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Pascal Manoukian
Les échoués
 

Philippe Chauveau : Bonjour Pascal Manoukian.

Pascal Manoukian : Bonjour.

Philippe Chauveau : Vous êtes dans l'actualité littéraire avec ce livre chez Don Quichotte, ça s'appelle « les échoués », vous avez eu un grand parcours avant en tant que reporter, travailler et diriger l'agence CAPA. C'était quoi finalement vos envies de parcourir le monde, de rendre compte de ce qui se passait aux quatre coins du globe, pourquoi ce besoin et cette envie ?

Pascal Manoukian : On m'a souvent posé la question, j'ai écrit il y a deux ans, un livre qui s'appelle « Le diable au creux de la main » qui racontent mes années de conflits. Et enfin de compte j'ai répondu à la question sans le savoir. Moi j'y suis issu d'une famille arménienne, qui a donc échoué ici en 1927, et je crois que le problème des arméniens c'est que le génocide est passé sans témoins. Et comme on m'a beaucoup raconté cette histoire, mes grands-parents m'ont beaucoup raconté leurs malheurs, donc je trouvais ça très injuste et je pense que j'ai assez tôt voulu témoigner des drames de mon siècle et documenté pour que justement il n'arrive pas la même chose. Donc très tôt j'ai voulu être journaliste spécialiste des conflits, et à 20 ans je suis parti sur mon premier conflit et j'ai pas arrêté jusqu'en 1995.

Philippe Chauveau : Avez vous une évolution à la fois dans le métier de reporter et l'évolution du monde, suivant tous ces conflits ?

Pascal Manoukian : Alors aujourd’hui les choses sont différentes, les fronts sont plus fracturés, ils sont émiettés, donc c'est plus difficile pour un reporter de couvrir les conflits, et puis la grosse différence c'est l'immédiateté  et notamment, c'est à dire à mon époque, il y a jusqu'à 15 ans, on partait faire la preuve en image. Aujourd'hui la preuve en image est instantanée, que ce qui se passe est filmé par des portables, des associations humanitaires, par des combattants, par des armées. Et l'image arrive, et c'est au journaliste d'aller vérifier si l'image est vraie. Donc il y a plus d'urgence, plus de précipitation, et un tout petit peu moins de temps, pour faire son travail. Je prend exemple, par exemple, des bombardements chimiques en Syrie, vous avez une image avec quelqu'un qui a de la bave au bout de la lèvre, on explique que c'est, soit Daesh qui a utilisé les armes chimiques soit Bashar  al Assad, et donc dans les rédactions ont vous dit il faut y aller, il faut aller vérifier. Donc il y a une espèce de précipitation, avant on se disait, on montait une enquête, on se disait tient il y a des dépôt d'armes chimiques allons voir si finalement ces armes ne sont pas utilisées pendant la guerre.

Philippe Chauveau : Il y a quand même un moment où il faut savoir se préserver, lorsque l'on est reporter, est ce que le livre, la littérature, peut être un rempart face à ce quotidien violent, est ce qu'il y avait toujours un livre qui vous permettez de partir dans un ailleurs le soir.

Pascal Manoukian : Je passais mon temps là où il y avait rien, où on miserait, là où il y avait pas à manger, où on attendait 3 semaines dans des kasbah en essayant de traverser une frontière, et donc j'avais, vous savez SAS allaient souvent dans les pays, il  a y des petits détails, par exemple à l’hôtel de Kaboul, vous vous prenez une petite décharge électrique quand vous appuyez sur l'ascenseur. Et puis surtout cela me permettait de sortir, de retrouver des gens qui allaient dans des soirées qui buvaient du champagne alors que vous étiez entrain de misérez à la frontière au Pakistan ou ailleurs quoi.

Philippe Chauveau : Mais finalement SAS, ok, mais justement ces moments de solitude avec simplement un livre, c'était une façon pour vous d'oublier toute la violence que vous avez vu pendant la journée ?

