit à avoir une vue critique sur certains aspects du règne de Napoléon Ier ou de Napoléon III, donc on ne s'en prive pas. On ne polémique pas, y compris avec ceux qui voudraient polémiquer avec nous. On essaie d'être le plus objectif possible dans une matière où cela est toujours très difficile.

Philippe Chauveau :

Rien ne vous prédestinait à devenir directeur de cette Fondation Napoléon. Quelle image aviez-vous avant et depuis que vous êtes directeur de la Fondation, avez-vous un autre regard sur ce grand petit homme ?

Thierry Lentz :

Quand je suis arrivé à la Fondation j'avais déjà publié pas mal de livres mais cachés, personne ne savait la tête que j'avais à l'époque. Lorsque je suis arrivé à la Fondation Napoléon, cela a correspondu pour moi à une commande que m'ont passé les éditions Fayard, qui était ce qu'on a appelé « La Nouvelle Histoire du Premier Empire » où j'avais carte blanche. Cela n'existe plus, c'est une époque totalement révolue, mais le directeur de Fayard m'avait dit : « Vous faites ce que vous voulez » ! J'ai fait cinq volumes, un volume sur le Consulat et quatre volumes sur l'Empire. Je suis davantage entré dans l'histoire pure du règne napoléonien et je dirais que cela m'a conforté dans une chose que je pensais à savoir que l'époque est passionnante parce que c'est une époque de carrefour, on ne sait pas où est la légitimité, on ne sait pas où est le bien et le mal pour dire les choses simplement, avec un personnage qui évolue. Il n'est pas le même en 1800 qu'en 1815. C'est intéressant de chercher ces petites ruptures personnelles chez Napoléon.

Philippe Chauveau :

On l'a dit tout à l'heure, j'ai employé le terme d'historien amateur, et cela n'a rien de péjoratif, au contraire. Outre Napoléon, vous vous êtes intéressé à Hitler, à l'assassinat de John Kennedy, l'écriture romanesque aussi vous intéresse, vous avez publié « Tout le monde ment » en 2008. Entre la grande histoire et le roman, il y a des passerelles ? C'est quelque chose qui vous tente encore ça ?

Thierry Lentz :

Oui, il y a en ce moment toute une vague de romans qui se passent, ou pendant la première guerre mondiale ou immédiatement après, des enquêtes etc. Je pense que c'est aussi une bonne façon pour les lecteurs d'entrer dans l'Histoire elle-même à condition que tout cela soit bien fait, bien documenté. En ce qui me concerne, l'expérience du roman est vraiment derrière moi maintenant. J'ai beaucoup de sujets qui m'intéressent y compris en histoire contemporaine. De temps à autre j'en traite un.

Philippe Chauveau :

Ce qui veut dire qu'il y a d'autres sujets qui vous font envie ?

Thierry Lentz :

Oui, je ne vous dirai pas lequel mais j'ai déjà un sujet pour les années avenir qui est absolument hors histoire napoléonienne.

Philippe Chauveau :

Alors on va suivre votre bibliographie avec intérêt, une bibliographie déjà conséquente et dans laquelle prend place ce nouvel ouvrage, « Bonaparte n'est plus ! » aux éditions Perrin.

  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LIVRE
  • Rien ne prédisposait Thierry Lentz à devenir l’un des référents du Premier empire. Il est pourtant aujourd’hui directeur de la Fondation Napoléon où chercheurs, universitaires et historiens travaillent objectivement sur l’apport de Napoléon dans l’Histoire de France. On a tout dit, tout écrit ou presque sur Napoléon, le petit Corse devenu empereur des français. D’Austerlitz à Waterloo, Napoléon est devenu un mythe. Mais comment et quand cette légende est-elle née ? Que se passa-t-il à la mort du grand homme, le 5...Bonaparte n'est plus ! de Thierry Lentz - Présentation - Suite
      Philippe Chauveau : Bonjour Thierry Lentz Thierry Lentz : Bonjour. Philippe Chauveau : Vous êtes dans l'actualité avec ce nouveau livre chez Perrin, « Bonaparte n'est plus ! ». Vous êtes depuis 2000 directeur de la fondation Napoléon. Comment devient-on directeur de la fondation Napoléon ? Parce que dans votre parcours j'ai l'impression que rien ne vous prédestinait à cela… Vous avez fait des études de droit, des études politique, pourquoi la Fondation Napoléon aujourd'hui ? Thierry Lentz : Parce que la Fondation...Bonaparte n'est plus ! de Thierry Lentz - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau : Thierry Lentz, « Bonaparte n'est plus ! », c'est votre actualité chez Perrin, voilà un titre accrocheur, un titre qui claque. On remarquera le point d'exclamation et le choix de « Bonaparte n'est plus », vous auriez pu titrer « Napoléon n'est plus », expliquez-nous ce titre. Thierry Lentz : C'est la façon dont les journaux ont annoncé la nouvelle dans le monde entier. Dans pratiquement tous les journaux, c'est la première phrase des articles consacrés à Napoléon : « Bonaparte n'est plus »....Bonaparte n'est plus ! de Thierry Lentz - Livre - Suite