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Catherine Locandro
Pour que rien ne s'efface
 

Philippe Chauveau : « Pour que rien ne s'efface », votre septième roman Catherine Locandro, aux éditions Héloïse d'Ormesson. Nous allons découvrir une femme, une femme qui meurt seule dans une chambre de bonne dans une sous-pente, un studio un peu minable à Paris. C'est l'odeur de décomposition qui a réveillé les voisins, ce sont des faits divers qu'on lit malheureusement trop souvent dans les journaux. Et puis on va apprendre que cette femme a eu un passé, un existence, qu'elle a été une icône du cinéma de la nouvelle vague. D'où vient-elle cette femme que l'on va appeler Lila Beaulieu – c'est son nom de scène ? Comment est né ce personnage féminin ?

 

Catherine Locandro : Au fait, je suis vraiment parti du fait divers. C'est à dire que, comme vous l'avez dit, moi ce genre de fait divers m'a toujours profondément affecté, choqué. Le fait de retrouver des personnes des mois voir parfois des années après leur décès, je trouve que ça dit beaucoup de choses sur nos sociétés et des choses pas forcément très belles. Et au fait le point de départ du roman, c'est un documentaire d'un documentariste qui s'appelle Pierre Morath, qui est suisse. Son documentaire s'appelle « Chronique d'une mort oubliée » . Et son point de départ, ça a été le corps d'un homme qu'a été retrouvé 28 mois après son décès. Et il a cherché à comprendre comment on en était arrivé là. Et moi, ce documentaire, il m'a vraiment bouleversé et j'ai eu envie de partir sur cette piste moi aussi, d'écrire quelque chose là-dessus. Et l'idée de faire de ce personnage, de cette personne qu'on retrouve des mois après son décès... L'idée d'en faire une actrice, c'est venu assez rapidement parce que j'aimais l'idée du contraste. C'est-à-dire quelqu'un qui à un moment donné était dans la lumière, était connu de tous et qui se retrouve seul, dans l'ombre, derrière une porte... Un corps en décomposition derrière une porte que tout le monde a oublié. Avec cette idée : comment est-ce que l'on arrive à ça ? Comment est-ce que l'on en arrive à cette solitude, à ce dénouement ? C'est comme ça qu'est née Lila.

 

Philippe Chauveau : Alors on apprend qu'elle s'appelle Lila Beaulieu. Elle n'a pas été une star parce qu'elle n'a pas eu un parcours cinématographique, c'est vraiment une étoile filante. Elle a été l'icône d'un film : « La Chambre obscure ». Et le titre du film n'est peut être pas anodin par rapport à son histoire évidemment. Pourquoi avez-vous choisi d'inventer ce personnage au cœur de la Nouvelle vague des années 60 ?

 

Catherine Locandro : Imaginer Lila dans ce contexte, je trouvais ça très beau. En tout cas moi les images qui me venaient me plaisaient et essayer de retranscrire ça en mots et en émotions, ça me plaisait. Je pensais par exemple à un actrice comme Anna Karina, ce genre de comédienne qui me touche beaucoup et ça me plaisait de passer Lila à ce niveau-là.

 

Philippe Chauveau : Alors on l'a compris, le point de départ était déjà très intéressant pour la romancière que vous êtes et forcément le lecteur a envie de vous suivre dans cette intrigue. Mais il est important de parler de la construction que vous avez choisi puisque c'est un roman à rebours. On découvre donc le corps en décomposition de celle qui fut Lila Beaulieau et qui finalement s'appelait à l'origine Liliane Garcia et était coiffeuse. Et ce sont 12 personnages qui vont nous raconter le destin tragique de cette femme. Des personnages qui l'ont côtoyé de très près ou au contraire de façon très lointaine que ce soit la personne du bistro d'en bas, la personne des pompes funèbres qui va devoir s'occuper du corps lorsqu'il aura été récupéré. Comment est venu cette idée de composer des séquences comme ça ? C'est très Lelouchien comme écriture.

