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Présentation

Rédacteur en chef du journal « L'Humanité », Jean-Emmanuel Ducoin est aussi un passionné de vélo dont les articles sportifs ont été récompensés à plusieurs reprises.
Depuis près de vingt ans, Jean-Emmanuel Ducoin suit pour « L'Humanité » l'épreuve cycliste la plus populaire au monde, le Tour de France.
Au-delà de sa légende, le Tour de France semble aujourd'hui englué dans des scandales de dopage et d'argent qui prennent le pas sur l'aspect sportif de la compétition. Et pourtant, depuis 1903, ils sont nombreux ces champions de l'impossible à s'être illustrés sur les routes de la France estivale. Et chaque année, immanquablement, des milliers de passionnés sont au rendez-vous .
Dans un essai intitulé « Tour de France, une belle histoire ? » publié aux Editions Michel de Maule, Jean-Emmanuel Ducoin s'interroge sur l'attachement des français à cette compétition mythique et, au-delà de ses souvenirs personnels, il entrouvre la porte sur quelques secrets et s'interroge sur le devenir de cette compétition.
Jean-Emmanuel Ducoin est sur Web TV Culture.
 
Interview de l'auteur

-Jean-Emmanuel Ducoin, nous sommes ensemble sur Web Tv Culture à l'occasion de la sortie de votre livre aux éditions Michel de Maule « Tour de France, une belle histoire ? », vous êtes aussi un journaliste passionné, rédacteur en chef de « l'Humanité », comment est née votre passion pour le journalisme ?
-Très tôt dans mon apprentissage intellectuel, il y a Jean Jaurès, il y a la rencontre avec cet homme, ses écrits, le premier éditorial de « l'Humanité' , j'avais 11 ou 12 ans, en même temps que Jules Verne, ce sont des choses qui marquent le parcours d'un homme. C'est vrai que je suis rentré très jeune à « l'Humanité », j'avais 20 ans.
-Au croisement des années 80/90, j'étais un jeune militant communiste. Donc il n'y a pas de hasard dans mon arrivée dans ce journal-là particulièrement.
Je n'ai pas fait d'école de journalisme, quand je suis arrivé à « l'Humanité » en 1986, juste après mon service militaire, j'ai fait plutôt une formation dans les arts graphiques, dans l'imprimerie, de Gutenberg au journalisme, il y a beaucoup de mots, de l'impression, du papier, l'envie d'écrire, ça m'est venu très vite. Je suis rentré à « l'Humanité » secrétaire de rédaction, à la maquette, c'était la tradition avant, dans la presse quotidienne nationale de faire ses armes dans la fabrication du journal au quotidien, et puis quelques mois après, très vite, la soif, la volonté, l'envie d'écrire m'ont complètement accaparées.
-Un attachement à Jaurès, la passion de l'actualité, vous devenez rédacteur en chef, mais vous avez une autre passion : le cyclisme, vous avez d'ailleurs obtenu des prix pour vos articles sportifs, comment est-on à la fois, journaliste, passionné de sport, comment en arrive-t-on à écrire un livre sur le sport ?
-Quand je suis arrivé à « l'Humanité », derrière le voile de ma volonté d'écriture, très forte, l'envie de faire le Tour de France s'est manifestée très vite. C'était plus qu'un rêve d'être suiveur sur le Tour de France, de participer à cette aventure collective. Il est vrai que j'ai eu deux prix journalistiques dans le domaine sportif parce que j'ai beaucoup écrit dans les années 90 sur ces sujets. Pendant les jeux d'Albertville, j'ai eu un prix, et puis effectivement j'ai eu le prix Pierre Chany, en 1997, c'était un moment très particulier, parce que Pierre Chany était un grand journaliste de « l'Equipe ».
-1903, la création du Tour de France, 1904, la création du journal « l'Humanité », des histoires qui sont parallèles ?
-Henri Desgranges a créé le Tour en 1903, « l'Humanité » en 1904, et puis au fil du vingtième siècle, « l'Humanité » peut revendiquer – non pas le maillot jaune-, mais un peu « à la Poulidor », la place de numéro deux dans l'histoire des suiveurs du Tour de France. Puisque « l'Humanité », après « l'Equipe », est le journal quotidien national qui a suivi le plus d'épreuves.
-Après « Notes d'Humanité(s), Journal d'un effronté », déjà chez Michel de Maule, et « Tour de France, une belle histoire ? « , est-ce qu'il y a d'autres passions que vous auriez envie de coucher sur le papier, d'autres envies d'écriture, de livres ?
-Il y aura des suites…Probablement des essais, des choses autour de l'univers politique, médiatique, on peut voir en ce moment ce que ça peut charrier comme pression…Donc cet univers m'intéresse particulièrement, et puis évidemment la fiction.
-Jean-Emmanuel Ducoin, merci, on aura plaisir à vous retrouver chaque jour dans les pages de « l'Humanité », et je rappelle le titre de votre livre « tour de France, une belle histoire ? », c'est aux éditions Michel de Maule.
 
