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Alessandro Mari
Les folles espérances
 

Philippe Chauveau :

Avec « Les folles espérances » Alessandro Mari, vous nous plongez dans une page importante de l'histoire italienne. Nous sommes en 1830, c'est ce qu'on appelle le Risorgimento, cette sorte de renaissance italienne qui verra l'unification du pays. Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire cette grande fresque historique ?

Alessandro Mari :

Je parle d'une génération d'aventuriers, de personnes divisées au sein de la même nation, qui cherchent toutes les façons de lutter pour réunifier le pays. Mais je ne raconte pas l'unification. Je raconte le moment juste avant. C'est un peu comme regarder à la télévision une compétition de saut en longueur, mais sans regarder le moment du saut et de ne regarder que la prise d'élan. C'est ce moment que je regarde. Et si je devais essayer de me psychanalyser pour essayer de découvrir la raison de ce choix sur cette période historique précise, au-delà d'une passion personnelle pour des personnages comme Garibaldi, Mazzini etc... C'est parce que j'ai commencé à écrire ce roman juste avant le commencement de la crise de 2008 et de 2011. En 1830 aussi, il y a une génération qui souffrait et qui n'avait pas de perspectives et qui essayait d'en créer en faisant à cette époque la révolution, dans le sens propre du terme, en utilisant même des armes. Dans notre siècle, des révolutions de ce type ne sont plus possibles, seulement des révolutions culturelles. Et peut-être que pendant que j'écrivais mon roman, j'espérais pouvoir m'apercevoir quelque part d'un signe prémonitoire d'une révolution qui nous amènerait à ne pas accepter que le monde tel qu'on le voit, et qui est basé sur des logiques qui nous apparaissent insurmontables et qui ne le sont pas du tout.

Philippe Chauveau :

Vous nous présentez ici quatre personnages principaux, il y a Colombino, c'est un naïf qui a envie d'être amoureux. Il y a Leda, cette femme réfugiée dans un couvent, elle a perdu son amour et va être confrontée au métier d'espionne. Et puis Lisander qui lui va découvrir les progrès de la photographie. Et le quatrième personnage, Don José qui s'avèrera être le fameux Garibaldi. Pourquoi avoir choisi ces quatre rôles principaux ?

Alessandro Mari :

Je me suis aperçu que pour faire un véritable portrait de ce moment historique, Colombino n'était pas suffisant. Et alors j'ai commencé tout d'abord par évoquer Garibaldi. Après je me suis rendu compte que Garibaldi ne suffisait pas non plus. Du coup, j'ai commencé à raconter l'histoire de Leda qui amené dans l'histoire Mazzini. Quand je me suis rendu compte que ça ne suffisait pas non plus, j'ai inventé la quatrième histoire. C'était le maximum que je me sentais capable de gérer. Je suis très heureux de raconter ces 4 histoires, car c'est comme avoir 4 points de vue.

Philippe Chauveau :

Dans votre livre, il y a des passages amples avec de grandes descriptions et il y a aussi d'autres moments plus intimistes. Comment avez-vous décidé la construction de votre ouvrage et peut-être avez-vous été inspiré par d'auteurs auteurs ?

Alessandro Mari :

J'ai récupéré en partie un vocabulaire du 19ème siècle. J'ai récupéré ce vocabulaire pour la raison évidente que si tu veux raconter ce qui se passe dans le cerveau de quelqu'un qui a vécu au 19ème siècle, tu dois un peu utiliser leur langage. Parce que raconter avec un langage journalistique ou cinématographique d'aujourd'hui ne permettrait pas de représenter leur complexité mentale. Et en ce qui concerne la structure, c'est- à-dire le nombre d'histoires racontées, j'admets que je paye une dette à la littérature du 19ème siècle, Dickens, Dumas et Dostoïevski qui sont les seuls qui utilisaient cette complexité et ce grand nombre de personnages. Mais évidemment, il y a aussi toute une tradition du 20ème siècle qui fait pareil.

Philippe Chauveau :

Il y a quatre personnages principaux dans votre ouvrage, mais finalement j'ai l'impression que c'est Colombino qui représente le livre. Il a cette espérance et cette naïveté, cette même espérance et naïveté qu'un peuple qui rentre en révolution. Colombino représente t-il les italiens ?

Alessandro Mari :

Oui. Je dois dire tout d'abord, il y a une analogie entre moi et Colombino. Dans ce sens que, lorsque j'avais son âge, 16-17 ans, j'étais comme lui un peu naïf, un peu enthousiaste de la vie. Et cette force est extraordinaire. C'est une force que peu d'autres choses peuvent égaler. Parce que c'est comme un projectile lancé dans l'Histoire, et autour de ce projectile, il y a des fissures qui se forment. C'est comme un miroir dans lequel se reflètent les choses absurdes que nous croyons vraies. Après, je ne crois pas que Colombino représente le peuple Italien dans ce moment historique présent. Parce qu'en fait, je vois le peuple contemporain italien éduqué à beaucoup plus de cynisme, ce qui est un trait chez Colombino qui est absent. Mais il faut dire qu'effectivement aujourd'hui, le trait dominant de la société est le cynisme, et c'est donc très difficile de conserver cette naïveté dans cette société qui t'apprend le cynisme et l'individualisme déjà à l'école, elle met les écoliers sur des bancs individuels, en leur donnant deux chiffres et en leur demandant d'en sortir un 3ème.

Philippe Chauveau 

Un gros coup de cœur pour ce premier roman d'Alessandro Mari publié chez Albin Michel « Les folles espérances ».

 


Philippe Chauveau
 
Les folles espérances d'Alessandro MariLes folles espérances
Albin Michel
À la une : Alessandro Mari - Les folles espérances

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