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Xavier Darcos de l'Académie française
Dictionnaire amoureux de l'Ecole
 

Philippe Chauveau : Bonjour Xavier Darcos !

Xavier Darcos : Bonjour !

Philippe Chauveau : Merci d'avoir accepté notre invitation. Votre actualité c'est ce « Dictionnaire amoureux de l'Ecole », on va bien sûr en reparler mais on va faire un peu plus connaissance. Avant de parler de votre parcours, de votre engagement, vous avez été Ministre de l'Education, on le sait. Mais quel enfant étiez-vous, justement à l'école ? Lorsque vous étiez un gamin, vous étiez bon élève ? Quels sont vos souvenirs d'école ?

Xavier Darcos : D'abord mes souvenirs de l'école, ce sont des souvenirs très différents de l'école d'aujourd'hui. Enfin, j'étais un élève turbulent autant que je me souvienne mais très intéressé par le savoir : je n'ai jamais cessé d'aimer apprendre en tout cas. Alors après est-ce que j'étais toujours studieux, toujours impeccable, toujours sage ? Certainement pas !

Philippe Chauveau : Je l'espère pour vous.

Xavier Darcos : Certainement pas. Mais j'aimais apprendre. J'ai toujours essayé d'aller aux frontières, de voir ailleurs un peu, de m'intéresser à d'autres sujets que ceux qui étaient étroitement enfermés dans le cadre scolaire. Donc quand j'étais jeune, je faisais de la musique, je faisais du théâtre, je faisais du scoutisme, j'écrivais un petite revue... J'étais tout le temps en train d'aller aux marges et ça m'est un peu resté.

Philippe Chauveau : Vous avez l'impression qu'un enseignant, que ce soit un instituteur ou plus tard un professeur au collège ou au lycée, a pu être aussi une figure tutélaire sciemment ou inconsciemment ? Est-ce qu'il y a comme ça une image qui peut-être vous a guidé dans votre parcours ?

Xavier Darcos : Oui. En tout les cas, ce qui est certain. C'est que l'école globalement, enfin la structure nationale, est souvent critiquée. Mais en revanche, toutes les familles et souvent tous les élèves ou anciens élèves ont le souvenir au moins d'un professeur qui les a marqués. Et je n'ai pas échappé à la règle. J'ai eu des professeurs qui m'ont beaucoup marqué. Des professeurs de lettres beaucoup, puisque c'est cela qui m'intéressait, ou de philosophie, et une partie de mon envie d'enseigner vient sans doute de modèles que j'ai eu. Je cite d'ailleurs dans mon dictionnaire, à propos de l'entrée « Le Premier Homme », je cite le nom de mon instituteur qui s'appelait monsieur Elisée Zampa, à Gap, dans les Hautes-Alpes, dont j'ai gardé un souvenir extrêmement précis même soixante après.

Philippe Chauveau : Vous-même en tant qu'enseignant, quelle était la motivation ? C'était cette envie de partager des connaissances, c'est la rencontre, c'est le dialogue ?

Xavier Darcos : Je me souviens très bien de ma première rentrée en septembre 1968, j'avais 21 ans, les élèves avaient quasiment mon âge puisque j'étais professeur en classe de Terminale. J'étais très heureux immédiatement d'être dans cette situation de transmettre, d'échanger et d'être avec des jeunes générations. Et j'ai tout de suite compris que c'était ma motivation et je l'ai fais quand même pendant 25 ans. Donc j'ai été un professeur heureux à tous les moments de ma carrière, qui a été très variée, puisque j'ai été professeur de lycée, de classe préparatoire, professeur d'université. Donc j'ai fait tous les étages et j'ai toujours aimé transmettre et recevoir : être avec des jeunes générations.

Philippe Chauveau : Il y a une facette de votre personnalité que l'on connaît moins : c'est le musicien. Vous jouez de l'orgue ? Vous êtes organiste ?

Xavier Darcos : Oui. Comment est venu ce goût pour cet instrument si particulier ? J'appartenais à une famille où on faisait beaucoup de musique. Ma maman était une musicienne, elle chantait, elle faisait un peu de piano, donc tout le monde faisait un peu de musique. Et un jour j'ai entendu l'orgue, mais très jeune, j'avais environ 7-8 ans, j'étais très impressionné par cette immense machine. Donc je me suis intéressé à l'orgue toute ma vie et même quand j'étais jeune, en fin de mon adolescence, j'avais entre 16 et 20 ans : j'étais organiste d'église, j'accompagnais les offices... Et à l'origine, j'avais envie d'être professeur de musique et c'est mon père qui considérait que déjà enseigner les lettres, c'était déjà un peu un métier de saltimbanque qui m'a dit : « Commence déjà par être agrégé de lettres et ensuite on verra si tu veux faire de la musique ou pas ». Bon il avait peut-être raison.

Philippe Chauveau : Alors on l'aura compris : la soif de connaissance, l'enseignement, la musique mais il y a eu aussi le goût pour la chose publique. A partir de quand vous êtes-vous dit : « j'ai envie d'aider les autres, j'ai envie de faire quelque chose, je vais m'intéresser au débat public » ?

