Alain Teulié

Alain Teulié

Pensées d'un père pour la fille qu'il n'a pas eue

Portrait 4'31

Philippe Chauveau :

Bonjour Alain Teulié. Merci de nous recevoir à l'occasion de la sortie chez Anne Carrière de votre nouveau livre « Pensées d'un père pour la fille qu'il n 'a pas eue ». Avant de parler de ce livre, revenons sur votre parcours, parce qu'il y a eu la télévision, le cinéma, le théâtre, des scénarios pour la télévision. Vous êtes un touche-à-tout de l'écriture ?

Alain Teulié :

J'essaie de ne pas me disperser. C'est très difficile quand on aime bien faire et qu'on s'aperçoit qu'on peut arriver à faire plusieurs choses. Je crois que la littérature, c'est ma maison mère. C'est vraiment quelque chose dont je rêvais quand j'étais enfant. J'ai aimé faire mes premières dissertations à l'école, j'ai aimé raconter des histoires, écrire des poèmes, des nouvelles. Quand les romans ont commencé à sortir, j'ai senti vraiment que j'arrivais à quelque chose dont j'avais vraiment rêvé. Mais comme je pouvais aussi jouer la comédie, j'ai joué quelques pièces. Comme je pouvais écrire, j'ai fait de la presse écrite et comme j'aimais bien communiquer, j'ai fait aussi de la télévision et de la radio. C'est du langage tout ça, c'est du verbe, mais avec des couleurs différentes. Cocteau disait quand il peignait que ça le reposait de faire du théâtre et que le théâtre ça le reposait d'écrire. On se repose d'une chose en faisant une autre.

Philippe Chauveau :

Vous évoquez Cocteau. Et de Cocteau à Marais il n'y a qu'un pas. Vous avez été l'assistant de Jean Marais pour une pièce de théâtre. C'est un beau souvenir ça ?

Alain Teulié :

C'est un souvenir extraordinaire parce que ça ramène à une époque que je ne pouvais pas connaître puisque Cocteau est mort en 1963. Ca nous ramène à l'avant-guerre, à la guerre et à l'après-guerre et c'est vrai que j'ai été l'assistant de Jean Marais pendant un an. On a fait une tournée dans le monde ensemble pour « Cocteau Marais ». C'était des textes de Cocteau mis bout à bout par Jean-Luc Tardieu, auxquels j'avais eu la chance de participer dans le montage poétique. J'avais été assistant au Théâtre de l'Atelier. Rencontrer quand on a 25 ans des gens qui ont 70 ans et qui ont connu Picasso, Jean Genet et Coco Chanel. Ca m'a donné un certain de goût de vivre que je n'aurais pas eu sans lui.

Philippe Chauveau :

Vos influences littéraires ou théâtrales, quelles sont-elles ?

Alain Teulié :

En littérature j'aime les grands classiques, comme Rousseau, Balzac, qu'on apprend au lycée. Après, j'ai découvert la magie des mots surtout avec Nabokov. C'est vrai que dans « La vraie vie de Sébastien Knight » ou les romans de Faulkner, ou les romans d'Henri Miller, il y a un lyrisme et ce sont devenus des amis. Quand on aime vraiment la littérature, et pas seulement les livres qui sortent et qu'il faut lire parce que la presse en parle ou parce que les gens passent à la télé, lorsqu'on aime vraiment la littérature, ce sont des amis incroyables.

Philippe Chauveau :

Vous qui alternez l'écriture romanesque et théâtrale, comment passe-t-on de l'un à l'autre. Est-ce le même Alain Teulié qui écrit pour le théâtre ou pour la littérature ?

Alain Teulié :

J'ai été joué il y a quelques années, et là j'ai cinq pièces en préparation, j'en ai écrit cinq d'un coup en deux ans. En fait, ce n'est pas la même partie du cerveau qui travaille. Le théâtre, c'est de la littérature en creux et la littérature, ce sont des mots en bosse. Il y a très peu de non-dits, tout doit être montré. Il faut donner au public, lui donner envie de tourner les pages. Au théâtre, on ne tourne pas les pages, mais il ne faut pas s'en aller. Il faut donner envie aux gens de rester en place. Et surtout, c'est le sens du non-dit. Au théâtre, le maître à penser des auteurs, des dramaturges c'est Tchekov parce que, au lieu de dire « je t'aime ou je ne t'aime plus », il dit je vais chercher le samovar et je vais me faire du thé. Il avait tout compris, bien avant Freud.