 

Catherine Locandro : C'est ce qu'on m'a dit, je n'y ai pas pensé en l'écrivant mais effectivement. Au fait une lectrice m'a dit que mon roman lui faisait penser à un long plan-séquence. C'est-à-dire que chaque personnage qui va témoigner de ce qu'il a vécu avec Lila, va passer le relais au suivant. Et finalement il y a une espèce de fil qui n'est pas interrompu tout le long du roman.

 

Philippe Chauveau : Dès le départ, vous saviez que vous feriez un roman à rebours ?

 

Catherine Locandro : Je voulais vraiment partir de la fin et essayer de comprendre ce qui s'était passé et remonter comme ça aux origines de Lila. Et puis aussi j'avais envie que toute l'histoire de Lila se dévoile petit à petit par petites pièces qui s'emboîtent et par vagues successives, c'est-à-dire que chaque personne qui a connu Lila va parler d'elle, va confier ses souvenirs. Et au fur et à mesure, ce sont comme des vagues succesives qui aboutissent vraiment à un tableau complet ou en tout cas Lila garde quand même sa part de mystère, mais on se rapproche de ce qu'elle a été. Et j'avais vraiment envie de ça, c'est-à-dire que chacun apporter sa pierre à l'édifice.

 

Philippe Chauveau : Je le disais en préambule, c'est votre septième roman. Il me semble qu'il y a une sorte de fil rouge dans votre écriture. En 2005, « Clara la nuit » c'était l'histoire de Clara qui le soir était prostituée alors qu'elle s'appelait Claire pendant la journée, qu'elle avait une vie tout à fait rangée – elle était lectrice. Il y a eu les sœurs, vous parliez aussi de la difficulté parfois de la relation entre sœurs. Vous avez évoqué la géméllité dans « Les Anges déçus ». Et puis cette fois-ci, c'est aussi un personnage à double personnalité puisqu'il y a à la fois Lila et à la fois Liliane. On a l'impression que c'est une thématique récurrente chez vous : un personnage mais qui cache finalement plusieurs facettes.

 

Catherine Locandro : Oui mais parce que j'estime qu'on est tous un peu comme ça. On va montrer certains aspects de notre personnalité à une personne et puis on va en montrer d'autres à une autre personne. Ce qui m'intéresse c'est le mystère que peut dégager quelqu'un. Et je pense que Lila garde une part de mystère. Je n'ai pas tout compris de cette femme.

 

Philippe Chauveau : Je vais me permettre un avis très personnel et sans rien dévoiler de l'intrigue. C'est un roman d'une grande desespérance et en même temps c'est un roman très beau et très lumineux me semble-t-il, de par les personnages qui vont nous raconter Lila et de par les moments de vie que l'on va redécouvrir du parcours de Lila. C'est une bonne définition selon vous, ce livre est aussi lumineux qu'il peut être sombre ?

 

Catherine Locandro : Oui je pense qu'il y a effectivement ces deux aspects. Je pense qu'il y a beaucoup de solitude dans ce livre. C'est peut-être la ligne directrice : tous ces personnages sont liés par leur solitude. Et puis il y a un personnage qui pour moi est particulièrement lumineux, c'est la petite fille de Lila. Elle a hérité de sa grand-mère les points positifs notamment sa beauté et en même temps elle a tout pour réussir.

 

Philippe Chauveau : En tout cas c'est un roman qui ne laisse pas indifférent écrit avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, c'est un gros coup de coeur. Catherine Locandro, vous êtes publiée aux éditions Héloïse d'Ormesson, votre septième titre : « Pour que rien ne s'efface ». Merci beaucoup.

 

Catherine Locandro : Merci.


 
Pour que rien ne s'efface de Catherine LocandroPour que rien ne s'efface

À la une : Catherine Locandro - Pour que rien ne s'efface

Présentation Portrait Livre
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Pour que rien ne s'efface de Catherine Locandro - Présentation - Suite
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