En fait, j’ai commencé par la radio…j’ai écrit, à peu près, une trentaine de pièces pour France Culture et France Inter...puis tout naturellement je suis passée à la télévision et au cinéma. On passe d’un scénario à un roman pour avoir la liberté de penser, de lire, de dire, d’avoir un style personnel. Le mot liberté revient souvent dans ma bouche, mais c’est ça en fait, sans contrainte d’aucune sorte surtout sur le ton et la manière de raconter une histoire…et c’est beaucoup plus personnel qu’un scénario…J’ai un parcours très classique …ça a commencé avec Racine, Molière , la littérature du 19ième siècle, et puis Balzac, Flaubert, et Arthur Schlizer…j’ai beaucoup d’intérêt et de passion pour Schlitzer parce que c’est une écriture ...un peu au scalpel, il était clinicien, neurologue, écrivain après …donc ça encore à trait à la psychanalyse. Je trouve que l’âme humaine, ça démarre un peu vers la psychanalyse, cette recherche constante et perpétuelle passe aussi par le romanesque donc c’est un auteur très intéressant. J’aime les romans qui m’embarquent dans un univers qui est pas le mien, ne pas me retrouver, au contraire me perdre dans les méandres d’un univers qui m’est totalement étranger, ça me plait beaucoup…et puis le style surtout…je suis très sensible au style, comme dans un film je suis très sensible à la mise en scène.. C’est à dire que moins elle se voit, meilleure elle est … Et j’aime que le style me donne aussi un plaisir comme une belle broderie, mais sans qu’elle soit pesante. Je vais vous décevoir, je n’ai jamais d’angoisse de la page blanche Donc au contraire, y’a une surabondance, mon problème, ce serait plutôt de me restreindre.
Il y a une alchimie qui est très particulière, et sans doute commune à tout le monde.. Aussi bien scénariste que romancier. Ça part de soi-même, d’une émotion, d’une sensation, voire même d’un traumatisme, d’une sensibilité, avec une grande part d’imaginaire. J’aime bien lier les deux, j’ai horreur des romans qui sont des sortes d’autobiographie déguisées pour se psychanalyser soi-même… En revanche, ça part toujours de quelque chose de très profond, de très intérieur, de très vrai et de très sincère je ne pense pas qu’on puisse réussir un roman s’il n’y a pas une sincérité… |
Philippe Chauveau : Valérie Bonnier bonjour, pourquoi ce titre toutes les rousses ne sont pas des sorcières ?
Valérie Bonnier : Toutes les rousses ne sont pas des sorcières, c’est parce que je suis rousse déjà…et ensuite parce que les rousses ont une réputation d’être assez volcanique, Donc je voulais montrer une femme qui me ressemblait un peu, libre, insolente, libre dans son corps, dans ses pensées, dans ses propos. et audacieuse.
Philippe Chauveau : Parlez nous de votre héroïne, Clarisse …
Valérie Bonnier : Clarisse est une jeune femme, quand je dis qu’elle me ressemble c’est en même temps, bien que ce soit un roman drôle un roman assez oedipien car il y a une différence d’âge entre l’héroïne et le héros.
Le héros, puisqu’il y a une histoire d’amour assez flamboyante, et extrêmement sensuelle, il est magnifique, pour moi c’est l’homme idéal. C’est à dire qu’il est très caressant, il a de l’humour, il a de l’autorité, et c’est un homme, je pense que toutes les femmes aimeraient rencontrer…
Pourquoi je l’ai écrit également en parlant de la mode, parce que je viens, je suis née dans la région lyonnaise et toute mon enfance a été baignée par les tissus, les couleurs, les matières...
Et la mode dans mon roman est plus un art et des sensations, des frémissements du personnage que de la futilité, même s’il y a aussi de la futilité car on a le droit d’être frivole.
Philippe Chauveau : C’est un livre qui s’adresse avant tout aux femmes, y-a-t-il un message que vous souhaitez véhiculer ?
Valérie Bonnier : J’ai pas voulu faire passer un message particulier, j’ai simplement voulu donner la possibilité aux femmes qui me lisent et à moi même ce goût un peu sulfureux de la liberté, De la liberté d’être, de penser d’être elles même et surtout de prendre leur destin en main quel que soit leur age.
Philippe Chauveau : Valérie Bonnier, votre actualité, c’est votre prochain roman
Valérie Bonnier : J’ai proposé de faire un triptyque, après toutes les rousses ne sont pas des sorcières je voulais parler d’une héroïne blonde, et ensuite avec le même titre, je vais parler d’une héroïne brune…
Et dans le 2ème toutes les blondes ne sont pas des anges on va retrouver quelques passages dans 2 ou 3 chapitres, l’héroïne Clarisse qui est l’héroïne de toutes les rousses… Et si tout va bien dans le 3ème nous retrouverons un peu de clarisse et un peu de l’héroïne des blondes dans le 3ème et peut être qu’à la fin les 3 héroïnes seront peut être copines amies.
Philippe Chauveau : Vous nous l’avez dit, vous écrivez avant tout pour les femmes, que cherchent-elles aujourd’hui dans un livre ?
Valérie Bonnier : Ce qu’elles veulent les femmes c’est de la tonicité, de l’audace, s’amuser tout en ayant des frissons en lisant un livre avec une histoire bien construite. Qui va vite qui est tonique, énergique, nerveuse, un peu à mon image.
Philippe Chauveau : Valérie Bonnier, merci, je rappelle le titre de votre premier roman toutes les rousses ne sont pas des sorcières, c’est aux éditions du Rocher |