Son actualité littéraire

-Jean-Emmanuel Ducoin, merci de nous recevoir pour Web Tv Culture, vous venez de publier aux éditions Michel de Maule « Tour de France, une belle histoire ? »,pouvez-vous nous dire comment est née l'idée de ce livre ?
-J'avais envie de faire quelque chose d'assez lucide, et puis j'avais envie de raconter vingt années passées sur le Tour de France comme suiveur, comme journaliste à »l'Humanité », c'est très important parce que l'histoire de « l'Humanité » et celle du Tour de France se croisent beaucoup au fil du vingtième siècle.
Je suis à la fois un authentique passionné de cyclisme, j'ai pratiqué le cyclisme, donc je crois que le mélange du passionné de cyclisme, du journaliste, et du suiveur amoureux du Tour, amoureux du peuple du Tour, donne peut-être un petit parfum d'authenticité, en tout cas je le revendique. -Aujourd'hui, le Tour de France, qu'est-ce que c'est sur le plan sportif ?
-Le Tour a été toujours un monde en réduction qui a créé des personnages à sa démesure, je ne suis pas très bien sûr que ce soit encore le cas aujourd'hui. J'ai la douloureuse impression, en étant derrière les coureurs, en regardant cette mondialisation prendre le Tour, l'univers télévisuel, on a plus l'impression de regarder des produits et on est plus dans l'univers libéral, ultra-libéral que dans la poétique à la Blondin, ou à la Henri Desgranges.
-Comment expliquer que l'épreuve soit toujours aussi populaire au sens noble du terme ? -Au nom de l'histoire probablement, mais ça ne suffit pas à expliquer, que le Tour de France, dans les grands cols mythiques, ramène autant de monde, autant de ferveur, ramène toutes les générations. Je ne suis pas « jaurèssien « pour rien, révolutionnaire pour rien, je pense que le peuple du Tour doit ressentir les choses comme moi. Il doit rester probablement des hommes, des familles, des gens qui aiment le sport, qui aiment ce spectacle authentiquement populaire et gratuit. Ces gens en venant regarder les géants de la route, il n'en reste plus beaucoup hélas, se disent que derrière cette humanité, il reste des hommes, qui font des efforts, qui sont –certes-les produits d'un système, qui se dopent beaucoup, beaucoup trop bien évidemment, mais probablement que ce peuple du tour, au nom de l'histoire et de ce qu'il vit aujourd'hui, se dit qu'il y a encore quelque chose à faire pour sauver ce patrimoine, tout simplement.
Je ne peux pas regarder ces gens qui s'arrêtent de travailler, ou qui sont en vacances, qui regardent passer les coureurs, surpayés, survitaminés, sans me dire que ces gens sont là pour eux, mais pas seulement pour eux. Je pense que ces gens-là parviennent à s'incarner dans quelque chose de plus grand qu'eux. Et ça, ça s'appelle la République Française, oui, je crois à ça.
-Dans votre livre, Jean-Emmanuel Ducoin, il y a beaucoup de souvenirs personnels lorsque vous avez suivi le Tour, certains noms sont « agrafés », et puis il y en d'autres pour lesquels vous avez une réelle sympathie ?
-Si je devais donner quelques noms, j'aimerais que ce soir des noms de gens actuelles, Jean-René Bernaudeau, Marc Madiot, Eric Boyer, trois directeurs sportifs aujourd'hui. Il faut se battre activement aux côtés de ces gens-là, qui ont décidé de taper du poing sur la table, qui ont décidé de dire stop au système, stop au dopage. J'ai envie que les journalistes, les spectateurs, les médias, les écrivains, que tout le monde défende ces gens-là parce que –eux- sont encore capables de sauver ce qui peut encore l'être, c'est-à-dire une certaine idée du cyclisme.
- Jean-Emmanuel Ducoin, merci beaucoup,« tour de France, une belle histoire ? », c'est aux éditions Michel de Maule.
 

