Gérard de Cortanze

Gérard de Cortanze

Frida Khalo

Portrait 3'46

Philippe Chauveau :

Bonjour Gérard de Cortanze. Merci de nous recevoir sur votre lieu de travail, dans votre bureau chez Albin Michel. Vous publiez « Frida Kahlo, la beauté terrible », c'est votre actualité. Et l'écriture, j'ai envie de dire, a toujours plus ou moins fait partie de votre vie. L'écriture vous a-t-elle sauvée d'une vie que vous n'auriez pas eu envie de construire différemment ?

Gérard de Cortanze :

Certainement. De toute façon, je pense que toute écriture naît d'une faille. Cette faille, c'est sans doute mon enfance, cette famille un peu particulière, c'est-à-dire l'Italie piémontaise aristocratique du côté du père, l'Italie prolétarienne, napolitaine du côté de ma mère. Il y a une faille parce qu'on ne parlait pas de l'Italie.

Philippe Chauveau :

C'était interdit de prononcer le mot « Italie » dans votre famille.

Gérard de Cortanze :

Totalement, au nom de l'intégration. C'est Cocteau qui dit « vous avez un clou dans votre chaussure, gardez-le, c'est très important parce que votre vie est là. Il faut vivre avec ce clou dans votre chaussure.Je pense que la création vient d'un clou dans votre chaussure, d'un manque, d'une faille, d'une difficulté. J'étais très solitaire, totalement incompris et je m'organisais, je me construisais dans les livres. Il n'y a rien de négatif dans tout cela. Il y a une volonté chez moi de bonheur total. Donc je ne pleure pas sur cette enfance. Les difficultés que j'ai pu éprouver dans cette enfance, m'ont permis d'écrire et d'être ce que je suis aujourd'hui.

Philippe Chauveau :

Le sport a aussi fait partie de votre vie.

Gérard de Cortanze :

Je courais le 400m au Racing Club de France. J'étais un athlète de haut niveau, mais j'étais pas assez baraqué, costaud, donc j'ai glissé vers le 800m. Ce qui m'intéresse dans le sport – et c'est très lié à la littérature – c'est la notion de perte, de difficulté, de douleur et de joie absolument immense. Ecrire, c'est un peu comme une course, il faut arriver jusqu'au bout. Tant que la ligne n'est pas franchie, tout est possible. Un livre, c'est pareil. Tant que vous avez pas mis le point final, vous pouvez revoir, recorriger...

Philippe Chauveau :

Quel regard portez-vous sur la littérature aujourd'hui ?

Gérard de Cortanze :

La littérature française ou la littérature européenne, mondiale ? C'est pas la même chose.

Philippe Chauveau :

Allez, française !

Gérard de Cortanze :

Je trouve que c'est de plus en plus une sorte de littérature française repliée sur elle-même, qui n'est pas inventive, qui se regarde le nombril, qui est déprimante, qui est ennuyante à lire. Je n'y arrive pas, mais je voudrais bien. Il y a quelques livres qui m'intéressent. Le livre de Limonov est un très grand livre, les livres de Le Clézio sont des très grands livres. Ca me fait penser un peu au sport. Tout à coup, il y a un coureur français du 100m qui fait des temps formidables, mais c'est le seul, il n'y en a qu'un. On a l'impression qu'en littérature aujourd'hui, c'est ça. Je préfère me replonger dans des écrivains morts qui sont beaucoup plus vivants que des écrivains vivants dont beaucoup sont morts. Ils se croient en vie, mais en fait ils sont morts et je préfère me plonger dans la littérature étrangère. La littérature américaine est tellement intéressante, la littérature espagnole contemporaine aussi.

Philippe Chauveau :

Merci beaucoup Gérard de Cortanze. Votre actualité : « Frida Kahlo, la beauté terrible », c'est aux éditions Albin Michel.

Philippe Chauveau :

Bonjour Gérard de Cortanze. Merci de nous recevoir sur votre lieu de travail, dans votre bureau chez Albin Michel. Vous publiez « Frida Kahlo, la beauté terrible », c'est votre actualité. Et l'écriture, j'ai envie de dire, a toujours plus ou moins fait partie de votre vie. L'écriture vous a-t-elle sauvée d'une vie que vous n'auriez pas eu envie de construire différemment ?

Gérard de Cortanze :

Certainement. De toute façon, je pense que toute écriture naît d'une faille. Cette faille, c'est sans doute mon enfance, cette famille un peu particulière, c'est-à-dire l'Italie piémontaise aristocratique du côté du père, l'Italie prolétarienne, napolitaine du côté de ma mère. Il y a une faille parce qu'on ne parlait pas de l'Italie.

Philippe Chauveau :

C'était interdit de prononcer le mot « Italie » dans votre famille.