Philippe Chauveau :

Que ce soit dans vos romans ou dans vos pièces, vous êtes un observateur de votre époque, vous aimez bien croquer vos contemporains parfois avec un peu d'acidité. C'est un regard désabusé sur notre époque ou un regard amusé ?

Alain Teulié :

Ce n'est pas un regard désabusé, c'est un regard de buse. J'aime bien voir les choses et leur foncer dessus, les emporter et les étudier. On est tous un peu entomologiste. Tous les écrivains le sont, des plus mauvais aux meilleurs. Un écrivain, c'est quelqu'un qui regarde un détail à la loupe. Je crois que Flaubert disait : « pour qu'une chose soit intéressante, il faut la regarder longtemps ». Il faut bien montrer les travers de ses contemporains. Ce sont les mêmes que ceux d'avant et ceux qui viendront.

Philippe Chauveau :

L'écriture, ça vous apporte quoi dans la vie ?

Alain Teulié :

La stabilité morale, le goût de me lever le matin et de supporter parfois les moments difficiles. Quand je vis une chose qui est désagréable, je me dis que je m'en servirai dans mes livres. Ca sert à quelque chose.

Philippe Chauveau :

Merci beaucoup Alain Teulié. Votre actualité chez Anne Carrière « Pensées d'un père pour la fille qu'il n 'a pas eue »

Philippe Chauveau :

Bonjour Alain Teulié. Merci de nous recevoir à l'occasion de la sortie chez Anne Carrière de votre nouveau livre « Pensées d'un père pour la fille qu'il n 'a pas eue ». Avant de parler de ce livre, revenons sur votre parcours, parce qu'il y a eu la télévision, le cinéma, le théâtre, des scénarios pour la télévision. Vous êtes un touche-à-tout de l'écriture ?

Alain Teulié :

J'essaie de ne pas me disperser. C'est très difficile quand on aime bien faire et qu'on s'aperçoit qu'on peut arriver à faire plusieurs choses. Je crois que la littérature, c'est ma maison mère. C'est vraiment quelque chose dont je rêvais quand j'étais enfant. J'ai aimé faire mes premières dissertations à l'école, j'ai aimé raconter des histoires, écrire des poèmes, des nouvelles. Quand les romans ont commencé à sortir, j'ai senti vraiment que j'arrivais à quelque chose dont j'avais vraiment rêvé. Mais comme je pouvais aussi jouer la comédie, j'ai joué quelques pièces. Comme je pouvais écrire, j'ai fait de la presse écrite et comme j'aimais bien communiquer, j'ai fait aussi de la télévision et de la radio. C'est du langage tout ça, c'est du verbe, mais avec des couleurs différentes. Cocteau disait quand il peignait que ça le reposait de faire du théâtre et que le théâtre ça le reposait d'écrire. On se repose d'une chose en faisant une autre.

Philippe Chauveau :

Vous évoquez Cocteau. Et de Cocteau à Marais il n'y a qu'un pas. Vous avez été l'assistant de Jean Marais pour une pièce de théâtre. C'est un beau souvenir ça ?

Alain Teulié :

C'est un souvenir extraordinaire parce que ça ramène à une époque que je ne pouvais pas connaître puisque Cocteau est mort en 1963. Ca nous ramène à l'avant-guerre, à la guerre et à l'après-guerre et c'est vrai que j'ai été l'assistant de Jean Marais pendant un an. On a fait une tournée dans le monde ensemble pour « Cocteau Marais ». C'était des textes de Cocteau mis bout à bout par Jean-Luc Tardieu, auxquels j'avais eu la chance de participer dans le montage poétique. J'avais été assistant au Théâtre de l'Atelier. Rencontrer quand on a 25 ans des gens qui ont 70 ans et qui ont connu Picasso, Jean Genet et Coco Chanel. Ca m'a donné un certain de goût de vivre que je n'aurais pas eu sans lui.

Philippe Chauveau :

Vos influences littéraires ou théâtrales, quelles sont-elles ?

Alain Teulié :

En littérature j'aime les grands classiques, comme Rousseau, Balzac, qu'on apprend au lycée. Après, j'ai découvert la magie des mots surtout avec Nabokov. C'est vrai que dans « La vraie vie de Sébastien Knight » ou les romans de Faulkner, ou les romans d'Henri Miller, il y a un lyrisme et ce sont devenus des amis. Quand on aime vraiment la littérature, et pas seulement les livres qui sortent et qu'il faut lire parce que la presse en parle ou parce que les gens passent à la télé, lorsqu'on aime vraiment la littérature, ce sont des amis incroyables.

