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Bernard Werber
Le sixième sommeil
 

Philippe Chauveau : Bonjour Bernard Werber !

Bernard Werber : Bonjour !

Philippe Chauveau : Merci d'avoir accepté notre invitation. Votre actualité chez Albin Michel, c'est « Le sixième sommeil ». Que de chemin parcouru depuis « Les Fourmis », c'était en 1991 : des dizaines d'ouvrages publiés avec le succès que l'on connaît, traduits dans une vingtaine de langues je crois. Si vous vous retournez de temps en temps, si tenté que vous le fassiez d'ailleurs, est-ce qu'il y a une image qui revient comme ça de toutes ces années ?

Bernard Werber : Alors peut-être mon premier passage à la télévision qui était un instant que j'ai très mal vécu. C'était une émission littéraire, c'était « Caractères ». Et quand Bernard Rapp m'a posé la question, je ne l'ai pas comprise. Au fait il m'a dit : « Est-ce que vous croyez qu'un jour les Hommes et les fourmis vont schhleuflfcheuuf... ? » et à partir de là j'étais perdu j'ai dit : « oui ». Et lui, il a enchaîné sur : « vous êtes vraiment sûr ? » et là j'ai eu l'impression que le sol s'ouvrait, j'ai dit : « oui » en me demandant quelle était la question et donc c'était un premier contact un peu surprenant. Je me suis dit : « ouh la la, y'a des millions de gens qui me regardent » et je n'ai jamais écouté la question donc je ne sais pas ce qu'il me posait comme question mais en tout cas, c'était un instant de grande solitude, voilà.

Philippe Chauveau : Vous-même, puisque vous évoquez Bernard Rapp, vous même vous avez été journaliste, dans un autre domaine puisque vous étiez journaliste scientifique mais puisque nous avons déjà eu l'occasion d'échanger à ce sujet, je sais que l'écriture, l'envie d'écrire des romans, c'est une espèce de frustration par rapport au journalisme parce que justement vous aviez l'impression de ne pas pouvoir vous exprimer suffisament. C'est un peu ça l'idée ?

Bernard Werber : Oui c'est un peu ça l'idée. Quand on est journaliste, on est tenu à ce que le papier tienne dans une page ou dans deux pages. Et le grand avantage quand on est romancier, on peut faire 300, 500, 1000 pages. Quand on est journaliste, on est comme un petit moineau qui fait des petits bonds ou des petits vols et quand on est écrivain on est un albatros qui plane tranquille et il y a un sentiment de liberté et de...

Philippe Chauveau : D'indépendance ?

Bernard Werber : Oui, d'indépendance. Il y a un plaisir de s'envoler avec les mots qui est beaucoup plus fort quand on est écrivain que quand on est journaliste.

Philippe Chauveau : Quelles sont vos influences lorsque vous étiez peut-être adolescent ou jeune adulte ? Est-ce qu'il y a des auteurs, des titres peut-être même de romans qui, consciemment ou non vous ont donné envie d'écire ?

Bernard Werber : Moi j'avais découvert en premier Edgar Poe et en second après c'était Jules Verne. Mais tout spécialement, je me rappelle de l'émotion quand j'avais lu le livre « L'Ile Mystérieuse » et quand j'ai lu « L'Ile Mystérieuse » il s'est passé une chose, c'est que le monde normal – l'école, la famille - tout avait disparu, tout ce qui m'intéressait c'est ce qui allait arriver au personnage et ma journée n'était tournée que vers : « Vite, rentrons à la maison pour retrouver le livre ». Et donc j'ai découvert le pouvoir addictif d'un roman. Par la suite, j'ai lu tout Jules Verne et puis après j'ai découvert tout Asimov. Enfin, y'a eu une succession comme si c'était des papas bienveillants qui me racontaient des histoires et qui m'apportaient énormément d'énergie. Et c'est après peut-être, parce que j'ai reçu cet énorme cadeau de Jules Verne, d'Asimov, de Philip K. Dick, de Frank Herbert, que j'ai eu envie de le restituer.

Philippe Chauveau : Et vous-même aujourd'hui, lorsque vous regardez votre bibliographie, y'a-t-il un fil rouge, un fil conducteur dans toutes ces histoires ? Parce que vos sujets sont souvent très variés, très divers. Mais est-ce qu'il y quand même un point commun qui relie toutes ces productions littéraires ?

Bernard Werber : Le point commun, c'est comprendre moi, ce qu'est l'être humain, qui je suis, ce que je fais là et ce que l'humanité, et moi accessoirement, on va devenir. Pour comprendre ces choses là, qui semblent évidentes mais qui à mon avis ne le sont pas, il faut se sortir du système. Donc pour comprendre l'humanité, il fallait le point de vue des fourmis ou des anges ou des dieux ou des extraterrestres ou des arbres et pour me comprendre moi-même il fallait que je me mette dans la peau d'une femme comme c'était le cas dans « Le Miroir de Cassandre », dans la peau d'un vieillard ou dans la peau d'un animal. Et je crois à ça. C'est-à-dire que c'est de la philosophie par le point de vue extérieur.

Philippe Chauveau : Pourtant j'ai l'impression que lorsque vous écrivez, vous avez toujours le souci de l'échange, du partage avec vos lecteurs. Parce qu'on sent très bien que dans vos livres, au-delà de l'intrigue que vous créez, on sent tout de suite que vous dites au lecteur : « interrogez-vous ».

Bernard Werber : Mon plaisir est de me dire : « tiens, en posant cette question je vais déstabiliser le lecteur qui du coup va passer par une période de doute qui va aboutir à un saut qualitatif. Il va se dire : « finalement, le monde dans lequel je me contentais n'est pas suffisant, il faut que j'aille voir ailleurs ». C'est plus que de l'évasion, c'est de l'ambition de s'élever et j'écris pour transformer mes lecteurs. Et à aucun moment je ne me dis : « pourvu que les gens trouvent ça bien écrit ou joli ou... ». Pour moi, l'objectif c'est que pourvu que je change mon lecteur et qu'à partir de là il ait de nouveaux outils pour être encore meilleur et que mes lecteurs aient un plus par rapport à ceux qui ont pas lu le livre.

Philippe Chauveau : On le sait, que ce soit en salon, en librairie... Vous êtes toujours très attendu, vous avez un succès et vous avez un échange vraiment très important avec vos lecteurs : vous aimez ce moment de rencontres et de contact. Comment expliquez vous ce succès qui ne se dément pas au fil des années. Est-ce que justement vous avez pris une place qu'aucun auteur, qu'aucun écrivain n'avait pris jusqu'à présent ?

Bernard Werber : Je ne sais pas pourquoi ce miracle a lieu. Ce que je sais, c'est que si il a eu lieu, j'ai envie de le reproduire et d'aller plus loin et de ne pas décevoir les gens en trouvant tout le temps des sujets originaux, c'est-à-dire ne pas me répéter et ne pas aller vers la facilité. Je crois que j'écris pour les gens qui ont envie de bouger, qui ont envie de changer, qui ont envie de changer le monde et qui se posent des questions existentielles peut-être ou en tout cas des questions métaphysiques sur qu'est-ce qu'ils foutent là.

Philippe Chauveau : Votre actualité Bernard Werber chez Albin Michel, « Le sixième sommeil ».


Philippe Chauveau
 
Le sixième sommeil
Albin Michel
À la une : Bernard Werber - Le sixième sommeil

Présentation Portrait Livre
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