Gérard de Cortanze :

Totalement, au nom de l'intégration. C'est Cocteau qui dit « vous avez un clou dans votre chaussure, gardez-le, c'est très important parce que votre vie est là. Il faut vivre avec ce clou dans votre chaussure.Je pense que la création vient d'un clou dans votre chaussure, d'un manque, d'une faille, d'une difficulté. J'étais très solitaire, totalement incompris et je m'organisais, je me construisais dans les livres. Il n'y a rien de négatif dans tout cela. Il y a une volonté chez moi de bonheur total. Donc je ne pleure pas sur cette enfance. Les difficultés que j'ai pu éprouver dans cette enfance, m'ont permis d'écrire et d'être ce que je suis aujourd'hui.

Philippe Chauveau :

Le sport a aussi fait partie de votre vie.

Gérard de Cortanze :

Je courais le 400m au Racing Club de France. J'étais un athlète de haut niveau, mais j'étais pas assez baraqué, costaud, donc j'ai glissé vers le 800m. Ce qui m'intéresse dans le sport – et c'est très lié à la littérature – c'est la notion de perte, de difficulté, de douleur et de joie absolument immense. Ecrire, c'est un peu comme une course, il faut arriver jusqu'au bout. Tant que la ligne n'est pas franchie, tout est possible. Un livre, c'est pareil. Tant que vous avez pas mis le point final, vous pouvez revoir, recorriger...

Philippe Chauveau :

Quel regard portez-vous sur la littérature aujourd'hui ?

Gérard de Cortanze :

La littérature française ou la littérature européenne, mondiale ? C'est pas la même chose.

Philippe Chauveau :

Allez, française !

Gérard de Cortanze :

Je trouve que c'est de plus en plus une sorte de littérature française repliée sur elle-même, qui n'est pas inventive, qui se regarde le nombril, qui est déprimante, qui est ennuyante à lire. Je n'y arrive pas, mais je voudrais bien. Il y a quelques livres qui m'intéressent. Le livre de Limonov est un très grand livre, les livres de Le Clézio sont des très grands livres. Ca me fait penser un peu au sport. Tout à coup, il y a un coureur français du 100m qui fait des temps formidables, mais c'est le seul, il n'y en a qu'un. On a l'impression qu'en littérature aujourd'hui, c'est ça. Je préfère me replonger dans des écrivains morts qui sont beaucoup plus vivants que des écrivains vivants dont beaucoup sont morts. Ils se croient en vie, mais en fait ils sont morts et je préfère me plonger dans la littérature étrangère. La littérature américaine est tellement intéressante, la littérature espagnole contemporaine aussi.

Philippe Chauveau :

Merci beaucoup Gérard de Cortanze. Votre actualité : « Frida Kahlo, la beauté terrible », c'est aux éditions Albin Michel.

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  • LE LIVRE
  • L'AVIS DU LIBRAIRE
  • Petit-fils d’un grand- père italien aristocrate ruiné et d’une grand-mère anglaise couturière, Gérard de Cortanze a très tôt décidé de rêver sa vie. Et si le sport a un temps occupé son quotidien, notamment la course à pied, c’est dans l’écrit qu’il se réalise. A 18 ans, il publie ses premiers poèmes et dès lors, ne cessera d’écrire, alternant romans, poésie, essais ou biographies. En 1985, il publie « Les enfants s’ennuient le dimanche » et obtient le Prix Renaudot en 2002 pour « Assam ». Critique...Gérard de Cortanze de Gérard Cortanze (de) - Présentation - Suite
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    Philippe Chauveau : Gérard de Cortanze, merci de nous recevoir dans votre bureau aux éditions Albin Michel. « Frida Kahlo, la beauté terrible », c'est votre nouveau livre. On l'appelle comment ? Essai, biographie ? Gérard de Cortanze : C'est un essai biographique. Philippe Chauveau : Il ne faut pas s'étonner que vous consacriez un livre à Frida Kahlo, parce que la culture hispanique a toujours fait partie de votre vie. Vous avez un attrait pour la culture hispanique. Gérard de Cortanze : Comme je ne pouvais pas...Gérard de Cortanze de Gérard Cortanze (de) - Le livre - Suite
    Gérard de Cortanze a vraiment eu une très très bonne idée de faire une biographie sur Frida Kahlo parce qu'on pense qu'elle est connue et en fait elle n'est pas si connue que ça en France. Et c'est vraiment intéressant. D'abord, ce sont les femmes qui ont envie de le lire parce que la couverture est assez féminine et les femmes ont envie de savoir qui était Frida Kahlo. Je trouve que c'est l'une des meilleures biographies de la rentrée littéraire, sans conteste l'une des meilleures. Gérard de Cortanze écrit vraiment bien et...Gérard de Cortanze de Gérard Cortanze (de) - L'avis du libraire - Suite