Philippe Chauveau :

Vous qui alternez l'écriture romanesque et théâtrale, comment passe-t-on de l'un à l'autre. Est-ce le même Alain Teulié qui écrit pour le théâtre ou pour la littérature ?

Alain Teulié :

J'ai été joué il y a quelques années, et là j'ai cinq pièces en préparation, j'en ai écrit cinq d'un coup en deux ans. En fait, ce n'est pas la même partie du cerveau qui travaille. Le théâtre, c'est de la littérature en creux et la littérature, ce sont des mots en bosse. Il y a très peu de non-dits, tout doit être montré. Il faut donner au public, lui donner envie de tourner les pages. Au théâtre, on ne tourne pas les pages, mais il ne faut pas s'en aller. Il faut donner envie aux gens de rester en place. Et surtout, c'est le sens du non-dit. Au théâtre, le maître à penser des auteurs, des dramaturges c'est Tchekov parce que, au lieu de dire « je t'aime ou je ne t'aime plus », il dit je vais chercher le samovar et je vais me faire du thé. Il avait tout compris, bien avant Freud.

Philippe Chauveau :

Que ce soit dans vos romans ou dans vos pièces, vous êtes un observateur de votre époque, vous aimez bien croquer vos contemporains parfois avec un peu d'acidité. C'est un regard désabusé sur notre époque ou un regard amusé ?

Alain Teulié :

Ce n'est pas un regard désabusé, c'est un regard de buse. J'aime bien voir les choses et leur foncer dessus, les emporter et les étudier. On est tous un peu entomologiste. Tous les écrivains le sont, des plus mauvais aux meilleurs. Un écrivain, c'est quelqu'un qui regarde un détail à la loupe. Je crois que Flaubert disait : « pour qu'une chose soit intéressante, il faut la regarder longtemps ». Il faut bien montrer les travers de ses contemporains. Ce sont les mêmes que ceux d'avant et ceux qui viendront.

Philippe Chauveau :

L'écriture, ça vous apporte quoi dans la vie ?

Alain Teulié :

La stabilité morale, le goût de me lever le matin et de supporter parfois les moments difficiles. Quand je vis une chose qui est désagréable, je me dis que je m'en servirai dans mes livres. Ca sert à quelque chose.

Philippe Chauveau :

Merci beaucoup Alain Teulié. Votre actualité chez Anne Carrière « Pensées d'un père pour la fille qu'il n 'a pas eue »

Pensées d'un père pour la fille qu'il n'a pas eue Aux Éditions Anne Carrière
  • PRÉSENTATION
  • PORTRAIT
  • LE LIVRE
  • Chez Alain Teulié, avoir un livre dans les mains est aussi évident que de prendre son café le matin. Très jeune, il découvre le plaisir de la lecture mais aussi de l’écriture. Le théâtre l’intéresse pareillement, et après avoir été l’assistant de Jean Marais,  il devient lui-même comédien. S’il monte sur scène, il écrit égalemnet des pièces comme « Virages » jouée par Catherine Arditi. Touche à tout, il anime en parallèle pendant plusieurs années un talk-show sur Paris Première, puis publie son 1er...Pensées d'un père pour la fille qu'il n'a pas eue d'Alain Teulié - Présentation - Suite
    Philippe Chauveau : Bonjour Alain Teulié. Merci de nous recevoir à l'occasion de la sortie chez Anne Carrière de votre nouveau livre « Pensées d'un père pour la fille qu'il n 'a pas eue ». Avant de parler de ce livre, revenons sur votre parcours, parce qu'il y a eu la  télévision, le cinéma, le théâtre, des scénarios pour la télévision. Vous êtes un touche-à-tout de l'écriture ? Alain Teulié : J'essaie de ne pas me disperser. C'est très difficile quand on aime bien faire et qu'on s'aperçoit qu'on peut arriver...Pensées d'un père pour la fille qu'il n'a pas eue d'Alain Teulié - Portrait - Suite
    Philippe Chauveau : Alain Teulié, votre actualité chez Anne Carrière, Pensées d'un père pour la fille qu'il n'a pas eue. C'est un livre étonna,t mais dans quel étage de la bibliothèque doit-on le ranger?Dans les romans, les essais, les poésies ? Alain Teulié : D'abord, j'aimerais que les librairies le mettent à hauteur d'oiel. En fait, mon nom commence par T, et parfois c'est par terre; donc déjà à hauteur de visage si on peut. Pour moins plaisanter, je crois que c'est un roman , même s'il est écrit parfois avec deux...Pensées d'un père pour la fille qu'il n'a pas eue d'Alain Teulié - Le livre - Suite