Interview du libraire


Librairie Millepages
Pascal Thuot

174 r Fontenay
94300 VINCENNES

Tél : 01 43 28 04 15
fax : 01 43 74 44 13

Jean-Emmanuel Ducoin est un journaliste important de la place parisienne et nationale, il est depuis 1999 le rédacteur en chef de « l'Humanité ». Avant ça, il a animé le volet politique du journal, et il est l'un des chroniqueurs cyclistes les plus pertinents de ces vingt dernières années.
On ressent une passion très ancrée et très profonde pour le vélo et pour le Tour de France en particulier. J'ai vu deux personnages dans ce livre : le journaliste de qualité, l'acuité du regard, la pertinence du propos. Et puis comme tout bon journaliste, la caractère parfois un peu piquant de la prose, des idées; et puis surtout le grand passionné de vélo, l'addict au Tour de France.
Ce qu'on ressent dès le départ et même au travers du titre «Tour de France, une belle histoire ?», on ressent de la part de l'auteur une immense mélancolie pour une histoire, qui selon lui s'est arrêtée, en tout cas son histoire avec le tour de France a pris une sérieuse claque, après ces quelques années de tour décevantes dans leur forme et amputées de la part aventureuse qui a toujours collé au Tour de France
Donc on a vraiment la sensation d'un divorce non consenti, d'un départ terrible dans la vie d'un homme qui a nourri une passion absolument énorme pour cet événement sportif Je pense que ce livre touchera les amateurs de cyclisme de manière très forte puisque ce que dit Jean-Emmanuel Ducoin, les grands amateurs de vélo le ressentent au fond d'eux-mêmes. Aujourd'hui, un amateur du Tour de France ne peut plus regarder la compétition de la même manière, en tout cas pas avec cet amour un peu aveugle qu'il a entretenu depuis son enfance pour cette compétition.
Je pense qu'il peut être lu aussi par un public plus néophyte parce qu'on va être fasciné, dans un premier temps notamment, dans la partie qui concerne l'historique du tour de France, par quelques figures absolument extraordinaires de ce sport, et qui deviennent des figures plus importantes, qui dépassent le cadre du sport, on pense à René Vietto dont il fait un portrait très émouvant, mais on pense aussi à Bernard Hinault, Raymond Poulidor qui traversent le livre de manière très sensible et avec une démonstration de la sensibilité de ces hommes.
Tous les commentaires sur : Tour de France - Jean-Emmanuel Ducoin
Posté par : Carlier
J'ai acheté ce livre dans la plus grande librairie de Brest. Je l'ai lu avant le départ du Tour et j'ai ressenti une telle émotion que je dois la faire partager. Ce livre est extraordinaire. Quelle écriture, quelle sensibilité. Et voilà quelqu'un qui aime le vélo, tellement, que son combat contre le dopage est crédible, au moins.

Posté par : Paul
Oui, à pleurer tant sa passion est forte. J'ai lu ce livre et j'adore cette manière d'écrire. J'avais lu la critique de Mordillat puis le commentaire d'un lecteur de l'Humanité et je m'y suis précipité. Je le termine à l'instant. Parfait, et merci monsieur Ducoin !
Posté par : Patrick
Un tel mélange de passion et de combat, voilà qui est bien rare de nos jours, où le cynisme l'emporte trop souvent. Oui il faut continuer de se battre pour le cyclisme qu'on aime. Je vais donc lire ce livre très vite.
Posté par : ZOE
J'ai également lu ce livre. Je dois dire que j'ai été émue aux larmes par le dernier chapitre. Ces pages sur le Ventoux notamment comptent désormais dans la grande littérature sportive. Merci.
Posté par : Patou
J'ai acheté ce livre hier matin à la FNAC, après avoir lu une critique élogieuse de Gérard Mordillat et après avoir entendu l'auteur sur Europe 1 dimanche soir. Et je l'ai dévoré, ce livre. Je le conseille vivement car Monsieur Ducoin, un vrai passionné de cyclisme, aime aussi la philosophie, la République, l'Histoire et même la politique. Et si son récit, qui intéressera les non spécialistes du vélo, est parfois très intime, puisqu'il ne se ménage pas, il y a quelque chose d'universel à lire ce livre. Comme l'histoire d'un divorce évident, mais qu'il refuse de consommer. Magnifique.
Posté par : Anouck Leuret
Je cours acheter ton livre, et j'espère une dédicace à la hauteur. J'ai aussi hâte de lire les prochains.
Le Tour de France m'a permis de rencontrer quelques personnes de valeur, qui resteront toujours dans ma mémoire... Tu en fais parti !
Belle route du Tour 2008
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