Pascal Manoukian : C'est pas une question de violence, c'est qu'un moment donné vous avez envie de vous recroqueviller sur vous, moi j'ai rarement appris la langue des pays où j'allais, parce que un moment donné je ne faisais  plus partie de l'Histoire des combats, des combattants. J'avais une sorte de bande original qui passait comme ça, ça parlait dans une langue que je ne connaissais pas et puis moi j'était juste spectateur, je pouvais déconnecter. Après c'est vrai qu'on revenait à chaque fois, comment vous dire, vous revenez toujours avec des petites écorchures, ce n'est jamais de grosses blessures, vous revenez avec moins d'insouciance, plus d'écorchures donc il faut trouver le baume pour que tout ça ne va pas sur-infecter, au fur des année, il faut trouver un équilibre à coté, chacun à le sien, bon moi c'était la famille. Et puisque on parle livre, j'ai écrit le « Diable au creux de la main », j'ai écrit ce récit, parce que justement j'ai voulu le dédier à mes enfants, j'ai voulu leur rendre un petit peu de temps que mon métier leur avait volé.

Philippe Chauveau : Les deux précédents ouvrages, qui sont donc des récits, des essais vous le disiez, l'envie de transmettre à vos enfants, c'était important qu votre nom apparaisse sur une couverture pour leur montrer que vous laissiez une trace ?

Pascal Manoukian : Non c'était surtout que je voulez laisser une trace... Dans le premier livre, j'explique le récit de ma grand-mère, en gros elle a été déporté, vendu comme esclave en Mésopotamie, récupéré par une association humanitaire, arrivée dans un orphelinat, et arrivée en France. Ce parcours là je voulais d'abord, essayer de lui faire raconter par ma grand-mère c'était compliqué parce qu'elle ne parlait pas français, et le transmettre à mes enfants.
La transmission... Même dans mon métier, j'ai beaucoup transmis à de jeunes journalistes, voilà moi je suis quelqu'un qui aime transmettre ce qu'il a à transmettre, soit son expérience, soit l'histoire de sa famille. Et puis d'ailleurs, j'ai voulu me mettre à la fiction, j'ai écrit ce livre, ça s'appelait, « le fruit de la patience » sur les arméniens, et puis je disais toujours que j'avais écrit ce livre il y a 10 ans. Et puis un jour  ma femme m'a dit non ça fait 30 ans. Je me suis dit ah ouai 30 ans ça fait énorme donc j'ai voulu me mettre à la fiction, mais avant je me suis dit qu'il fallait que j'en termine avec la réalité, puisque dans mon métier, la réalité avait souvent dépassé la fiction donc je me suis dit bon je vais écrire « le diable au creux de la main » mes années de journalisme, ça va faire aussi parti des choses que je vais transmettre à mes enfants, cela veut dire tous mes combats, tous ces gens que j'ai pu croisez et qui m'ont beaucoup appris d'ailleurs. Qui m'ont appris  être ce que je suis et à être le père que je suis aussi par rapport à eux, et quand j'ai eu finit « le diable au creux de la main », j'ai plus le temps d'attendre 30 ans puisque j'ai 60 ans de toute façon, il faut que je m'y remette. Et donc j'ai mis un point d'honneur à faire un projet 1 an après, 1 an et demi après.

Philippe Chauveau : Votre actualité Pascal Manoukian, ce premier roman donc publié chez Don Quichotte, ça s'appelle « Les échoués ».


Philippe Chauveau
 
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À la une : Pascal Manoukian - Les échoués

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Philippe Chauveau : Bonjour Pascal Manoukian.

Pascal Manoukian : Bonjour.

Philippe Chauveau : Vous êtes dans l'actualité littéraire avec ce livre chez Don Quichotte, ça s'appelle « les échoués », vous avez eu un grand parcours avant en tant que reporter, travailler et diriger l'agence CAPA. C'était quoi finalement vos envies de parcourir le monde, de rendre compte de ce qui se passait aux quatre coins du globe, pourquoi ce besoin et cette envie ?

Pascal Manoukian : On m'a souvent posé la ...

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