Xavier Darcos : Alors contrairement à l'image que l'on se fait toujours des hommes politiques, moi je n'étais pas du tout dès tout jeune dans cette attente, cette espèce d'ambition qu'on imagine toujours. Au fait les choses sont venues, d'abord parce que j'avais une activité publique connue, puisque j'organisais des concerts dans ma ville, j'étais assez présent dans le monde associatif, bon. Et d'autre part mon père, avant moi, était adjoint au maire de Périgueux et lorsqu'il a pris sa retraite, lorsqu'il s'est retiré de la vie publique, le maire de l'époque m'a dit : « Mais bon ton papa était là. Est-ce que tu veux pas devenir adjoint à la culture ? ». Et les choses sont venues ainsi donc, j'ai été maire-adjoint, puis j'ai été maire pendant assez longtemps. Et puis ensuite en 1998 je me suis présenté aux sénatoriales et j'ai été élu sénateur. Et c'est là que les choses ont commencé à s'enclencher. Les gens ont dit : « Mais qui c'est ce type en province qui arrive à se faire élire dans un département de gauche ? ». Et petit à petit, comme ça j'étais entrainé dans la vie politique et je suis devenu ministre. J'ai même été ministre quatre fois finalement. Donc les choses sont venues au fait. Alors évidemment, sans doute que homme politique a de l'ambition, mais c'était pas un projet de carrière initial. J'ai beaucoup aimé la vie politique mais moins que l'enseignement.

Philippe Chauveau : Avec le recul, y a-t-il une part d'amertume dans des actions que vous auriez souhaité mené en tant que ministre et notamment de l'éducation ou de l'enseignement ? Des choses que vous n'avez pas pu mené à terme. Est-ce qu'il n'y a que la satisfaction d'avoir essayé de remplir votre mission ou est-ce qu'il y a quand même cette amertume ?

Xavier Darcos : Non, la grande difficulté lorsque j'étais ministre de l'Education nationale de 2007 à 2009. La grande difficulté où j'étais, c'était que nous étions dans ce projet politique de la réduction des emplois publics. C'était très difficile d'imposer cela à l'Education nationale. Il fallait le faire... En tout les cas, du coup cette image d'austérité, de rigueur nuisait à la visibilité de l'action. C'est essentiellement ça que je regrette. Parce que par ailleurs lorsque j'étais ministre, excusez-moi de le dire mais nous avons fait énormément de choses : nous avons refait les programmes du primaire, nous avons créé l'accompagnement éducatif pour tous les élèves après cinq heures pour ceux qui le souhaitaient, nous avons organisé des dispositifs divers pour venir apporter du secours scolaire à des enfants qui n'avaient pas les moyens de se les payer. Bref, nous avons fait énormément de choses en deux ans mais toujours troublés par cette image de la réduction de l'emploi public.

Philippe Chauveau : Avez-vous l'impression que vous avez retrouvé aujourd'hui une certaine liberté maintenant que vous n'êtes plus ministre, que vous êtes ambassadeur de la culture française ? Vous avez vos activités à l'Académie française, vous êtes un Immortel, mais est-ce que c'est aussi une nouvelle liberté retrouvée ?

Xavier Darcos : Je crois qu'il y a un temps pour tout. Je suis heureux maintenant d'être revenu à mes premiers amours : c'est-à-dire la littérature, les lettres, l'écriture, la culture. J'ai été passionné par la mission qui m'a été confiée ces quatre dernières années, qui était de présider l'Institut français, c'est-à-dire la totalité du réseau de la politique culturelle extérieure de la France. Enfin, c'est vraiment passionnant comme sujet. Donc j'ai fait des choses nouvelles qui m'ont mis un peu à distance de l'agitation politique elle-même et qui m'ont permis je crois d'être utile et de trouver des sujets d'intérêt.

Philippe Chauveau : Comment envisagez-vous votre rôle d'académicien ? Maintenant, vous êtes à l'Académie française depuis plusieurs années. Comment vivez-vous votre mission ? Parce que c'est aussi une mission d'être académicien je pense.

Xavier Darcos : Les gens pensent que l'Académie française c'est une institution très figée de personnes âgées. C'est absolument faux, c'est une institution très vive avec des personnalités très diverses et très amusantes : c'est extrêmement vivant. Et à côté des travaux classiques, de vérifier que la langue française ne soit pas agressée et d'élaborer le dictionnaire, il y a toutes sortes de missions propres à l'Académie qui sont de repérer des écrivains, donner des prix à des poètes... Et donc ça oblige à lire beaucoup, à être en contact avec les gens qui écrivent ou qui pensent. Et donc c'est une caisse de résonance extraordinaire, un lieu de contact formidable, il y a une vie extrêmement dynamique, avec des gens très sympathiques, capables et très tournés vers les autres.

Philippe Chauveau : Quel lecteur êtes-vous ? Quel livre y a-t-il actuellement sur votre table de chevet ?

Xavier Darcos : Alors là c'est une question qu'on me pose souvent. Je suis un lecteur polymorphe, et je lis plusieurs choses à la fois que je prends ici ou là parce que j'aime davantage connaître que lire de la fiction : ce que j'aime c'est apprendre au fait.

Philippe Chauveau : Votre actualité Xavier Darcos, c'est ce dictionnaire amoureux de l'Ecole publié chez Plon.


Philippe Chauveau
 
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